‹ Les ancêtres flamands de BeethovenChapitre 19 sur 39 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

R* ADM. D" ADMISERUNT PHizippuM, JACOBUM BAYENS ET LUDOVICUM VAN BEETHOVEN, UT TAMQUAM CHORAULES HUIC ECCLESIAE SERVIANT (1).

D’après ces archives, les premiers condisciples de Louis étaient : Jean François, Jacques Bayens et deux autres dont les noms ne nous sont pas parvenus. Son maître, Charles Major, natif d’Erfurt, en Thuringe, avait été nommé maître de chapelle le 6 juin 1710. C’était un homme savant, excellent musicien, bibliophile. Il était venu à Malines comme soldat-musicien attaché à un régiment allemand. Une fois là, 1l donna sa démission à l’armée, apprit le latin, étudia la théologie et devint prêtre, puis chanoine Zellarien à la Métropole de Malines. Enfin, il fut nommé Phonascus ou maître de chant. Major était savant, mais vaniteux : il se faisait passer pour chanoine métropolitain et souscrivait aux ouvrages nouveaux en cette qualité; 1l était, de plus, obstiné et têtu. Le maître de chapelle collectionnait volontiers les livres. Lors de son décès, le catalogue qui en fut rédigé ne comporte pas moins de 658 pages, où figurent 9430 ouvrages traitant des matières les plus diverses (2).

Sous la direction de ce maître féru de discipline, les enfants devaient marcher à pas rapides dans leurs études musicales. Le chanoine Major, tout en leur inspirant le goût de la bonne musique, leur aura appris comment les Kapellmeister de son pays menaient les masses chorales. La vie des grands compositeurs, les chapelles musicales des Princes, les concerts, tout cela aura certainement alimenté ses entretiens avec les petits chantres.

(1) Acta capitularia Sti Rumoldi, reg. XIII fol. 340 (1694-1722), communiqué par M. le

chanoine Steenackers.

(2) Catalogue paru chez J. F. Van der EKlst, à Malines, 1767, en 2 vol.

De temps en temps, on montait au jubé pour étudier le jeu des orgues et Antoine Colfs, organiste, était fier de montrer à la jeunesse les ressources de son bel instrument. Tout cela, à n’en pas douter, intéressa vivement le jeune Beethoven.

Dans la suite, Louis eut encore comme condisciples : Jean Pleeck, de Termonde (admis le 28 avril 1719); Nicolas-Joseph Le Fébure, de Cambrai (19 mai 1719); Charles Lalieu (1719); Louis Vermeiren, de Namur (3 janvier 1721) et Jacques Marinus (26 septembre 1721). C’est donc dans ce milieu que Louis van Beethoven s’appliqua à l’art que l’un de ses descendants devait illustrer un jour d’une manière si éclatante. C’est dans la modeste école des choraux de Saint-Rombaut qu’il développa les germes de cette vocation musicale dont son fils et son petit-fils devaient, plus tard, tirer un si merveilleux profit.

Le 9 août 1720, le chanoine-Zellarien Major résilia ses fonctions de Phonascus. Charles Durand, natif de Mons (patrie d’Orlande de Lassus) le remplaça le 24 janvier 1721. Pierre-Paul Borrekens avait assuré l’intérim du 9 août 1720 au 23 janvier 1721. Sous cette direction nouvelle, les choraux poursuivirent leur éducation musicale.

Vers l’âge de quinze ou seize ans, époque critique pour les organes vocaux, Louis van Beethoven continua probablement ses études théoriques de la musique. Peut-être aussi s’intéressa-t-il au jeu de l’orgue. Dans ce cas, ses rapports avec l’organiste Antoine Colfs devinrent sans doute plus fréquents.

Lorsque l’enfant eut atteint l’âge où il fallut songer à l’avenir, le père estima son fils trop bien doué pour étouffer ses talents musicaux par les occupations toutes matérielles d’un métier ou d’un commerce. Après avoir pris l’avis de ses deux maîtres, Charles Major et Durand, il le destina à la carrière artistique. La musique était fort en honneur à Malines, mais à part les fonctions d’organiste ou de maître de chapelle, on n’y trouvait aucun

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Le chœur de l’église St-Rombaut à Malines au XVIe siècle d'après un dessin de P. Van der Borght de Malines

Au-dessus des stalles sont disposés des panneaux avec les armoiries des chevaliers de la Toison d’or

qui assistèrent au chapitre tenu à Malines

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