‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 43 sur 66 · RUE ET PLACE SAINTE-OPPORTUNE · texte numérisé non relu

RUE ET PLACE SAINTE-OPPORTUNE

Vendue nationalement le 2i novembre 1792, l'église Sainte-Opportune fut bientôt démolie. Des maisons la remplacent entre la rue de l'Aiguillerie, la place Sainte- Opportune et la rue du même nom, qui s'appelait aussi de l'Aiguillerie quand la principale porte de l'église y donnait. Était-ce assez de place pour une église royale, collégiale et paroissiale, avec sa tour festonnée de fleurs de lis? Pas trop; vous pouvez eu juger. Mais les paroissiens pauvres remplissaient le chœur, tandis que le service

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curial se faisait dans une chapelle, sur le côté méridional de la nef. Et puis, n'avait-on pas comme sous la main l'église des Saints-Innocents, dont le curé était nommé par le chapitre de Sainte-Opportune? Le jurisconsulte François Gonnan, élève de l'Italien Alciat, et que François I er avait fait maître des requêtes, reposait à Sainte- Opportune, au-dessous d'une épitaphe en vers latins, qui témoignait de la douleur de sa veuve. On ne remarquait pas moins un superbe candélabre, dont Charles-Quint, en passant à Paris, avait fait présent à l'église. P.us anciennement il y avait eu des recluses dans une loge qui dépendait du cloître, notamment Agnès du Rochier, fil e d'un gros marchand de la rue Thibautodé, qui, le 5 octobre 1403, s'y était enfermée volontairement, n'ayant que 18 ans, et qui, à 98, y était morte. A une époque encore plus reculée, Saiute-Opportune avait été un prieuré de filles^ L'église datait, comme oratoire, d'avant l'invasion des Normands; au siècle xm on l'avait rebâ'ie, et au siècle suivant érigée en paroisse. Ses deux bienfaiteurs principaux étaient Louis le Bègue et Louis le Gros.

-Il y avait aussi, en 12 >0, une maison à Simon d'Auxerre sur la place Sainte-Opportune; entre cette maison et l'église siégeait la justice du fief. Or, nous retrouvons sur la place les n 08 4 bis et 6, dont le plan de 1715 a tenu compte, c'est à n'en pas douter. De ces deux maisons la plus grande donnait à deux pas d'une porte latérale de l'église; elle a été probablement capitulaire et seigneuriale, par destination originaire ; ce qu'elle a conservé de

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mieux est voué en notre siècle au commerce du bouchon, <)e l'éponge et de l'amadou. Aussi bien la justice du cloître avait été transférée aux Porcherons, dès le xvi* siècle et peut-être avant, par « Messieurs les chefcier, chanoines et chapiire de l'église Madame Saincte Opportune, seigneurs de leurs grand et petit cloistres et anciennes appartenances d'iceux, du fief de Saint-Caran et Gocatrix, m parie des Porcherons et marais de Paris, à prendre depuis le pont Perria jusqu'au dessous de Ghaillot, et austres lieux. » Du petit cloître dépendait la rue ; du grand, la place, et on ne cessait pas encore d'y voir, sous Louis XIV, un pressoir banal à verjus, propriété domaniale. La chefcerie n'en é*ait pas moins propriétaire dans la rue des Fourreurs, et il en était de même du chapitre, dans la censive duquel il se trouvait des maisons situées en 16 rues de Paris, d'après le calcul de Sauvai.

Du temps de Henri III, sur ladite place, une maison séparée dudit n° fi par quatre maisons, tout au plus, appartenait à Benjamin Leriche, receveur taillon de la gendarmerie, lequel y venait après feu Blachivaille, commissaire examinateur au Châtelet. Cette propriété, sise à la pointe de la maison du Papegault, donnait sur le grand cloître, à l'angle d'une rue de la Tabletterie, et aboutissait par derrière à la maison des Rats, rue Saint-Denis. Une autre, qui faisait en ce cloître le coin de la rue des Fourreurs, dite alors de la Cordonnerie, était l'objet d'une reconnaissance passée au terrier de Sainte- Opportune par c Honorable homme Claude Richer, maître paticier et poullaier ,

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demeurant à Saint-Germain-dcs-Prez, au nom et comme tuteur des enfans de Robert Andry, maî're palicier, et de Jacqueline Berton, autrefois sa femme, à présent femme dudit Richer, tenant à GuillaumeJalliersurlarue,à Boutin sur le cloistre, et par derrière à Charles Andry. » Un siècle plus tard, l'enseigne du Papegault avait fait p'ace à celle de la Housse-de-Cheval, qui pendait à la porte de M Ue Antoinette Boursier, sage-femme ordinaire de la reine, veuve du docteur en médecine Robinet, tandis que l'ancienne maison de Blachivaille était à la veuve de Leroux de Clairfond, conseiller au bailliage d'Orléans. La rue Sainte- Opportune, qu'on a ouverte en 1836 entre la rue de la Féronnerie et la rue des Fourreurs, où commençait auparavant celle de l'Aiguillerie , garde la maison dont Boutin disposa , maintenant hôtel garni du Petit-Manteau-Bleu.

La place du Cloître-Sainte^Opportune, dont le nom n'a subi qu'une abréviation, était habitée par Mallet, agent de change et par Gibert, notaire, peu de temps avant la suppression de l'église. Le bureau des lingères s'y trouvait également, près la rue Courtalon, aliàs ruelle Sainte- Opportune, et ce n'était pas depuis peu, car il attenait déjà, sous la Régence, aux derrières de la maison de la Barbe-d'or, qui formait un des angles de ladite ruelle avec la rue Saint-Denis. Pour les maîtresses lingères le droit de réception s'élevait encore à 800 livres, vers la fin, et il avait été plus fort de la moitié sous le règne précédent. Sait-on môme pertinemment si cette gracieuse corpora-

tion ne siégeait pas au cloître Sainte-Opportune dès le milieu du xvir* siècle ? C'est justement l'époque où la

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