RUE DU MONT-PARNASSE
Un poëte romantique piteusement effacé, qui habite le n° 1 1 de cette rue, est devenu le dispensateur, aussi infatigable que fatigant, d'une critique entièrement dépourvue de caractère; il n'a jamais été croyant, et il ne sera jamais penseur, bien qu'en sacristain qui raisonne, il sache, convenons-en, donner de l'eau bénite et convertir son goupillon immédiatement en férule. Par bonheur, on peut dire, malgré les deux manières de s'effacer déjà trouvées par ce M. Sainte-Beuve, que sa valeur réelle n'a pas changé.
Mais la transformation complète que paraissent avoir subie les idées d'un de ses voisins, M. Ducoux, qui donc n'étonnerait-elle pas? Il était purement démocrate et républicain à faire peur; le voilà toutefois qui exerce, comme
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fondateur et chef de la compagnie des voitures de place et de remise, un monopole sans pareil, en se moquant pas mal de la seule liberté connue en industrie, la concurrence! La charmante habitation de M. Ducoux, n° 23, doit l'ancien surnom d'hôtel des Cariatides à deux façades que . décorent principalement deux cariatides élevées sur leur piédestal et portant un entablement dorique. M. Parker y succédait, sous le premier empire, à un notaire, M. Picrron; mais le premier occupant avait été Benjamin Galau, peintre de la cour de Prusse, lequel fit de bons portraits, retrouva la cire punique et mourut à Berlin un peu plus que sexagénaire en 1785. Poyet n'avait donné que dix ans plus tôt le plan de la maison. L'ouverture de la rue avait été autorisée vers le même temps, à la requête et aux frais de Roussel, curé de Vaugirard, représenté par Morel, avec qui il avait traité: le prolongement de cette rue audelà du boulevard du Mont-Parnasse n'eut lieu, d'après MM. Lazare, que vers 1780 sur des terrains échus à PHôtel-Dicu ou à l'Hôpital-géncral, mais ayant dépendu de la ferme du Grand-Pressoir.
Le bouquet de la fin des travaux ne fut pas plutôt mis et arrosé à l'hôtel des Cariatides, que le comte d'Orliane fit jeter, presque en face, les fondements de l'hôtel du Silène, qu'il avait dessiné lui-même et que lui-môme il occupa. L'invocation du nourricier de Bacchns était justifiée par une statue et par des bas-reliefs. Le sénateur et comte de l'empire Dubois-Dubais, qui avait siégé à la Convention,
fut un des successeurs du comte d'Orliane, eu cet hôtel, ainsi qu'un des prédécesseurs de la marquise Christine Tridulzi, princesse de Belgiojoso, qui voyage, qui écrit, qui fait de la politique. Le collège Stanislas, pour s'agrandir, a depuis peu d'années acquis de la princesse l'ancienne maison du Silène, qui en formait deux pour le moins, tant sur la rue que sur le houle vard. Un portique à quatre colonnes y distingue le principal corps de bûtiment, celui qu'habita l'architecte.