ET NEU VE-DE S-CAPUCINES
filles avait pour épouse M. Joly de Fleuri, avocatgénéral près la même cour.
M. de Laborde, autre matador de larueNeuvedes-Capucines, n’était-il pas un favori et le premier valet-de-chambre de Louis XV? Il cultiva, d’ailleurs, les lettres et les beaux-arts, mit en musique plusieurs pièces de théâtre et fit imprimer avec luxe plusieurs ouvrages de sa façon. Enfin le premier occupant de la principale maison de la rue était le ministre d’État Bertin, qui y avait formé un cabinet d’histoire naturelle et de chinoiseries.
M. de Meulan, receveur-général de la généralité de Paris, occupait au milieu du même siècle la maison de Cotte, et il y eut pour successeur M. Legendre d’Armini. Rappelons à la même, comme un titre de gloire, quelle a logé le général Bonaparte, après le 13 vendémiaire. Également y a résidé le ministre du Trésor sous le premier empire, puis le duc de Montmorency, ancien député aux États-Généraux, ministre sous la Restauration, et puis M. Bethmont, qui a été ministre de la seconde république.
Les bureaux du Crédit-Fonciqr remplissent deux immeubles, dont l’un, ancien hôtel Mazade et Villequier-d’Aumont, avait probablement commencé par être Castanier, et dont l’autre, acquis de M. le baron de Septeuil, aurait appartenu à Desvieux. Ce grand établissement, dont les finances courent moins d’aventures que tant d’autres, se rend, qui plus est, acquéreur d’un des hôtels Crozat, qui a été d’Estrées, pour avoir sur la place Vendôme ses grandes entrées. La voilà donc plus affairée que jamais cette maison du chevalier Crozat, dit le pauvre par égard pour son frère, mais qui n’en laissa pas moins le grands biens à son neveu, le marquis Crozat du Châtel ! Le père du riche et du pauvre était le Crozat qu’on avait vu venir en sabots ; le comte d’Evreux, un
RUES NEUVE DES-PETITS-CHAMPS
Bouillon, avait assez perdu au jeu pour épouser la fille de ce parvenu, et comme elle n’était âgée que de douze ans, ses deux millions de dot se mangèrent pendant qu’elle apprenait encore à lire et h chanter. La mère de la comtesse d’Evreux de cette fabrication av^it reçu de telles visites, à l’occasion du mariage, qu’elle nosa même pas les rendre, dans la crainte d’ajouter aux sacrifices d’amourpropre qu’avait déjà dû coûter la première épreuve aux personnes que sa modestie dispensait de la seconde.
A notre compte, Laborde aurait été prédécesseur, dans une maison disparue, de M. Lenoir, lieutenantgénéral de police, qui organisa le Mont-de-Piété et qui abolit la torture. M. Thiroux de Crosne, qui succéda à Lenoir dans ses fonctions et dans sa résidence, avait révisé, en qualité de maîtredes-requêtës, l’arrêt rendu à Toulouse contre Calas. Sa mère, la présidente Thiroux d’Arconville, avait écrit des ouvrages historiques. Il fut une des victimes de la Révolution, après avoir donné son nom à une rue du quartier, maintenant fondue dans la rue Caumartin. L’hôtel de la Lieutenance de police devint en 1789 celui de la Mairie de Paris. Bailly et Pétition l’occupèrent l’un après l’autre, pour finir aussi mal que le dernier chef de la police royale. La maison fut ensuite livrée au ministère des affaires étrangères, pour ses archives, et M. Mignet, l’historien, y demeura, comme directeur desdites archives, sous le règne de Louis -Phi lippe.
Ce ministère lui-même siégeait à l’angle de la rue Neuve-des-Capucines et du boulevard, substitué à l’ancien rempart, que longeait le jardin du ministre. Berthier, prince de Wagram, maréchal de l’Empire, avait eu le même hôtel, originairement Berlin. A la porte même du ministère une fusillade militaire, habilement provoquée par un