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lettres patentes du roi l'autorisant comme communauté et déterminant ses statuts. Tout amidonnier, avant de passer maître, n'avait que 2 ans d'apprentissage à faire; mais il ne pouvait s'établir que si le lieutenant de police, condition moins facile à remplir, ne lui refusait pas son agrément.
L'apprentissage d'un charpentier se prolongeait trois fois autant que celui d'un amidonnier, et quand il aspirait à la maîtrise, il servait pendant un trimestre chez un juré de sa corporation, puis le même temps chez un des anciens maîtres; après quoi, s'il en était jugé digne, il subissait l'épreuve du chef-d'œuvre, pour en finir, et versait à la caisse commune 1,400 ou 1,500 livres, droit de maîtrise dont n'était pas exempt un fils de maître. Les charpentiers jurés du roi exerçaient le privilège de l'estimation et du toisé des bois, ouvrés ou non, soumis à leur inspection obligatoire sur les ports et dans les chantiers. Un des articles du règlement de la communauté des charpentiers, dont le siège se trouvait également rue Galande, défendait aux compagnons d'enlever les copeaux sous peine de punition corporelle . Saint Joseph était le patron de cette compagnie, dont on attribuait la fondation au roi Charles Martel. Les maçons et les charpentiers avaient ouvert ou adopté, pour le service de leurs confréries, une chapelle Saint-Blaise-et-Saint-Louis, attenante à Saint- Julien-le-Pauvre. Cette chapelle, rebâtie en 1684, ne fut détruite que près d'un siècle plus tard, et alors on disait les messes de la communauté à la chapelle Saint-Yves,
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rue des Noyers, après les avoir célébrées quelque temps à Téglise des Carmes, place Maubert.
Avant la fin du règne de Louis XIV, le n° 36 appartenait à Durfort, un maître des comptes, et le suivant, qu'on appelait la Perle, aux sieurs procureur, doyen et suppôts de la na'ion de Picardie, qui avaient aliéné ladite maison sous Henri IV, mais qui, depuis peu rentrés en possession, y succédaient au théologien Bouvard de Fourqueux. La Perle, qui touchait, rue du Fouarre, à la sacristie de la chapelle et aux écoles de cette nation, était dési gnée sur le plan de 1715 sous cet autre nom : Saint- Nicolas, qui sous-entend, à notre sens : séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet.
La nation de France avait le Ghâteau-de-Vincennes ou de Bicêtre, à l'autre angle de la rue du Fouarre, ainsi que la maison voisine, à l'image de Saint-Julien. Ensuite venait le Grand-Écu-de-Normandie, à la nation de Normandie, dont le collège était rue du Fouarre, du côté opposé au collège de Picardie.
Deux anciens hôtels se révèlent un peu plus loin, n° 57. où l'on se reconnaît successeur de Gabrielle d'Estrées, et u° 65, où résidèrent pour sûr des Chàti.lon. Mais l'un des deux porta le nom de Lesseville pendant un siècle pour le moins, si un troisième hôtel n'a pas été jeié bas au bout de la rue, rang des numéros pairs. Deux frères Leclerc de Lesseville obtinrent du Saint-Siégc les dispenses nécessaires pour épouser deux sœurs, leurs cousines-germaines. L'un était Charles-Nicolas Leclere de Lesseville.
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baron d'Hauthon, seigneur de Saint-Leu et de Saint-Prix, conseiller au parlement de Paris, maître des requêtes, puis successivement intendant de Limoges, d'Auch et de Tours; l'autre demeura conseiller au parlement. Le premier cessa de vivre au beau milieu du xvur* siècle, en laissant trois enfants : Charles, président de la chambre des enquêtes au parlement; Anne, mariée à M. de l'Escalopier, intendant de Tours en dernier lieu, et puis une seconde fille, en religion aux Filles-Dieu. Mais ne citaiton pas déjà en 1691, à cause de son importance, la bibliothèque réunie par M. de Lesse ville, rue Galande ? Cet autre Charles Leclerc de Lesseville se qualifiait seigneur de Rubelles, Saint-Leu, Saint-Prix et autres lieux, et siégeait à la cour des aides; il avait épousé en premières noces Marguerite Prévost, fille d'un conseiller au grenier à sel, puis Anne Pallu, fille d'un fermier général. Les, deux frères cités tout à l'heure étaient enfants du premier lit.
Dernièrement, pendant que la cathédrale était l'objet de grandes réparations à l'intérieur, le chapitre de Notre- Dame officia à Saint-Julien-le-Pauvre; mais cette petite église, depuis longtemps, n'est plus que la chapelle de l'Hôtel-Dieu. Il paraît qu'elle doit son origine à un établissement hospitalier du vi* siècle/où logea saint Grégoire de Tours, en s'arrêtant de passage à Paris. La rue Galande aurait donc eu pour habitant l'historien de la première race des rois de France; malheureusement elle n'était tout au plus qu'un chemin, du vivant de l'évêque de Tours dont nous parlons.
La rue, dit-on, ne fut percée qu'en Tan 1202, sur la lisière du clos Mauvoisin, lequel y confinait au clos de Garlande, en dépendant de la seigneurie du même Aom. A cette date, en effet, le clos de Garlande fut donné en fief par l'abbé de Sainte-Geneviève à Mathieu de Montmorency et à sa femme. Mais la division ne s'était-elle pas jetée antérieurement dans le domaine seigneurial, et de faÇon à hâter l'ouverture de cette voie principale de communication, mitoyenne de deux clos primitivement distincts? Étienne de Garlande avait donné, dès 1118, une partie des vignes de Garlande pour la dotati«A de la chapelle Saint-Aignan, établie à Paris par les chanoines de Saint-Aignan, église d'Orléans, et le fait est que, dans la suite, on ne connut plus d'autre fief de Garlande, aliàs Ga^ande, que celui qui appartenait audit chapitre. Il est vrai que la fusion de leurs droits respectifs a pu résulter d'une alliance que les Montmorency ont contractée avec la famille de Garlande, qui occupait aussi, au XII e siècle, les premières charges du royaume. Anceau de Garlande fut sénéchal de France et premier ministre, sous Philippe 1 er et Louis le Gros; Etienne de Garlande, son frère, mourut évêque de Beauvais, en 1151, après avoir été iuimême sénéchal, chancelier et premier ministre pendant neuf années; enfin Anselme de Garlande, une quarantaine d'années après la mort de cet évêque, remplissait les fonctions de prévôt de Paris. Les chanoines de Saint- Aignan passèrent un accord avec les juifs, sous le règne de Louis IX. pour leur vendre conditionnellcment une mai-
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son et un terrain, où ils avaient alors la permission d'établir leur cimetière. Il ne se passa pas longtemps sans qu'on retirât cette autorisation; mais c'est précisément le cas a éatoire que le contrat de vente avait prévu, et le chapitre rentra dans tous ses droits.
Vers la fin du même siècle, presque tous les états se trouvaient exercés par la population de la rue Galande. Mais on y remarquait déjà des regrattiers, dont les^raditions industrieuses sont précieusement conservées, en ce temps-ci, chez autant de gargotiers. Rien ne s'y perd !