‹ Les anciennes maisons de ParisChapitre 7 sur 82 · RUE DU VIEUX-COLOMBIER · texte numérisé non relu

RUE DU VIEUX-COLOMBIER

Vieux-Colombier, où les numéros 6 et 8 ne sont pas tout ce qui subsiste de cet ancien établissement religieux. Les filles de Notre-Dame-de-la- Miséricorde étaient au nombre approximatif de vingt, tout de noir vêtues, avec un scapulaire blanc et un christ en sautoir. Dans leur monastère, la dot était de 3,000 livres; la prise d’habit revenait à 1,000, et le noviciat à 300, pour les 18 mois de sa durée ou par année. Ces religieuses recevaient aussi, gratuitement, des filles se destinant à la profession religieuse, et elles donnaient asile aux demoiselles de condition peu fortunées. Madeleine Martin, fille d’un soldat, et Yvan, père de l’Oratoire, avaient fondé leur institut h Aix-en-Provence ; Anne d’Autriche avait attiré à Paris des religieuses de cet ordre et posé la première pierre de leur chapelle; néanmoins elles avaient été réduites par les désordres de la Fronde à accepter l’hospitalité de Mme de Boutteville, dans son hôtel, et la munificence de cette dame, de la duchesse d’Aiguillon et de M. de Mortemart avait surtout permis h la ’ supérieure, mère Madeleine, d’installer sa maison de fondation, royale dans la rue du Vieux-Colombier.

Une caserne occupe l’ancien établissement des Orphelines-de-la-Mère-de-Dieu, créé en 1630 par le curé de Saint-Sulpice et un certain nombre dè* ses paroissiens. On y recevait, dès le berceau, des enfants légitimes du sexe féminin, nées sur le territoire de la paroisse, lesquelles étaient élevées moyennant la somme de 100 livres une fois donnée.

Il y avait a voir dans cette rue, un peu avant la Révolution, le cabinet d’histoire naturelle formé par le médecin Morand. La plupart des maisons voisines étaient alors des hôtelleries. L’hôtel de Montgommery, meublé, touchait presque à la Croix-Rouge, du côté de l’hôtel Balincourt. De l’autre côté, entre la rue du Pot-de-Fer, présen-

Page 1