SERVANDONI ET PALATINE
peu plus tard il figurait au nombre des publicistes purement réactionnaires. Il attaqua Barras avec une violence qui lui valut les représailles d’un guet-à-pens, car il eut le malheur d’être enlevé par la police du Directoire, traîné au Luxembourg, dans une pièce reculée, et fouetté jusqu’au sang. Est-ce que le Consulat ne vengea pas lui-même le Directoire, d’une manière plus complète, en rendant impossible l’indépendance d’une feuille politique?
La princesse palatine a donné une fontaine à la rue Garancière, année 1715, et a laissé son titre à la rue Palatine, primitivement un cimetière.
La dénomination de l’autre rue était justement due au fossoyeur de ce cimetière de Saint-Sulpice, qui habita, dit-on, le n° 1. Comme cette voie empiétait, en formant coude, sur le terrain de la place Saint-Sulpice, on l’appela aussi du Pied-de-Biche, du Fer-à- Cheval. L’architecte Servandoni n’existait plus quand on s’est souvenu qu’il avait demeuré en face du fossoyeur, et cet auteur du portail de l’église Saint-Sulpice a été le parrain posthume de -son ancienne rue, en vertu d’un nouveau baptême. Un bas-relief d’une grande finesse, représentant la Charité, décore celle des portes de l’église qu’on dit porte Servandoni. Nous croyons, au surplus, que la communauté de Mme Picart, fondée en 1692 par la grande-duchesse de Toscane, le fut dans cette maisonnette et dans la maison attenante. Les orphelins de la paroisse, dits enfants de la Mère-de-Dieu, eurent pour asile le n°40, dont l’entrée est rue Canivet. Sous Louis XIV également, une communauté de filles occupa la seconde encoignure que cette rue forme avec celle Servandoni.
Est-ce à dire que tous les souvenirs de cette dernière se rattachent à de pieuses fondations?