RUE PICPUS
1726. De par le roi, défenses expresses sont faites de hâtir dans cette rue hors la présente borne et limite aux peines portées par les déclarations de S. M. de 1724 et 1726.
M"'' Clairon, sous les auspices d'un linancier, habita le 82, précédemment à M. de Nérac. Ce dernier avait eu pour voisin le musicien Marais, dont le jardin allait jusqu'à la rue de Reuilly. Un ouvroir pour les jeunes filles est sous la direction du Sacré-Cœur, au 64, antérieurement maison de santé Sainte-Aure-de-Picpus, et dans deux immeubles adjacents. Par-là a demeuré la comtesse d'Esparda, Eugénie de la Boucbardie, que Marie- Joseph Chénier a chantée.
Ninon de Lenclos avait eu pour maison de campagne la propriété occupée par La Mésangère, transformée en fdature de lacets sous la République, et dans laquelle a été transféré en 1828 l'hospice d'Enghien, fondé neuf ans auparavant par la duchesse de Bourbon, La maison d'éducation de M"'e Blacque, qui date d'un demi-siècle, est une transformation des anciennes écuries de Ninon.
Le iO avait servi de rendez-vous de chasse à Henri IV. M"'*" Saint-Marcel y créa, sous Louis XV, un établissement particulier pour des aliénés, et l'immeuble appartient encore à la même famille, sans avoir changé de destination. L'acteur Lassagne y est au nombre des malades en traitement.
Le 4, ce pavillon carré dans lequel un pensionnat de demoiselles succède à un pensionnat de garçons, fut originairement une petite-maison. Léonard Bounaud de Tranchecerf, écuyer, comte du Saint-Empire, membre de l'Académie de chirurgie, demeurant rue de Montreuil, acquit cette propriété, en 1786, de la succession Galle.
Rue de Reuilly et rue Érard,
NAGUÈRE
petite rue de Reuilly. (i)
Le Haut et le Bas-Reuilly sous les rognes de Dagobert /", de Jean-le-Bon, de Louis XIV, de Louis XVI, de NapoUon P' et de Napoléon III.
En 1862 il y a encore une rue, une petite rue et une impasse de Reuilly ; mais l'impasse, désignée sur le plan de Verniquet comme cul-de-sac Siguéri, est devenue une rue, en débouchant sur le boulevard Mazas, et changera de nom inévitablement.
Les rois mérovingiens ont eu pour résidence d'été le château de Reuilly, où Dagobert I""" a amené Gomatrude, sa première femme, puis Nanthilde, après avoir répudié Gomatrude en l'année 629. Le roi Jean, au xiv^ siècle, promettait encore ii Humbert, patriarche d'Alexandrie, de lui donner son manoir de Reuilly. De ce château, reconstruit au moyen-âge, les ruines ont été longtemps une cour des Miracles, repaire de la bohème. Rivière Dufresny, patronné par Colbert, y a créé, en 1634, la manufacture royale des glaces, qu'on retrouve transformée en quartier d'infanterie. Il restait néanmoins, derrière la manufacture, une maison de Reuilly, dans la petite rue, entre le cul-de-sac Siguéry et la rue de Charenton. La population de ce hameau suburbain était croissante avant même qu'une grande industrie s'y exploitât
, (1) Notice écrite en 1862. La rue qui est dédiée à Erard, facteur de pianos, s'appelait alors petite rue de Reuilly.