‹ Les ancêtres du violon et du violoncelle: les luthiers et les fabricants dChapitre 66 sur 159 · Le Parnasse françois^ ùvjh cilé · texte numérisé non relu

Le Parnasse françois^ ùvjh cilé

avancé : il étail entré à l'Opéra comme basse de violon en 1077.

L'histoire du violoncelle est aussi brillante que celle du violon, quoique moins ancienne; et le bel enseignement qui est donné de cet instrument dans les principaux Conservatoires, ne peut que Tenrichir encore.

Aux professeurs déjà nommés de notre grande Ecole nationale, ont succédé : Baudiot, Nochez, Duport le jeune, Norblin, Vasiin, Franchomme, Ghevillard, Jacquard, Rabaud et Jules Delsart; aujourd'hui les classes sont faites par MM. Lœb et Gros Saint-Ange \

Tout au début du xvii* siècle, Prielorius a donné le dessin d'une contrebasse à cinq cordes, semblable de forme à celle qui se joue actuellement. Elle est accompagnée de son archet et d'une clef pour tourner les chevilles; car ce n'est qu'au milieu du xv!!!"* siècle (|ue les chevilles h vis, dites à mécaniques, furent inventées par Carl-Ludwig Uachmann, luthier habile et virtuose sur la contrebasse, qui était musicien de la Chambre du roi de Prusse, et fut nommé luthier de la cour à Berlin, en 1765.

Le dessin de Prœtorius, reproduit page 159, détruit la légende qui attribue l'invention de la contrebasse h Todini, luthier établi à Rome en 1676.

Nous ne citerons que pour mémoire le « violone » à six cordes qui se trouve dans la Régula Ruberûna de Ganassi del Fonnego, publiée en 1643, car ce n'est autre qu'une contrebasse, ou plutôt une double-basse de viole, ayant des cases sur la touche pour indiquer la place des doigts.

Il y avait des contrebasses de violon dans les églises dès la

1. Le 3 juillet 1900, après une longue cl douloureuse maladie, Jules Delsarl fui enlevé h sa famille et & ses nombreux amis. M. Cros Saint-Ange, son successeur au Conscrvaloire, a élé nommé le 8 novembre de la même année.

fiii du xvi° siècle. Gasparo da Salô et Maggini en conBlruisirent. Il en existe encore une du premier de ces maîtres à l'église de Saint-Marc, à Venise.

C'est celle que Dragonelti jouait de prérérence dans ses concerts. Il l'avait reçue en cadeau des moines do Saint-Marc, lorsqu'il quitta leur Cliapellc pour voyager, et, selon le désir i]u'il en avait manifesté dans son testament, elle est retournée à l'église pour laquelle le grand luthier de Brescia l'avait fabriquée.

Daniel et Théodore Verbruggen, luthiers à Anvers, en firent aussi pour la cathédrale de cette ville, en 1636 et en 16il. Il en existe encore une, paraîtil, dans la même église qui aurait été construite, toujours à Anvers, par Pierre Porlon, en 10i7.

Dragonelti en possédait aussi une faite par l'un

des Amati. coktbebabbe * cimq cobueb

, , , Doprès PrKlorim.

L usage de la contre- (Début du xT.r .i*cie.)

basse devait être très répandu, car sur un des panneau,v d'un très beau buffet alsi

iiiO LES ANCÊTllES DU VIOLON

cien, dalanl de Louis XIV, est représenté, en marqueterie de bois de couleur, un personnage grotesque qui joue d*une contrebasse à quatre cordes assez exaclcnienl reproduite'.

Certains auteurs assurent que la contrebasse figura à l'orchestre de l'Opéra à partir de i700. D'autres, qu'elle n'y entra qu'en 1706, lors de la première représentation à'Al- Cl/One^ opéra de Marais, dans lequel il y avait une tempête qui resta longtemps célèbre. Fétis déclare que c'est en 1707 qu'elle y parut pour la première fois. Mais tous sont unanimes à déclarer que le premier qui l'y joua est le compositeur Montéclair, l'auteur de Jephté^ opéra en cinq actes, représenté en 1732. Michel Montéclair était né en 1U6(>, à Chaumont en Bassigny; il mourut en 1737, près de Saint- Denis.

En 1757, il n'y avait encore qu'une seule contrebasse à l'orchestre de l'Opéra, et l'on ne s'en servait que le vendredi, jour du beau monde. Gossec en fit ajouter une seconde, et Philidor une troisième en 1767, pour la première représentation de son opéra Enielim/ej princesse de Norcège^ dont les paroles étaient de Poinsinet.

L'Opéra était donc bien en retard, pour la contrebasse, sur la Musique de la Chapelle; car on a vu dans notre liste des violons du roi que, nommé en 1663, « Pierre Chabanceau de la Barre joiie du théorbc, ou de la grosse basse de violon^».

En 1792, lorsque les musiciens ordinaires du roi de France furent congédiés, il s'y trouvait deux contrebassistes, les nommés Bavida et Gélineck.

Le nombre des cordes de la contrebasse a beaucoup varié. De cinq, au temps de Prœtorius, il est descendu à trois seulement; puis on en a remis une quatrième, et parfois,

1. CebuflTcl, sur lequel on voit plusieurs musiciens grotesques jouant de la flûte, de la trompe de chasse, du bassou, etc., appartient à M»» Marie Giroux. Il est de la fln du xvii« siècle et provient de l'ancien couvent de MarmouUer, près Savcrne.

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