RUE DE L A*MICH 0 DIÉ RE
Baptiste de la Michodière était conseiller d’État et prévôt des marchands lorsqu’elle s’est fait jour en passant sur le corps à l’hôtel de Deux- Ponts, l’année 1778 ; la terre d’Hauteville, en Champagne, qui venait de sa mère, avait été pour lui, chevalier, seigneur de Romène, érigée en comté vingt-sept années avant, et d’autre part il avait épousé la fille de Luthier de Saint-Martin, maîtredes- comptes ; mais aucune de ces circonstances n’avait modifié sa signature, telle que nous l’avons vue au bas de plusieurs titres. Elle ne se décomposait, à la faveur des particules, ni en trois mots, ni même en deux ; un seul trait de plume la couchée tout d’une venue sur le papier ou sur le parchemin, sans plus de façon que voici : Delamichodière. La particule nobiliaire, au surplus, n’avait aucun sens lorsqu’elle ne servait pas de trait-d’union entre le nom patronymique et un titre, ne fut-il que d’une seigneurie. Le nom de lieu a servi si souvent à distinguer, dans une famille nombreuse, les membres l’un de l’autre qu’il est impossible aujourd’hui de savoir d’où viennent les de ; il s’en découvre, tout au plus, un sur vingt qui ait été synonyme de messire. L’état-civil du de est introuvable dans les titres de l’anfcien régime et constitue près des noms propres un véritable solécisme quand ils ne sont pas noms de lieu. MM. d’Arthur, de Mathieu, de Durand, du Tremplin, de l’Escarpolette, ainsi s’appelleraient à merveille des personnages de comédie ; on voit pourtant, de par le monde, maintes filles de bourgeois qui s’estiment heureuses de devoir au mariage des noms pareils, qu’elles croient d’ancienne extraction.
La rue a été défrayée de son premier pavé par les héritiers de Christian IV, comte palatin, duc de Deux-Ponts, dont le nom retentit encore dans les catacombes de la chronique galante. Il paraît