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Le président maria sa fille au marquis de Joyeuse, colonel, qui vendit à Choux de Bussy, secrétaire du loi, en 1761.
Le plan de Paris en l'année 1652 place contre riiôlel Caumartin un hôtel Villedo : quel était-il ? Un terrain clos de 166 toises, au coin de la rue Neuve-Saint-Catherine (i) et de la rue Saint-Louis, avait été cédé en 1634 par Lefèvre de Caumartin à Villedo, maître-maçon, en échange de 265 toises prises plus haut, dans la rue Saint-Louis, sur un terrain aliéné par les religieuses de Saint-Gervais, lesdites 265 toises tenant aux héritages de l'architecte Leroy et du président Lejay. Or Lejay, gouverneur d'Aire, a eu certainement un hôtel à l'encoignure de la rue du Parc-Royal et de la rue Culture-Sainte-Catherine {-i). La famille Villedo de Clichy, postérieurement à la cession de Caumartin, disposait de quatre maisons au moins qui se suivaient, à l'entrée de la nôtre, et notamment de l'hôtel occupé par un de ses membres devenu conseiller du roi et général des bâtiments, ponts-et-chaussées de France. Une des autres maisons appartenait à Marguerite Villedo, épouse d'Etienne Papot, maître des bàliments-du-roi, et plus tard h Madeleine Villedo, femme Rostau. Une autre maison aussi avait été apportée par Catherine Villedo à son mari, Michel Noblet, architecte du roi et garde-desfontaines, qui en fit hériter son neveu, l'architecte Bruant. Une autre encore, contigué à l'hôtel proprement dit, fut vendue par Villedo jeune, maîtredes-comptes des bâtiments-du-roi, ^i Marguerite Foucault, fille majeure, en 1658. Enfin, dix ans après, un partage de famille attribuait à une 1)"'^ Villedo, temme de Michel Delavigne, docteur-
(l"l Présentement rue des Fraucs-Bourgeois. (2) Présentement rue Sévigné.
NAGUÈRE SAINT-LOUIS-AU-MARÂIS. in
régent, l'hôtel loué h l'abbé Colbert, puis acheté par Meynaud de Lalour, secrétaire des tinaiices, et ensuite hôtel Lowendal. M. de Lowendal, qui demeura rue Saini-Louis, était un lils du maréchalde-France ; il avait alors Beaumarchais pour ami.
Une masure, en face de la rue des Minimes, paraît tout ce que la rue Saint-Louis a conservé de l'hôtel Caumartin ; mais on revoit la plupart des constructions dont les Villedo ont posé la première pierre.
Que sont devenues les Tournelles, de l'autre côté de la rue? Sur l'emplacement du palais nous ne retrouvons pas que deux maisons modestes, pourvues encore d'escaliers h balustres, qui des premières y ont surgi, n° 8, n" 20. Quelles y sont les propriétés qui attirent le mieux l'attention? Pendant tout le règne de Louis XIV on n'appelait le n" 16, où le maréchal de Catinat a résidé, que l'hôtel de Vitry. Les .Minimes, monastère établi-par-derrière depuis 1611, n'ont pu l'englober que sous le règne suivant.
Girardin, ambassadeur de Louis XIV près du Grand-Turc, n'a pas manqué d'avoir sur l'ancien parc royal une grande maison rue Saint-Louis, près celle de Mivauit, maître des-comptes, et une autre maison par-deri'ière, qui le mettait en mitoyenneté avec Delisle-Mansart. Quand toutes deux, plus tard, appartenaient à Louis-Alexandre Girardin, maître-des-requètes de l'hôtcl-du-roi, en sa qualité de donataire de Jean Girardin, chevalier, seigneur de la Cour-des-Bois, des Préauix et du Cigne, la première no communiquait plus avec la rue que par une longue allée, et il y tenait d'une part à Petit-Destigny, d'autre part î) Doublet, trésorier du duc dOiiéans, dans le fond à luimême et à la veuve Ruelle ; il se trouvait également propriétaire derrière la seconde, qui, au coin de
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la rue Saint-Gilles, touchait encore à celle des ayant-droits De Mivault.
Après la rue des Douze-Portes (i), Claude Guënégaud, trésorier de l'Épargne, avait fait élever un hôtel, qui est devenu la proie des flammes ; M""' de Sévigné raconte qu'elle a été témoin de l'incendie : elle habitait alors l'hôtel Carnavalet. On a réparé le désasli-e pour un nouveau propriétaire, le chancelier Boucherai, dont la bibliothèque était citée et dont le jardin allait jusqu'au Boulevard. De la propriété du chancelier ce qui restait de mieux au xvni*' siècle, par suite de réductions, était l'hôtel d'Ecqueyilly, occupé de nos jours par le couvent de Sainte-Elisabeth. Le marquis d'Ecquevilly, capitaine-général des chasses du roi, après son père et son grand-oncle, épousait, en 1741, la tille d'un de ses voisins, le marquis de Joyeuse. Vers cette époque, Lesage était logé à l'angle de la rue des Douze-Portes: de bonnes positions avaient été otïertes à l'auteur de Gii Bias et de Turcaret, qui préférait vivre de sa plume en faisant jouer des pièces à la foire.
Thévenin de Tanlay, premier président en la cour des Monnaies, n'avait-il pas ses bureaux, sous Louis XVI, au 30 ou au 32, que la famille de Gourgues a habités? En cas d'erreur, ce serait au 44.
Enfin au vénérable hôtel que les n°* 46 et 48 nous représentent sans ses dépendances, diverses traditions rattachent d'illustres noms : Turenne, Vauban, La Bruyère, M"'= de la Valhère. Le plan de Gomboust y marque l'habitation de M. le Vasseur. On dit aussi que ce fût l'hôtel de Crosne, avant la nomination de M. Thiroux de Crosne,
;l) Piésenlemenl Villehardouin.
intendant de Lorraine, à la lieutenance-générale de police. La Tour-d'Auvergne, duc de Bouillon, y avait résidé avant Turenne, son fils, qui recevait des frondeurs, lorsqu'il subissait l'influence de la duchesse de Longueville, et entretenait chez lui des assemblées protestantes périodiques, avant que Bossuet l'eût converti. Vauban lui-même, n'a-t-il pas commencé par servir dans les rangs de la Fronde, sous le grand Condé? Quanta l'auteur des Caractères, Bossuet l'a présenté pour enseigner l'histoire au fils de Condé ; jusque-là il était trésorier de France à Caen. Outre le grand hôtel Turenne, aujourd'hui encore divisé, il y en a eu un petit, qui parfois s'en est détaché : ainsi s'explique l'exubérance des souvenirs locaux par la simultanéité. Pendant que Turenne, rentré dans le devoir, tenait campagne contre Condé, sa femme, Charlotte de Caumont, qu'il avait fondée de pouvoir, faisait fermer une rue Neuve-des-Minimes en vertu d'une autorisat'on royale du 17 avril 1655. De cette rue 17 toises étaient données par le roi au grand capitaine, qui les ajoutait à son jardin, et Guénégaud lui-même en gagnait un morceau entre Petit-Destigny et M'^'Scarron. Cette dernière n'était-elle pas la jeune femme du poète Scarron et par conséquent, propriétaire du chef de son mari?
La duchesse d'Aiguillon a donné, le dernier jour d'avril 1684, au cardinal de Bouillon la terre et châtellenie de Pontoise, en échange de l'hôtel Turenne, afin d'y établir les bénédictines de l'Adoration-perpétuelle-du-Saint-Sacrement. Leur entiée a eu lieu le 16 septembre de la même année. Seulement elles acquéraient, le 9 avril suivant, une place contiguë de 384 toises, qui avait déjà fait partie de l'hôtel Turenne et qui se trouvait circonscrite par leur propriété, parcelles de MM. de Sainte-Foy, Boulin et Guénégaud, ainsi que par la rue Saint-Claude,