‹ Les anciennes faënceries rennaisesChapitre 37 sur 78 · RAYMOND · texte numérisé non relu

RAYMOND

Tortia nous amène tout naturellement à dire quelques mots d'un très modeste ouvrier faïencier du nom do Raymond, dont nous ne connaissons aucune œuvre importante, mais qui a été un des derniers enlumineurs dQ nos faïences communes de Rennes. ■

A la fin du xviii® siècle, ou dans les premières années du xix% un ouvrier faïencier de Nantes ou de Quimper — nous ne sommes pas fixé sur ce point — nommé Jean-Marie Raymond, vint demeurer à Rennes. Il avait épousé une Marie-Rose Tortia (probablement une fille do Jean-Baptiste Tortia) dont nous avons trouvé le nom au fond d'une petite soupièro du Musée do Quimper'. On y lit en effet :

Marie-Rose Tortia 1805 '

Cette soupière est à décor bleu avec deux médaillons polychromes contenant des paysages.

Les recherches que nous avons fait faire dans les registres de l'état-civil de Nantes et de Quimper sont restées infructueuses : on n'y a trouvé ni le nom de J.-M. Raymond, ni celui de Marie-Rose Tortia. Quoiqu'il en soit, c'est bien à Rennes que

1. Catalogue du Musée archéologique départemental de Quim^ per, p. 128, série P, ii<» 78 (publié par la Société archéologique da Finistère; Quimper, 1885, iD-8*).

J.-M. Raymond fit un petit plateau polychrome qui figure dans la collection do céramique du Musée de cette ville * et qui porte au fond le nom de Jeanne- Marie Lori et la date 1823. Il n'est pas signe — d'ailleurs il n'en valait guère la peine — mais nous savons qu'il est bien do J.-M. Raymond, qui en fît cadeau à sa voisine Jeanne-Marie Lori quand elle épousa N. Morel*. Raymond travaillait alors à la fabrique du faubourg d'Antrain, alors dirigée par Binet.

C'est aussi à ce faïencier que l'on doit un curieux pot à surprise ^ à décor polychrome donné au Musée par M. le docteur Aussant, et sous le fond duquel on lit cette inscription tracée à la pointe avant la cuisson :

ene

Le col de ce pot est couvert d'un jaspé polychrome que l'on retrouve absolument semblable sur une petite tabatière de la forme dite « chinchoire » ou « secouette, » acquise par le Musée en 1896*, et que nous n'hésitons pas à attribuer aussi à Raymond.

De son mariage avec Marie-Rose Tortia, Jean- Marie Raymond avait eu un fîls, Alexandre, qui exerça aussi la profession de faïencier et qui tra-

1. N<» 3785 da Registre d'entrée da Masée archéologique de Rennei.

s. C'est M"*« Morel, née Jeanne-Marie Lori, décédée il y a qaelqaes années, qui a fait connaître ce détail k notre ami M. Reazé en lai offrant ce petit plateaa, qui est devenue en 1887 la propriété du Musée.

3. N« 1357 du Catalogue raisonné du Musée archéologique de Rennes.

4. N» 5i9i du Registre (Ventrée du Musée archéologique de Rennes.

vailla longtemps à la fabrique Vaumort, rue Saint- Hélier, en qualité de mouleur et de tourneur.

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