‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 30 sur 82 · ET NEUVE-DES-CAPÜCINES · texte numérisé non relu

ET NEUVE-DES-CAPÜCINES

Lulli cultivaient le même art que lui, mais en élèves respectueux, qui restaient bien loin de leur maître.

Il avait épousé la fille de Lambert, musicien éclipsé par son gendre, mais qui avait eu son temps de vogue: la 3rae satire de Boileau parle' de lui et ses œuvres ont été recueillies. Cette pauvre Mme Lulli, dès que la santé de son mari s’était détériorée, en avait accusé bien plus les plaisirs de la table que l’excès du travail, et elle en avait fait reproche à tous ceux qui les partageaient,, sans exemption pour le bon La Fontaine, que Lulli avait tant prié de lui écrire des livrets d’opéra et qui s’était enquinaudé par affection pour le compositeur. Au chevalier de Lorraine, son. autre ami, dont les soupers allaient beaucoup plus loin, la ménagère s’en était prise avec plus de raison ; par malheur, il était trop tard, et Lulli, quoiaue très-malade, s’était relevé sur son séant, en convive reconnaissant, devant M. de Lorraine, n’enpouvant mais. — C’est chez vous, lui avait-il dit, que je me suis grisé la dernière fois ; eh bien ! si j’en réchappe, je vous donnerai la préférence le

premier jour que cela m’arrivera La semaine

suivante on avait gravé sur un mausolée, dans l’église des Petits-Pères, l’épitaphe composée par Santeuil pour le musicien.

En regard de Mme Lulli, M. Thévenin. Puis hôtel de Pontchartrain, ex- Lionne, qui deviendra hôtel des Ambassadeurs extraordinaires, Contrôlegénéral, ministère des Finances et par contrecoup administration de la Loterie. Le comte Phélypeaux de Pontchartrain est chancelier, et M. de Lionne n’a pas eu moins que le portefeuille des affairesétrangères : leur maison, dès le principe, est donc ministérielle. L’aliénation par l’État en sera faite dans l’année 1826, en même temps que d’un ancien hôtel Lambert, ex-Mazarin, plus anciennement Lenglée et Sérouges, se rapprochant de la rue

RUES NEUVE-DES- PETITS-CHAMPS

Gaillon, avec une sortie sur cette rue ; en même temps aussi que d’une autre maison ancienne au milieu de ladite rue Gaillon. La Loterie d’alors tient ses bureaux à l’hôtel Lambert, près de l’hôtel du ministre qui a sous ses ordres l’administration de la banque du hasard. Cette communauté de mise en vente n’avait-elle pas pour aînée une communauté d’origine ?

A M. Cesbron de Bonnegarde, 51, 53, 55. Enseigne de la Côte-Rôtie au n° 59, et celle des Trois-Entonnoirs au premier coin de la rue Saint- Roch, presque en face de l’hôtel Sérouges. Sur la ligne de nos nombres pairs : M. de l’Espine, Mme Boutard, M. de Mazières.

Le n° 83, qui n’est pas encore l’hôtel de Coigny, appartient tout bonnement au sieur Girard, ami du peintre Rigault, et le Van-Dick français a pris luimême un appartement de l’autre côté, un peu plus bas. La ville de Perpignan, en vertu d’un droit qui n’est reconnu h aucune autre ville, a depuis peu conféré la noblesse à Rigault, pour l’avoir vu naître, et puis le roi l’a fait chevalier de Saint- Michel.

En vue, ou peu s'en faut, de ce maréchal de Coigny, que célébreront les vers de Gentil-Bernard, son secrétaire, une dame résidera qui aurait pu donner à ce poète des conseils, lorsqu’il écrivait Y Art d'aimer. La marquise de Bellegarde fera bien des jaloux au marquis de Chabanais, en soupant avec lui presque tous les soirs; mais la gourmande s’arrangera de manière à les en consoler l’un après l’autre. Son hôtel de la rue Neuvedes-Petits-Champs sera habité sous Napoléon III par deux célèbres avocats, Mft Berryer, Me Marie, engagés comme hommes politiques dans deux partis tout différents, mais revenant parfois bras-dessus bras-dessous au rez-de-chaussée de l’un ou au premier de l’autre, après l’audience du Palais ou

Page 1