‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 34 sur 82 · RUE VILLEDO · texte numérisé non relu

RUE VILLEDO

avaient eu lieu pendant six ans dans la salle des Machines aux Tuileries, pendant la reconstruction de la salle incendiée en 1763 entre le Palais- Royal et la cour des Fontaines. Gardel jeune, bien que déjà attaché au corps de ballet, prenait encore des leçons de violon et de latin : il avait 14 ans à peine. Homme de bonne compagnie par son éducation, il n’en grandit que mieux dans cet olympe de la chorégraphie mythologique, dont il devait écrire les derniers livrets et mimer le chant du cygne. Son frète mourut, et il lui succéda, comme chef d’emploi, comme compositeur, comme premier maître à l’école de la danse: il habitait alors la rue Saint-Roch. Vers le même temps, Mlle Houbert, dite Miller, passait premier sujet. Un jour, on alla jusqu’à dire de cette remplaçante de MUe Guimard : « Elle est à la danse ce que la Vénus de Médicis est à la sculpture. » Gardel pouvait-il donc mieux faire que d’épouser Mlle Miller, en 1795 ? Les amis de leur maison étaient une société choisie. Peu de tçmps après les Cent-Jours, M. et Mme Gardel se retirèrent tout-à-fait du théâtre; mais, depuis vingt années, Gardel dansait rarement, il se contentait de faire danser. Chef d’école débordé par des idées nouvelles, qui partout reniaient l’art classique, il n’en survécut pas moins un quart de siècle à son enseignement, et quelque huit ans à sa femme.

Guillaume et François Villedo, généraux des bâtiments du roi et des ponts-et-chaussées de France, avaient acquis sur la butte des Moulins, le 24 décembre 1667, des maisons et une grande place. François, l’un des deux, avait assisté personnellement Louis XIV, le 17 octobre 1655, dans la pose de la première pierre de la colonnade du Louvre, en sa qualité de maître-ès-œuvres de maçonnerie. N’était-ce pas une raison de plus pour donner son nom à un chemin, tracé dès

HUE YILLEDO.

1639, sur un versant de la butte des Moulins ? Toutefois on en fait honneur k Michel Villedo, en regard du millésime 1655. Cet autre général des œuvres et bâtiments du roi succédait comme tel à Michel Villedo, son père, maître-maçon d’abord, qui avait demeuré rue du Vert-Bois. Un des Michel de cette famille, mari de Marguerite Hanicle, se qualifiait secrétaire du roi, en 1683, dans l’acte par lequel il abandonnait à Jean Hanicle, architecte royal, un terrain entre les rues de Poitou et du Pont-aux-Choux, dont le quart lui avait été donné par le roi et le reste vendu par deux valets-de-chambre du chancelier Boucherat. Nous savons aussi qu’un Villedo eut pour gendre Michel Delavigne, docteur-régent de la faculté de Médecine de Paris, dont l'hôtel était rue Saint-Antoine, derrière l’église Sainte-Gatherine-du-Val-des-Ecoliers.

Le génie de la race était Michel Villedo, premier du nom. Il avait proposé de former un canal entre le bastion de l’Arsenal et la porte de la Conférence, qui eût été un canal de ceinture, mais non pas un canal de l’Ourcq, et la signature de deux traités avait préludé à l’exéçution probable du projet, le 29 janvier 1636, le 3 octobre 1637, sous les auspices du père Joseph, confesseur du cardinal de Richelieu et capucin, qui devait plutôt y pressentir des commodités que des avantages pour les religieuses qu’il avait établies au couvent des Filles du-Calvaire. Mais tout en était resté là, par l’effet de la résistance opiniâtre de Claude de Bullion, le surintendant des finances, qui en voulait au père Joseph. Sans l’opposition quand même de ce ministre, un Villedo méritait, aussi bien que Riquet, à qui le canal du Languedoc était dû, que la postérité lui érigeât une statue !

Impasse da Coq. (1)

Un décret impérial du 31 janvier 1834, en déclarant d’utilité publique la suppression de la rue du Coq-Saint-Jean, a permis d’élever une maison qui la ferme complètement du côté de la rue de Rivoli ; toutefois, à l’angle de celle de la Verrerie, l’écriteau municipal la donne encore pour une rue, en 1864.

Le mathématicien Clairaut y demeurait au xvme siècle, près la rue de la Tixéranderie. Ce membre de l’académi,e des Sciences avait composé ses Eléments de Géométrie pour Mme du Cllâtelet, qui le suivait jusque dans ses recherches sur les comètes, sur la lune. Son ancienne habitation doit se retrouver au fond du cul-de-sac, où survit l’ordre numérique de la rue décapitée ; par conséquent, c’est au n° 8, ou bien c’est au n° 3, qui s'honore traditionnellement d’avoir abrité Mazarin.

Il n’y avait dans cette rue, tout à la fin du règne de Louis XIV, que 8 maisons, et il eji reste 6 ; mais l’une d’elles porte le chiffre 14, et un petit escalier à balustres y remonte certainement au règne d’un Valois. Il est vrai qu’on portait au compte de la rue de la Verrerie une maison d’encoignure, appartenant aux héritiers de Forcadel, conseiller aux aides, bien qu’elle eût sur la rue du Coq une petite porte.

Jean Sala, bourgeois de Paris, habitait une grande maison contiguë, qui lui avait été vendue par la famille Dujardin et qui aboutissait par-derrière

(1) Notice écrite en 18(34.

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