Arcbivet mnnicipalet. Registres de la Capitation
i. Déjà cité plus haut, page 16.
Après la faillite do Charmoy, la manuracture fut mise en vente, et une Société formée par les sieurs de Saint-Cristau, Bodin du Verger et Duboys de la Vrillièro en devint adjudicataire ^ Les trois associés confièrent la direction do leur fabrique à un sieur Duval, que nous trouvons imposé en cette qualité à la capitation pour 8 livres 10 sous en 1754 et 1755, pour 9 livres 10 sous en 1756 et pour 12 livres en 1757. A la capitation de cette dernière année, se trouvent imposés, chacun pour 9 livres, le nommé Saint-Jean, perruquier et débitant, et le nommé Jean Debrais, dit Saint-Jean, débitant, demeurant tous deux place Sainte-Anne, qu'il faut peutêtre rattacher à un ouvrier faïencier du même nom que nous allons retrouver tout à Theure. Nous avons quelques raisons de croire que presque tous les membres de cette famille Saint-Jean, malgré
1. Renseignement extrait d'une pièce de procédure qui nous a été obligeamment communiquée par M. Frédéric Sacher. — Voici quelques renseignements sommaires sur les trois associés qui flrent l'acquisition de la manufacture de faïence : i^ Michel de Sainl-Cristau, écuyer, était en 1714 directeur de la Trésorerie des Etats de Bretagne. Le i mai de cette même année, dans la chapelle du manoir épiscopal, à Bruz, prés Rennes, il avait épousé Louise-Yvonne Guesdon, dont le père, Daniel Guesdon, était secrétaire du Premier Président de Brilhac. De ce mariage sont nés Yves-Jean Michel de Saint-Cristau, qui fut vicaire général de Rennes en 1771-, et Louise-Constance-Marie de Saint-Cristau, qui épousa en 176i Charles- Auguste, comte de Martel. (Extrait d'une note communiquée par M. Fr. Saulnier.) — £<> Joseph Bodin du Verger, fils d'un ancien maire de Rennes, était échevin de cette ville en 1755; une de ses filles, Angélique-Prudence, épousa en 1767 Jean-Francois Dacosta de la Fleuriais, fermier-général des Etats de Bretagne. (Kerviler, Bio-bibliographie brelonne ) — Z^ Joseph du Dois de la Vriilière, né en Sainte-Croix de Nantes en 1698, se fit inscrire au tableau des avocats au Parlement de Rennes en 171-4. Il mourut en Toussaints de Rennes en 1783. (Extrait d'une note communiquée par M. Fr. Saulnier.) — Bien que le nom du troisième associé dans l'exploitation de la fabrique du Pavé Saint-Laurent soit quelquefois orthographié du Bois, nous avons cru devoir, dans le cours du présent travail, l'écrire DuboySy parce que c'est ainsi que nous l'avons à peu près constamment rencontré dans les documents qu'il nous a été donné de consulter.
leurs qualifications de débitant et de perruquier, ont travaillé à la manufacture de faïence. Il arrivait fréquemment alors — comme cela existe encore aujourd'hui — que la femme tenait un petit commerce au nom de son mari .pendant que celui-ci était employé dans une fabrique ou dans un atelier.
En 1758, Duval ne figure plus comme directeur de la manufacture et le registre de l'impôt supplémentaire « des deux vingtièmes et des deux sous pour livre » mentionne sans les nommer « les entrepreneurs do la manufacture de fayance, quartier des Capucins. » En même temps, nous retrouvons le sieur Saint-Jean, « ouvrier fayancier, » place Sainte- Anne, et nous relevons pour la première fois celui d'un céramiste dont nous aurons l'occasion plus loin de parler longuement, le sieur Bourgouin, a épicier, » place Sainte-Anne.
Vers la fin de 1758, par suite de circonstances dont nous ignorons les détails, eut lieu la dissolution do la Société formée par de Saint-Cristau, Bodin du Verger et Duboys de la Vrilliôre. « Il fallut liciter la manufacture, et le sieur Duboys de la Vrillière en demeura seul adjudicataire et propriétaire au mois de mars 1759*. » Celui-ci confia la direction de l'établissement à un nommé César Bayol, auquel il adjoignit, en qualité de premier commis et de « peintre, » Alexis Bourgouin, que nous venons de nommer.
L'année suivante, le duc d'Aiguillon, commandant en chef en Bretagne^, se trouvait de passage à