‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 64 sur 111 · RUE POISSONNIERE · texte numérisé non relu

RUE POISSONNIERE

tard par Gauthier de Montdorge, trésorier de la chambre aux Deniers et auteur des Fêtes d'Hébé, opéra-ballet dont la musique était de Rameau. Il épousa, vieux, une jeune fille, qui resta temme honnête, quoique bâtarde adultérine de M. d'Éiioles et de M""" de Belvaux, qui lui avaient acheté un père et une mère d'occasion en la faisant reconnaître pour la fille d'un gentilhomme et d'une demoiselle mariés h prix d'argent. Plus tard encore, en 1787, un appartement du même hôtel était occupé par Grélry et sa famille. L'illustre compositeur avait déjà, dans sa fille Lucie, un élève sans pareil : elle avait composé, à l'câge de 13 ans, la partition du Mariage cVAntonia. Aux dépens du jardin dudit hôtel s'éiaient édifiées, du vivant de Milieu, plusieurs maisons.

Voisenon, l'abbé galant que ses bons mots, plutôt que ses œuvres, allaient mettre de l'Académie, demeurait en 176o à fextrémité de la rue. L'architecte Pruneau de Montlouis était chez lui, à quelques années de là, en vue de la rue Beauregard.

Le 33, construction plus moderne, n'a pas même su conserver le titre que lui donnait à la notoriété le nom de Giudicelli, sur la porte du successeur de ce fameux choi olatier. Il est vrai que Giudicelli, qui était arrivé à Paris en sabots avant la grande révolution, ne se souciait plus, devenu quatre fois millionnaire, d'afficher le point de départ de la fortune de sa fille, mariée au fils d'un comte de l'Empire. Le véritable chocolat n'a-t-il pas fait son temps en France, et surtout à Paris, depuis que les droguistes en vendent à profusion sans sucre, sans cacao, mais non pas sans annonces à la 4'"" page des journaux ? Giudicelli en fabriquait de meilleur, en moins grande quantité ; heureusement on dirait qu'il a laissé sa recette à Prévost, le chocolatier

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