‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 59 sur 111 · RUE TURENNE · texte numérisé non relu

RUE TURENNE

égout, jusque-là découvert, la rue dite des Nouveaux- Égouts, puis Saint-Louis sous le règne de Louis XIII.

Des constructions ne remplacèrent que successivement des jardins et des chantiers sur les 8 arpens et 1/2 provenant de Sainte-Catherine, qui s'aliénèrent en divers lots, au moyen de baux à vente consentis par les religieux à des particuliers, tels que Mathieu Mayert, orfèvre, le dernier jour de novembre 1545, et Gildart Millet, praticien au Palais, le 18 mai 1547, Une place audit terrain, derrière les maison et jardin de Jean Lair, procureur au Chàtelet, était baillée à rente perpétuelle, le 28 février 1560, à Méderic de Donon, contrôleur du Domaine, et une autre place à Jacques Saulger, par l'évêque, de Tout, prieur de Sainte- Catherine-du-Val-des-Écoliers, Marin Maupillé, sousprieur, Jean Haaiclin, François Fouet, François Cottard, Jean Choquet, Jean de Sussy et Jean Chaillou, tous religieux-profès dudit prieuré et couvent.

Un petit lot, vingt ans après, était cédé à Marc Miron, seigneur de l'Ermitage, conseiller et premier médecin du roi, par François de Berne, prieur, Jean Clmillou, sous-prieur, docteur en théologie, Jean Choquet, procureur et syndic, Godefroy Hardy, Simon Hamelin, François Déranger et Jean Jacob, prêtres ; Charles Tallery, diacre, et Jean Dugué, tous religieux-profès. Il s'agissait d'un morceau de terre qui longeait les égouts de la ville, derrière le jardin de M""" de Kernevenoy (Carnavalet), en tenant au jardin de Jean Lestelle, médecin. Déjà Miron, sept ans auparavant, avait acheté de Françoise de la 3Iarche femme de Yillequier, gouverneur d'Anjou, deux maisons contiguës à celle de son confrère Lestelle. Le père de ce dernier avait été marchand et succédé dans sa propriété à Périne de Pisseleu. De plus, Jeanne Barbedor, bellemère de Miron, avait été propriétaire par-là, avant

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son gendre. Digne membre d'une famille de médecins célèbres, Miron avait suivi le duc d'Anjou en Pologne et contribué au retour en France de ce prince, devenu Henri III ; à deux reprises il avait siégé aux États de Blois, comme député de la Faculté de Paris, et on lui reconnaissait le litre de cornes archiatroriim :

Dic'itur archiater qui princeps est medicorum.

Charles Miron, évêque d'Angers à 18 ans, siégeant l'année suivante aux États de Blois, était fils de Marc ; il s'arrangea d'une place attenante à celle que son père avait eue de même origine, rue des Égouts. L'hôtel Miron touchait à la maison de Laroche-Bonneuil et au petit hôtel d'Argouges, lorsque l'évéque hérita du médecin, c'est-à-dire en 1608. Charles Miron prononça l'éloge funèbre de Henri IV, après avoir été chaudement son partisan. Des querelles avec son chapitre le portèrent à accepter l'abbaye de Saint-Lomer de Blois, en échange de son évêché, qu'il reprit pour peu de temps en 1622, et puis vint sa nomination h l'archevêché de Lyon, qui fut déclarée par Talon attentatoire aux libertés de l'église gallicane.

Le mariage de Marie Miron avec Louis Lefèvre de Caumartin, garde-des-sceaux sous le règne de Louis XIII, fit changer le nom de l'hôtel, qui passa à Anne de Caumartin, évêque d'Amiens, et à Caumartin de Saint-Port, conseiller d'Étal, puis intendant des finances, pour qui la terrede Cailly fut érigée en marquisat. Celui-ci, premier homme de robe qui ait porté du velours, laissa ses biens h des créanciers. Pierre Delpech de Cailly, président en la cour des Aides, disposa de la propriété de la rue Saint-Louis, après son beau-père, Pajot de Villers, et il y ajouta deux maisons, acquises de la famille Arnaud de Pomponne et dont une fontaine, établie en 1687, marque encore la place.

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