RUE PORTEFOIN
cas, le n° 11 aurait tenu la rue sur les fonts ; c’était, à coup sûr, un grand hôtel dont il ne reste que la moitié. Jacques de Portel, seigneur d’Ormoy, le transmit à prix d’argent, en 1642, aux administrateurs de l’hôpital du Saint-Esprit, qui revendirent trente ans après à Vélut de la Crosnière, seigneur du fief parisien de Popin, conseiller à la cour des Aides, dont le cabinet d’histoire naturelle et de mécanique était t la merveille de la rue avant la convocation des États-Généraux. A demeuré en 1759 : Leleu, trésorier de France.
N° 12. — Un très-beau vis-à-vis que cet hôtel Turgot, pour l’hôtel Vélut de la Crosnière ! Reneaulme, marquis de Thorigné, conseiller au grand-conseil, le tenait d’Étienne-François Turgot, de Turgot ie ministre et de la duchesse de Saint- Aignan, née Turgot, tous les trois héritiers de deux autres Turgot, dont le prévôt des marchands, prénommé Michel-Étienne. Les titres de noblesse et de seigneurie que portaient la plupart des membres de cette famille sont aujourd’hui bien oubliés ; l’un, a signé marquis de Sousmont et l’autre baron de l’Aulne ; mais trois des leurs ont heureusement rendu des services plus mémorables. Le chef de Tédilité parisienne, qui a habité cet hôtel et qui, de plus, y a laissé sa veuve, a introduit dans l’administration d’utiles améliorations. Il a tellement encouragé la publication d’un plan de Paris au millésime 1739 qu’on a presque raison de le lui attribuer ; mais ce plan de Turgot a été, en réalité, levé par Louis Bretez, gravé par Claude Lucas et parsemé d’inscriptions par Aubin. Le prédécesseur de Jacques-Étienne Turgot, père de Turgot-Sousmont, avait été rue Portefoin acquéreur de Magnond’Invault, qui tenait la propriété de Guillaume Briçonnet, conseiller, fils et petit-fils de présidents. La grand’mère de Guillaume était née Amelot ; elle avait hérité du président son père, légataire de