RUE DU VIEUX-COLOMBIER
tement Bonaparte, et le carrefour, nous retrouvons tous les lieux occupés par les anciens hôtels de Saxe, de Londres, du Roi-George, de Bruxelles et de Notre- Dame. Cette dernière enseigne se rapportait au n° 29, habité sous Louis XV par M. Peyrenc de Moras et mairie du XIe arrondissement au siècle suivant.
N’est-ce ' pas à l’hôtellerie du Roi-Georges, dite alors du Parc-Royal, que ne craignit pas de descendre le protecteur des lettres Horace Walpole, qui devait être difficile sur le choix de son pied-à-terre ? Il avait à Strawberry-Hill une résidence princière, dans laquelle s’imprimaient ses propres ouvrages. Cet ami de Mme du Deffant fut alternativement poète, historien, publiciste, romancier et auteur dramatique. La publication posthume de sa correspondance le met à la tête des épistolaires anglais.
La rue dont la monographie touche pour nous à sa fin doit sa dénomination à un colombier, que l’abbaye de Saint-Germain fit élever au XVe siècle. On l’a dite aussi rue Cassel, en raison de l’hôtel Cassel, qui depuis a laissé son nom à une autre rue, . par corruption Cassette.
Rue du «Jardinet* (1)
Le 2 et le 4, dans la rue que voici, ont appartenu au collège Mignon. L’acquéreur du n° 1, en 1690, était Réné de Maupeou, président au parlement, qui avait pour vendeur Leboutz, maîtredes-requêtes : la famille Leboutz avait acheté de la famille 'Gobelin, vingt ans avant. Gibert avait le 3 à sa disposition. Le 9 et le 11 étaient à la marquise d’Houartigny, bien qu’alors on y exploitât le grand hôtel-garni de Tours.
Vers le même temps et dans la même rue, l’hôtel d’Ànneval passait de Françoise Leroux, veuve du marquis de Lussac, à Claude Leroux, prêtre, seigneur de Bouge.
Les copropriétaires du 13 étaient la marquise de Brosse et la marquise de Garennes, née Lefebvre deCaumartin. Ces dames convinrent de la mettre aux enchères en tête-â-tête, pour ' simplifier la licitation, et Mme de Brosse n’eut pas le dernier mot : elle se tut la première, hélas ! pour la première fois peut-être de sa vie. Mnie de Garennes garda et habita l’hôtel ; elle y eut néanmoins des locataires, notamment l’abbé d’Artagnan et la marquise de'Mouchy. Gomme sa propriété avait appartenu avant 1584 à l’archevêché de Rouen, la marquise paya l’impôt dont se trouvaient frappés, en 1704 et 1705, tous les biens aliénés des communautés laïques ou ecclésiastiques ; elle payait aussi un droit de cens à l’abbaye de Saint-Germain, mais non sans
(1) Notice écrite en 1861.