‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 3)Chapitre 49 sur 66 · RUE DES NOYERS · texte numérisé non relu

RUE DES NOYERS

« Un avocat en une ville, dit le proverbe, un noyer en une vigne, un pourceau dans un blé, une taupe dans xu\ pré, un sergent dans un bourg, c'est pour achever de toul gâter. » Or, près des vignes de Garlande il y avait plus d'un noyer; on en voyait une allée toute garnie, comme FHoheveg d'Interlaken, et ce double rang de noyers séparait, on ne peut mieux, le clos Brun eau du clos Garlande. Mais le moyen que la vigne en bordure ne souffrît pas d'un pareil voisinage ! L'air et le soleil y manquaient tour à tour. Aussi bien une rue, à la place de l'allée, amenait la vilie jusque là dès le règne de Philippe-Auguste :

puis à saint Yves, patron des avocats, une chapelle y fut dédiée, et même la dénomination de rue Saint-Yves prévalut au milieu du xiv* siècle, mais moins longtemps que ne dure un procès, sur !a dénomination héréditaire qui rappelait les deux rangées d'arbres. Noyers en vigne, puis avocats en vill«% quel surcroît de mauvais augure ! s'il faut en croire la sagesse des nations. Néanmoins, la cfiapelle, que la Révolution avait fermée au culte, n'a vu tomber ses quatre murs, avec l'aile droite de la rue des Noyers, que pour faire place au boulevard Saint- Germain, et l'ai e qui reste ne sera pas découpée : le boulevard nouveau se l'incorpore. Ainsi, l'allée d'avant Philippe-Auguste reparaît p us large et plus longue, mais sans changer de direction, après huit siècles de pavé sans verdure.

Il nous est donc encore loisible d'y reconnaître deux maisons séculaires qui ont appartenu au collège de Lisieux, en face de la rue dos Lavandières. Du même côté il y avait, sur la fin de l'ancien lé^ime, l'entrepôt général des cartes de la marine du roi, î-ous la direction de Desauche, et les trois dernières maisons, après 'esquelles venait la rue Saint -Jacques, étaient à Léonard, à Dubuisson, à Desprez, imprimeur.

Parmi les maisons, au contraire, que remp'ace le macadam du boulevard, nous en eussions signa é deux, situées près de la place Maubert; l'une et l'autre s'étaient partagé l'enseigne de la Pomme-de-Pin, qui nous paraît sentir le cabaret. Mais une autre adresse de ce genre, que donna pour

3i> U-:S ANCIFNM S MAISiiMS DK l'MO

la rue des Noyers le guide des amateur, en Tan 1692, était celle de Payen, traiteur, au Petit-Panier.

Page 1