‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 63 sur 82 · RUE DE GRAMONT · texte numérisé non relu

RUE DE GRAMONT

de la propriété. Par conséquent, les plus anciennes maisons ne sont pas encore séculaires dans la rue qu’à son tour nous interrogeons de plainpied, comme si elle était assise sur la sellette de l’accusé.

Si le 13 invoquait une sorte d’alibi, ne seraitil pas à moitié dans son droit? Il tient à la rue de Choiseul par le magasin Delisle, qui occupait naguère le premier rang dans le commerce des nouveautés, mais que va remplacer un cercle; il garde pourtant sur la rue de Gramont son ancienne entrée d’hôtel entre cour et jardin. Le marquis de Chalabre et ses gens n’avaient pas trop de cette maison à deux faces, maintenant si divisée !

Parmi les habitants du 16 figura M. Dassenay, amateur de peinture, qui habita aussi la rue des Fontaines-du-Temple : sa galerie regorgeait d’ouvrages de Rigault et de Largillière.

M. Bignan, ancien agent-de-change, frère du poète académique de ce îiom, occupe au n° 17 une maison où demeura assez longtemps M. Fulcniron, notabilité politique du dernier règne, et où avait demeuré, sous Louis XVI, M. de Vernage. Celuici, bien qu’il fût alors propriétaire rue de Ménars, payait son loyer rue de Gramont au sieur Lardant, à qui appartenait de même le n° 19.

Quel nom connu se rattachait au 21 de la même rue? celui du marquis de Saint-Chamans, lieutenant général, gouverneur de Saint-Venant en Artois, grand-sénéchal d’épée de la province de Béarn, qui avait épousé la fille du marquis de Souvré. Au 23? l’architecte Couture n’avait pas un domicile autre quand la mort de Constant d’Ivri, arrivée en 1777, le laissa seul à la tête des travaux de l’église de la Madeleine. Et au 25? dame! on y rencontrait M. Berger, dont le neveu, ou dont le fils a été préfet de la Seine.

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