‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 64 sur 82 · RUE DE GRAMONT · texte numérisé non relu

RUE DE GRAMONT

Le Jockey-Club, depuis quelques années, s’est installé à l’encoignure du boulevard et de la rue Gramont. Le règne de Louis XVI a vu faire absolument la même chose à l’ambassade de Russie, lorsque le prince Bariatinski était ministre plénipotentiaire de la czarine Catherine II. Les almanachs royaux du temps désignent comme hôtel Lévi le siège de cette ambassade : le nom de la famille Lévis, fréquemment accolé dans l’histoire moderne à celui de Mirepoix, se prononce en effet sans faire sonner Ys. Les quartiers de noblesse du duc actuel remontent, à travers de brillants services, jusqu’à la tribu de Lévi, noblesse de l’Ancien- Testament, où elle fut alliée de près aux parents de la Sainte-Vierge. Dans un tableau du moyenâge, qui a décoré quelque temps une des pièces de l’hôtel, rue de Gramont, le peintre avait représenté la mère de Dieu et un Lévis, qui toutefois lui ôtait son çhapeau. La Sainte-Vierge disait, au moyen d’un cartouche : — Mon cousin, couvrez-vous. — Je n’en fais rien, répondait le parent ; mais c’est pour ma commodité.

Rue des Moulins. (1)

La Butte. — Jeanne d’Arc. — L' Abbé de V Épée. —

L'Avocat de Louis XVI. — Le Baron a' Holbach.

— L' Inventeur des Chapeaux de Soie. — Les

Salons où l'on entre sans ôter son Chapeau.

La rue dont nous allons parler, déjà bordée de contractions en l’année 1624, n’allait que de la rue de l’Evêque à la rue Thérèse ; elle n’a absorbé qu’eu 1793 la rue Royale, dite d’abord rue Neuvede-Richelieu, qui la fait déboucher rue Neuve-des- Petits-Champs. La butte des Moulins, qui a donné son nom à une section, royaliste au 13 vendémiaire, passe pour avoir été produite par les déblais des fossés du Rempart. Tous les ouvrages sur Paris vous diront que des moulins ont fait tourner leurs ailes au-dessus de ce monticule artificiel; néanmoins le plan de Gomboust, loin de nous montrer ces moulins au point culminant de la butte, les place sur le territoire qu’a abaissé la rue Neuve-des-Petits-Champs. A vrai dire, cette élévation a surtout cessé de paraître grâce à celle du sol dans les nouveaux quartiers environnants : les jardins du Palais-Royal et des Tuileries nous en donnent encore le niveau antérieur. Lorsqu’elle servait de marché aux Pourceaux, c’était à peine une colline, mais ella tenait plus de place : un Montmartre en diminutif et sous la main, dont les moulins éventaient le dimanche des badauds prenant leurs ébats, et d’où la vue s’étendait librement

(1) Notice écrite en 1800.

Page 1