‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 37 sur 82 · RUE DE VENISE · texte numérisé non relu

RUE DE VENISE

de l’hôpital du Saint-Sépulcre et qui a fait appeler impasse Batave, jusqu’en 1806, un ancien cul-desac de Venise et Quincampoix, confinant au jardin des filles de Saint-Magloire. Ledit cul-de-sac, également disparu, avait fait partie d’une rue de Bièvre et de Berne, entre les siècles xme et xvne. Bttvre est l’ancien nom du castor et le nom toujours d’une petite rivière, qui paraît devoir à la tannerie une teinte jaunâtre, mais dont Rabelais attribuait la source, tout crûment, au pissat des chiens. Aussi bien la rue de Venise fut en partie celle de la Corroierie, dénomination également d’une rue qui fut ensuite des Cinq-Diamants, maintenant ajoutée à la rue Quincampoix. On y faisait, dans le principe, l’apprêt et le commerce des peaux; par conséquent, il y avait de l’eau. Mais quelle distance encore entre un ruisseau, à l’entrée de l’un de nos anciens Paris, et les lagunes de Venise!

L’enseigne à l’Écu-de-Venise, qui pendait ruê Bertaut-qui-Dort, n’en fit-elle la rue de Venise qu’au xvie siècle, comme les ouvrages sur Paris le veulent généralement ? Cette rue, sous Philippele-Bel, était dite Érembourg-la-Tréfilière, et l’on y citait, sous Jean-le-Bon, à l’angle de la rue Saint-Martin, une maison qui aboutissait parderrière à la maison qui fust Bertaut-qui-dort . C’est la seconde moitié de la rue de Venise actuelle. La première moitié, qui en est séparée par la rue Saint-Martin, ne tombe pas tout-à-fait en face : cette singularité témoigne de leur origine différente. La rue de la Corroierie avait succédé, vers 1306, à une rue Plâtrière, déjà connue en 1280, date à laquelle demeurait, rue Érembourgla-Tréfilière, le lombard Jehanel de Sève.

Parmi les banquiers et prêteurs sur gages, qu’on appelait en ce temps-là des lombards, il y en avait pas mal de Vénitiens par la spécialité* des

Page 1