RUE SAINT-FIACRE
faisait face h celui de Lhuillierf» contigu à celui du conseiller Guilloye, après lequel venaient trois autres propriétés au même Lhuillier.
Le pavillon portant le chiffre 8 fut donc l'habitation de Dumesnil, haute-contre du temps de LuUi. Ce chanteur n'avait rien gagné au privilège qui permettait alors aux gentilshommes de devenir sans déroger pensionnaires de l'Opéra : il avait été le cuisinier de Foucault, conseiller d'État et numismate, cet ami du père La Chaise, puis intendant du prince de Montauban. Dans Armide, il créa le rôle de Renaud. Malheureusement Dumesnil, qui ne se piquait ni de sobriété ni de pudeui-, entrait souvent en scène entre deux vins ei aimait à se mettre en tiers dans les amours des filles de théâtre, pour en vivre plus à son aise. M"'' Maupin, sa camarade, qui n'avait répudié que les préjugés de son sexe, était mal avec ce chanteur, qui la traita d'hermaphrodite, ne sachant plus par où la prendre. La chanteuse, fille d'un gentilhomme, avait appris d'un de ses amants, prévôt d'armes, à tirer l'épée ; elle accosta sur la place des Victoires l'habitant de la rue Saint-Fiacre, qui revenait de l'Opéra, et comme il refusa de croiser le fer avec la cavalière qu'il avait insultée, celle-ci lui administra une volée de coups de canne, en lui prenant sa montre avec sa tabatière. Le lendemain, au foyer du théâtre, Dumesnil raconta qu'il avait eu affaire à trois gredins, qui avaient prolité des ténèbres d'une heure avancée pour le frapper et le voler. Mais M"*' Maupin arriva h propos pour lui dire : — Palsembleu ! tu mens. J'étais toute seule. Voici une montre, voilà une tabatière que te rend la main qui les a prises.
Sous le règne suivant, M. de Curis avait dans la rue Saint-Fiacre la superbe maison voisine ; seulement il en sortait et y rentrait par la rue du Sentier. Cet amateur de petits-soupers en