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Montmorency (maintenant le n° 8), qui se trouvait en regard de l'ancien grand hôtel du même nom, que Nicolas Fouquet avait occupé étant procureur général (maintenant le n" 5).
La belle maison qui porte le chiffre 28 sur la rue Michel-le- Comte et le 17 sur la rue Montmorency, fut construite pour Louis de la Pain, comte de Bouligneux, longtemps colonel du régiment de Limousin, lieutenant général des armées do France, qui périt au siège de Vérue le 14 décembre 1704. D'autres membres de la même famille gardèrent cet hôtel Bouligneux, dont l'écurie avait des stalles pour 18 chevaux. Puis les d'Halvil. sur le plan de Ledoux, en modifièrent toutes les dispositions du côté du jardin, où une entrée de gala, avec sa barre seigneuriale, se trouva remplacée par une colonnade qui ne se voit plus de la rue, mais quj sert encore de portique tout bonnement à une maison de commerce. Il régnait eu face un grand mur; les carmélites permirent d'y peindre un paysage pour ajouter une trompeuse perspective aux charmes de la galerie couverte. Un d'Halvil était maréchal d'Autriche, et un autre, colonel d'un régiment suisse en France, vers le milieu du xviii c siècle. Après celte famille encore arriva, dans le même hôtel, celle du prince Esterhazy, qui représentait la Hongrie au couronnement de l'empereur François H, en 179ii, et qui était ensuite ambassadeur d'Autriche à Naples. près du roi Murât.
<Jue de noblesse déjà pour une rue qui ne dédaigna pas de s'appeler Gourtauvilainl Tous les historiens rapportent qu'elle demanda, en 1708, par une supplique signée de ses habitants, à divorcer avec ce vilain nom, dont un meilleur parti avait été
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tiré au moyen âge par ses habitantes. La corruption des mœurs en cet endroit avait été autorisée par des ordonnances, qui en purgeaient d'autres quartiers ; la corruption du mot Coiir-aux- Vilains avait dû être la conséquence de l'autre. Les vilains n affluaient-ils pas dans cette rue, quand maîtres et garçons boulangers s'y présentaient à la barre du panetier, ou venaient y payer des droits? C'est entre la rue Beaubourg et la rue Saint- Martin que la notre n'a jamais changé de dénomination ; mais ses plus belles maisons toujours ont surgi dans l'autre moitié, qui avait déjà recommencé à se nommer Montmorency bien avant l'époque indiquée dans les ouvrages sur Paris. Trois curieux étaient cités dans le Livre commode, en 1691 et92 > avec indication de leur résidence dans la rue Montmorency, et non pas rue Courtauviiain : le comte de Vaux et M. de Crosy, et» qualité d'amateurs de médailles, et M. de Creil, comme amateur de curiosités en général. Ihice, moins de vingt ans après, vantait le cabinet d'antiquités de l'abbé Fauvel, chapelain du roi, en donnant son adresse à l'entrée de la rue Montmorency, et tout porte à croire qu'il sous-eutendait : ancien hôtel Montmorency. Gresset enfin, étant déjà l'auteurde ses chefs-d'œuvre, Vert-Ver l et le Méchant, logea pour quelque temps en la môme rue, et nous pensons que c'était n w 11, chez M me Thiroux d»* Lailly ou d'Arconville. M ,ne d'Arconville, femme d'un président, avait pour beau-frère M. Angran d'Alleray, lieutenant civil : elle publiait des livres qu'il y avait modestie de son fait à ne pas signer. Gresset, lorsqu'il était son hùte, avait le titre de poêle de Paris, qui se trouvait dans les attributions du prévôtdes marchands et dont le traitement s'élevait à 5,000 livres.
Digitiz
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Le cimetière Saint-Nicolas, qui comprenait une chapelle, avait été donné par les religieux de Saint-Martin-dcs- €hamps à l'église Saint-Nicolas*des-Champs. Un incendie, le 19 novembre 1853, dévora plusieurs des maisons élevées sur ancien cimetière, et les corps de plusieurs victimes mêlèrent soudain leurs cendres chaudes à des cendres longtemps refroidies. Une population ouvrière était jetée sur le pavé par ce lamentable sinistre; la charité avait beaucoup à faire pour réparer le mal, en ce qui n'était pas irréparable. Mais des spectacles se donnèrent au bénéfice des incendiés, et des souscriptions s'ouvrirent, notamment chez M. Detouche, le grand horloger de la rue Saint-Martin, qui fit tant et si bien que M. Arnaud- Jeanti, maire de l'arrondissement, versa au bureau de bienfaisance l'excédant du budget du feu. Le n° 34 en était quitte pour des réparations urgentes; mais les décombres fumaient à la place du 32, et autant on en pourrait dire de plusieurs maisons, rue Beaubourg.
RUE HICHER.
A l liotel des Menus-Plaisirs, rue du Faubourg-Poissonnière, le conservatoire de la danse avait sa place, ainsi que le gardemeuble de la couronne. Des garçons y battaient à tour de bras les fauteuils et les tapis de rechange, pour empêcher que les vers ne s'y missent; mais ils ne braquaient pas, contre un
autre genre d'ennemis, assez de souricières. Les élèves danseuses, quand elles quittaient la classe, marchaient encore sur la pointe du pied, afin de laisser moins de prise, en cas de rencontre, à quelque rat de la cour. Ce calembour doit être de Cicéri, qui demeura longtemps aux Menus-Plaisirs, comme peintre décorateur de l'Opéra, et qui sans doute y surprit les rapports primitifs des rats de la danse avec les véritables rats, auxquels ils doivent leursurnom. Aujourd'hui ceux-ei etcenxlà se font la chasse au magasin de décors de l'Opéra, 6, rue Richer.
La seconde porte qui vient après était franchie, en 1841, par les amis de Berton, lorsqu'ils rendaient visite à cet auteur de la musique d\4/j*ne, reine de Golconde. La famille Berton a produit plusieurs générations de compositeurs.
Le 18 était érigé, en 1793, par et pour l'architecte Damcsine, qui fit aussi le théâtre de la rue de la Victoire et le grand théâtre de Bruxelles. M. Ollivier y succéda à Damesme.
En 1809, M. Duval acquérait du [sieur Saint-Pierre une maisonnette que remplace le n° 1, passage Saulnier, habité encore par M mc veuve Duval. La même année, M me Chasseraud. était propriétaire du 34, rue Richer, petit hôtel datant de l'ancien régime. Nous serions tenté d'en attribuer l'origine à Jean- Charles Richer, écuyer, avocat au parlement, conseiller du roi, expéditionnaire en cour de Rora3, quartinicr aussi, puis échevinen 1780-82, de qui toutefois les Almanachs royau r marquaient la résidence rue des Pelits-Augustins.
Les fonts baptismaux sur lesquels cet échevin tenait la rue, étaient un éçout, par malheur, ou du moins la ruelle de l'Egout.
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Les jardins, les marais et le peu de constructions qui y donnaient en 1738 appartenaient à des propriétaires dont voici le tableau complet :
t£hii fa$ numéros impairs.
l.a préisidcnle tïillierl.
Ij>. marqais de SainMieorjres.
L'abbé Larcin r.
filière.
S.iulnier.
Briëre.
1^ héritiers lîoitryft.is.
1/lloVl-hieo.
Raoul.
ctoiê ik»s tmmiro:; ptiirs.
i Leclerc.
! lapine ou ses hoirs.
; S^qIdut.
j Les boira Tuussiet, .nvc Lachamlirc puni
locataire.
! L'abbesse de Monlni;irliv.
| Dru père..
' l^es Quinie-Vin>rts.
Hedan et Sanlnier.
)<et hoirs Hara».
Le» hoirs Cliquai .
Lanoix. ; (iiraril.
j l.aillou.
J' i: is.— Typ, Dtipray -te '<■-. M-J-r-rio, hmk>.tî«l Rohm -\<>n\ri|r, 1",*;.
Des rues Neuve-S«int-Denis, des Gravil'iers, du Poirier, du Renard, Sainte- Opportune, de l'Aiguillerie, de la Hucbette, du Petit-Pont, Ga lande, des Noyers, du 1-uiU-qui-Parle et des Poules.
Nnticéi historique*, entièrement inédit**, se rattachant à l'ouvrage intitulé :
PAR M. XJ5FETJVC
Monographies publiée* par livraisons séparas, arec une table df concordance et «ne
table alphabétique par série.