‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 73 sur 111 · RUE RICHER · texte numérisé non relu

RUE RICHER

tenaient à des propriétaires dont voici le tableau complet :

Côté des numéros impairs:

La piésideute Gilbert. Le marquis de Saint- Georges.

L'abbé Larcher.

Brière.

Sauinier.

Brière.

Les héritiers Bourgeois.

L'Hôtel-Dieu.

Raoul.

Côté des numéros pairs :

Leclerc.

Lépine ou ses hoirs.

Sauinier.

Les hoirs Taussier, avec Lachambre pour locataire.

L'abbesse de Montmartre.

Dru père.

Les Quinze-Vingts.

Bedan et Sauinier.

Les hoirs Haran.

Les hoirs Cliquet.

Lanoix.

Girard.

Gaillon.

Rue Coqiiillière. (v

Les Hôtels de Flandre, Dupin, de Soiss^ns, Bullion, Chamillard, Wïimer, Crisenoi. — La tnêre Proudhon. — Le Jeu de Paume au Serment. — 1705. — Tahna. — Deux Farceurs abusant de la Réputation du Sultan. -— Fleury.

L'hôtel de Flandre restait en-dehors du Paris dé PhiHppe-AugListe, dont une porte, la porte Coquillière, ouvrait entre les rues actuelles de Grenelle-Saint-Honoréet Jean- Jacques-Rousseau (2). Coquillier, qui avait vendu l'une de ses maisons au comte de Flandre, était d'une famille dont on peut citer plusieurs Parisiens des xu'' et \\\V siècles, par exemple Robert et Adam Coquillier, comme signataires de plusieurs actes, et Odeline Coquillière, pour avoir fondé une chapelle à l'église Saint- Eustache en 1262. Porte et rue devaient leur nom au propriétaire Coquilliei". Les confrères de la Passion donnèrent pendant sept années des représentations de leurs mystères à l'hôtel de Flandre, avant sa démolition, qui date de 1547. Sur une portion du terrain de cet hôtel, le fermier-général Claude Dupin eut un hôtel à deux portes, rue Coquillière et rue Plâtrièrc ; il écrivait des livres, sans les signer, avec le concours de sa femme. L'éducation de leur fils fut confiée quelque temps h Jean-Jacques Rousseau, et ce grand précepteur, dont la rue Plâtrière porte le nom depuis la Révolution, n'empêcha pas l'élève de désoler d'abord

(1) Notice écrite en 1859.

(2) Deux rues qui n'en font plus qu'une, sous la dernière dénomination.

368 RUE COQUILLIÉRE.

ses père et mère par son inconduite. En la propriété de Claude Diipin, une tour survivait h l'enceinte du xu'^ siècle : une exhumation postérieure a mis à jour des antiquités romaines dans cet immeuble, ou dans un de même provenance.

D'autre part la même porte urbaine était flanquée d'un séjour qui, tour-c^-tour, porta les dénominations de Nesles, de la Reine, de Bohême, des Flles-Pénitentes et de Boissons. Jean de Nesles, sous le règne de saint Louis, en fit hommage à la reine Blanche, dont le dernier soupir s'y rendit ; Philippe-le-Bel en gratifia Charles de Valois, son frère ; puis Philippe-de-Valois, en 1327, c'est-à-dire avant de prendre le sceptre, en fijvorisa Jean de Luxembourg, roi de Bohême. La fille de ce prince. Bonne de Luxembourg, épousa Jean de France, qui monta sur le trône de son père, Philippe de Valois. Le palais de Bohême, par ce mariage, revenait h la Couronne: on y voyait chiir par des fenêtres grillées de fils d'archal et presque étroites comme des meurtrières. Son grand luxe était la sculpture ; son jardin, pourvu d'un bassin, avec l'agrément d'un jet d'eau, qui était alors peu commun, s'étendait depuis la rue d'Orléans jusqu'il Saint-Éustache à-peu-près ; sa chapelle, dite de la Reine, faisait coin sur la rue de Grenelle. La maison de Savoie, puis la maison d'Anjou disposa du royal manoir, qu'on se passait comme une bague au doigt ; Charles VI le racheta, pour en faire présent à son frère, le duc d'Orléans. Plus tard Louis XII accorda aux filles Pénitentes une portion de ce séjour, pour y établir leur maison ; plus tard encore, Catherine de Médicis transféra ces religieuses rue Saint-Denis et elle fit contribuer les grands artistes de son temps au rétablissement du palais, pour y fixer sa résidence. Cet hôtel de Soissons fut légué par la même reine à sa petile-fille, Christine de Lorraine ; la testatrice, par malheur, avait laissé

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