Mercure, septembre i74i, p
treize ans, dans un concert, et qui causa la plus vive émotion à ses auditeurs. Viotti, qui l'entendit en 1782, l'appelait, le Tartini français. Gaviniès forma beaucoup d'élèves, parmi lescjuels nous devons citer Capron, Lemierre, Paisible, Le Duc aîné, l'abbé Robinot, Guérin, Imbault et Baudron, mais on ignore le nom de son maître à lui. Il fut nommé professeur au Conservatoire en 1796, à la fondation de cet établissement, et y eut Verdiguiès pour élève, lequel s'est fait entendre avec succès aux Concerts du Conservatoire. Gaviniès dirigea aussi le Concert spirituel de 1773 à 1777. en compagnie de Gossec et de Le Duc, son élève, et fut l'ami intime de J.-J. Rousseau.
Son père, François Gaviniès, luthier à Bordeaux, vint s'établir à Paris, lors du début de son fils au Concert spirituel, et fut maître-juré comptable en 1702. De méchantes langues prétendaient que le meilleur violon qu'il ait jamais fait était son lils.
Petit, élève de Tartini, débuta le I ï décembre I 7 il dans un concerto de son maître. Pierre Lahoussaye (Paris 1735-1818), n'était âgé que de dix ans, lorsqu'il se fit entendre, en 1745. C'est dans une sonate pour deux violons, que Jean-Baptiste Dupont se produisit, avec l'Abbé fils pour partenaire, en 1740.
Lemière ou Lemierre (l'aîné), élève de Gaviniès se fit applaudir de 1750 à 1703, ainsi qu'André-Noël Pagin, un disciple et admirateur de Tartini. Chabran ou Chiabran (Francesco), neveu et élève de J.-B. Soinis, y provoqua un véritable enthousiasme en 17.1. (in y accueillit aussi très chaleureusement Baron, au mois d'avril de la même année. Carminati, Vénitien établi à Lyon, et Etienne Piffet, surnommé le Grandnez, triomphèrent en avril 1752.
Deux débuts sensationnels eurent lieu en I7.'ii; ce furent ceux de Gactano Pugnani et de Domenico Ferrari; le premier, élève de Somis et de Tartini; le second, seulement de Tartini :
« M. Pugnani, ordinaire du roi de Sardaigne, joua un concerto de sa composition; les connaisseurs qui étaient au concert prétendent qu'ils n'ont point entendu de violon supérieur à ce virtuose '. »
« 31 mars, M. Domenico Ferrari joua un concerto de violon de sa composition. Ce virtuose italien a des grâces infinies, un sçavoir, une sagesse au-dessus de tout éloge; son jeu est la perfection même \ »
Les violonistes français ne craignirent pas de se montrer à côté des maîtres italiens; non seulement Gaviniès triompha la même année; mais le 11 avril, Tarade joua aussi avec succès un concerto de Mondonville.
Un jeune violoniste de onze ans, Marie-Alexandre Guénin (Maubeuge ITii — Paris 1819), conquit tous les suffrages le 21 mars 1755. Elève de Gaviniès, pour le violon, Guénin étudia l'harmonie avec Gossec. Ses symphonies furent très applaudies au Concert spirituel et au Concert des amateurs.
Le 2 février 1758, Pierre Vachon (Arles 1731 — Berlin 1802) fit sensation :
« M. Vachon a joué pour la première fois un concerto de violon avec le p. us éclatant succès3. »
Choyé par le public, Vachon fit entendre un concerto de sa composition dans cinq concerts successifs pendant la quinzaine de Pâques de la même année 17584. Elève de Chiabran, il fui nommé, en 178i, maître des Concerts de la cour, à Berlin.
Capron, disciple de Gaviniès, débuta le jour de Noël ITlil . et fut un des virtuoses attitrés du Concert spirituel jusqu'en 1777. Il épousa la nièce de Piron. L'n autre élève de Gavi-