RUE DU ROI-DE-SICILE
à-terre plus ancien encore de la belle Gabrielle. Aussi bien la maîtresse de Henri IV faisait souvent ses dévotions au Petit-Saint-Antoine, chapelle d’un hôpital fondé par saint Louis, converti plus tard en collège pour les religieux de l’ordre de Malte : le n° 33 de notre rue a fait partie des derrières du Petit-Saint-Antoine.
M. Tripier, sous le ministère Necker, était propriétaire entre cette dépendance du Petit-Saint- Antoine et une maison au sieur Boullet, qui en avait une autre contiguë. Le sieur Letourneur tenait audit Boullet d’une part et d’autre au sieur Barrette, propriétaire de deux maisons, comme la baronne de Limeil tenait audit Barrette et au sieur Mélin.
Des peintures et sculptures séculaires, au n° 41, décorent une synagogue, ainsi que l’appartement de M. le comte d'Hautefort, qui a bien pu y naître si, comme on le dit, la Révolution a confisqué l’immeuble sur sa famille. Quand la vente nationale de cette propriété s’effectuait, la rue et- la section étaient celles des Droits-del’Homme, titre que portait aussi la place du Marché-Saint-Jean.
Rases des Quatre-Fils et des Vieilles- Haudriettes* (1) '
Presque h l’entrée de la rue des Quatre-Fils, à main gauche, M. Arnaud-Jeanti dispose d’un immeuble qui a appartenu à Guillaume de Lorme, dans le cours du xve siècle ; à Bertrand Le Picard, trésorier de France, dans le siècle suivant; à la comtesse de Guitaud, veuve d’un chambellan du roi de Pologne, lieutenant des gendarmes d’Artois, et puis à Andelle, avocat, qui s’y succédèrent au xvine.
Quand le prince de Soubise et le cardinal de Rohan avaient les deux hôtels que nous voyons consacrés aux Archives et à l’Imprimerie impériale, les jardins y attenants ne faisaient encore qu’un et étaient publics en été, comme celui du grand-prieur du Temple ; mais la promiscuité n’allait pas jusqu’aux écuries ; celles de M. de Soubise piaffaient au n° 11 de la rue des Quatre-Fils. Mme de Rohan-Soubise, princesse de Guéménée, n’a acheté que sous Louis XV le 21, qui avait appartenu un siècle auparavant au marquis de Guerbigny et h d’autres avant lui : aujourd’hui une dame de Rohan en est encore propriétaire. La rue elle-même n’a pas quitté le nom qu’elle doit à une enseigne des Quatre-Fils- Ayrnon, depuis le temps où le connétable de Clisson résidait lui-même à la place du prince de Soubise ; mais c’était la rue des Deux-Portes antérieurement.
Le 2 a été en la possession du comte Lecamus ;
(1) Notice écrite en 1860.