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à iO^O, s'était inspiré de Gasparo da SalO, dont il fut sans doute l'élève.
Ses violons Ins plus célèbres sont ceux qui ont appartenu à Charles de Dériol et h notre cher et regretté Léonard. Le premier est aujourd'hui la propriété de M. le prince de Chiniay ; le second appartient h M. Marteau. Le patron est trfts grand, les vorttcs commencent aux hords; les // longues, très ouvertes , sont bien placées; les éclisses sont basses; un double nict, dont les onglets ressemblent îi ceux de Gasparo da Salô, se voit autour des tables, et des dessins et orncmentsdécorcntlefond; très beau vernis jaune brun.
Son fils, Pielro Maggini, travailla aussi h Brescia de 1630 à
1080; il a laissé, dit- violon up c*8i-m.<- ■>* »m<>
on, des instruments qui surpassent en qualité ceux de son père.
Les trois lulliiers que nous venons de cilrr sont les plus originaux et les plus illustres de l'école Je lircsci-i.
pour la première époque du violon. Leurs successeurs ont été bien moins personnels, el se rattachent plutôt, par leurs travaux, à l'école de Crémone.
//, ce, COINS ET ÉTIQUETTE I> ' U PC VIOLON DE C.-l». MAOGINI AYANT
APPAIiTENU ▲ CIIAKLE8 DE BÉHIOT
Pendant qu'Andréa Amati, Gasparo da Salô et Giovanni- Paolo Maggini perfectionnaient le violon à Crémone et à Brescia, celui-ci se répandait de plus en plus. Il était même devenu l'objet d'un commerce d'une certaine importance dans les Flandres, car, en 1550, à Anvers, un nommé
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Pielro Lupo vendit h un musicien envoyé par le magistral d'Utrech, cinq violons renfermés dam leur étui, pour la somme de soixante-douze livres. Pour s'assurer de la qualité des inslrumcnts, on les faisail essayer par un joueur de profession avant de terminer le march*"!, et il en coulait six
Gérard Ilnnthorsl (fin Hii xvi<: aitrln). Hâté* rojal d'Amaterdam.
livres tant pour l'essai que pour le vin bu fa cette occasion '.
Vers la même époque, Gérard Honthorsl peignait un
buveur tenant un verre de la main droite, et de la gauche un
1, Ueplin-ehex nui- toi fneimm ih clmvcinn fl If.» iH/hlerx irAiiwr». ftc, |ior te chevalier Léon de Biirhiiro, [Bulleliin de l'Acailémie royale <le Uelgiifve. %' série vol. XV, I8f.1, p. 3G1.)
violon très exactement dessiné et qui possède un cordier original et élégant. Un peu plus tard, Picter van Slingelandt nous montre un intérieur, où une ménagère semble s'intéresser au concert d*un violoniste et de deux chanteurs.
Depuis longtemps du reste le violon était d'un usage général dans toute TEurope occidentale. En France, il figurait déjà dans les fêtes de la Cour. — Ceci mérite une digression :
On lui voit notamment remplir un rôle très important dans le ballet magnifique que Catherine de Médicis fit représenter, en 1573, en Thonneur des ambassadeurs polonais, venus à Paris pour offrir au duc d'Anjou (depuis Henri IH), la couronne de Pologne :
« Elle les festina fort superbement en ses tuileries, dit Brantôme, et après dans une grande salle faiclc à Poste et toute entourée d'une infinité de fiambeaux, elle leur représenta le plus beau ballet qui fut jamais faict au monde (je puis parler ainsy), lequel fut composé de seize dames et danioisellcs dos. mieux apprises des siennes, qui comparurent dans un grand roch tout argenté, où elles estoient assises dans des niches en forme de nuées de tous costez. Ces seize dames représentoient les seize province de France avecques une musique la plus mélodieuse qu'on eust sceu voir; et après avoir faict dans ce roch le tour de la salle, par parade comme dans un camp, et après s'ôtre faict voir ainsy, elles vindrent toutes à descendre de ce roch, et s'étant mises en forme d'un petit batlaillon bizarrement inventé, les violons montant jusqu'à une trentaine, sonnans quasy un air de guerre fort plaisant, olies vindrent marcher soubs l'air de ces violons, et par une belle cadence, sans en sortir jamais, s'approcher et s'arrester un peu devant Leurs Majestés; et puis après, danser leur ballet si bizarrement inventé*. »
1. Lb P. Menestrieh. Des représeulaiions en musique^ Paris, 1G82.
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Baltliazarini, dit Bcaujoyculx, avait été amené de Turin à Paris par le maréchal de lîrissac, gouverneur du Piémont, df )!)!)0 ù l!j>'>!>, et préF;ciilé ii Catherine de Médicis qui le plaça II la tête de sa Musique. Il prenait le litre de violon de la Chambre du roi, comme te montre la pièce suivante ;
rioler vnn Slin^dondt {^vii' ïi*clo). Mns*« rojol d'Amslcrdnm.
« n mars 1^182, Hnllhazard de Beaujoyeulx, violon de In Chambre du Roy, a confessé avoir eu et receu la somme de 30eseuz d'or soleil, 10 sol?, tournoys Ji lui ordonné tant pour ses gaigcs, etc'. »
I . nih). nul., ms. ronil rinncni!:. ii» IBS'i. ]ii^cc n' H. CWf }<!\r \'i<lni.
Cet artiste se fit une grande réputation, d*abord par son talent sur le violon, puis comme organisateur de ballets.
Ce fut lui qui composa le fameux Ballet comique de la Royne fait aux nopces de M. le duc de Joyeuse et de mademoiselle de Vaudémont^ représenté le 15 octobre 1581, dans la grande salle de Thôtel de Bourgogne. Le programme de la fête nous apprend qu'on y avait élevé « deux galleries Tune sur Tautre, avec des accoudouers et balustres dorez, et à un bout de ladite salle qui regarde au levant, vous voyez un demithéâtre ». L'auteur « a inscrit comique », dit-il dans un avis à son lecteur, « plus pour la belle, tranquille et heureuse conclusion où il se termine, que pour la qualité des personsonnages, qui sont presque tous des dieux et des déesses ou autres personnes héroïques. »
Balthazarini ne composa pas la musique de ce divertissement, il chargea de ce soin deux musiciens de la Chambre du roi, le sieur Beaulieu et mattre Salmon. L'aumônier de la Cour, le sieur de la Chesnoye, en fit les vers, aidé, dit-on, par Baïfet Ronsard. Jacques Patin, peintre du roi, exécuta les décors. Balthazarini conçut le plan et dirigea Texécution; il fut l'inventeur et l'ordonnateur de cette fête merveilleuse, qui coûta, dit l'Étoile, douze cent mille écus.
L'enchanteresse Circé était l'héro'ine de ce ballet.
Désolée, et ne pouvant se consoler du départ d'un gentil- • homme^ elle se met à sa poursuite. Le fugitif vient chercher asile à la Cour du roi Henri IIL Tous les dieux et toutes les déesses de l'Olympe, les tritons, les naïades, les sirènes, le dieu Pan et les satyres s'intéressent à son sort et veulent le soustraire à la colère de Circé. Jupiter foudroie l'enchanteresse, puis la conduit chargée de chaînes, devant le roi, qui lui pardonne. Jupiter lui présente alors ses deux enfants qui vont se jeter aux pieds de Sa Majesté.
Circé sortait de son jardin sur l'air de la Clochette^ joué gatment par vingt violons, qui excitaient le plus vif enthousiasme.
Le Ballet comique de la Royne fut dédié à Henri III. Sa représentation dura de dix heures du soir jusqu'à trois heures après minuit <* sans qu'une telle longueur ennuyast ni depleust aux assistans, tel étoit et si grand le contentement de chacun* ».
Les ballets de la Cour n'étaient pas toujours aussi somptueux; ceux dont les airs furent composés par Chevalier, violon de la Chambre sous Henri IV et sous Louis XHI, semblent être purement comiques, si Ton en juge par leurs titres : le Ballet des enfants fourrés de malice ^ le Ballet des morfondus^ le Ballet des souffleurs d'alchimie et des vieilles sorcières^ le Ballet des maîtres de comptes et des marguilliers, lo Ballet des chambrières à louer^ etc.
On en donna encore de très importants sous I^ouis XIII, et les violons étaient de la partie soit comme acteurs ou exécutants. Ils ne pouvaient, il est vrai, se trouver en meilleure compagnie, car les plus grands personnages de la Cour y figuraient avec eux.
Le Triomphe de Minerve fut donné au Louvre, le 19 mars 1615. Mademoiselle de France représentait Minerve :
« Dans celte mer passoit une musique de tritons qui sonnoit un air sur des hautbois, et après eux venoit encore, en la dicte mer, la musique de la Chambre du Roy, vestue de rozeaux artificiels d'or et de soye, et le reste de l'habit de satin recouvert de clinquant d'or. Cette musique sortoit peu à peu de la mer*. »
C'est pendant le carnaval de 1026 que l'on donna la plus curieuse de ces représentations, sous le titre de : les Doubles- femmes\ les violons du roi y firent leur entrée :
« Habillez de sorte qu'ils paroissoient toucher leurs instrumens par derrière; mais c'est qu'en effet ils avançoient à
\, Journal de VEstoile, anncV> 1581.