RUE GRENIER-SUR-L'EAU
En Tannée 1 241 , quelques maisons groupées entre l'églis Saint-Gervais et la rivière ont été données aux templier par Garnier ou Gucrnier, nom propre dont le populaire fait ensuite par corruption Grenier, et, a cela près, la petite rue dans laquelle se trouvaient les maisons du donateur est restée sa filleule. Néanmoins on disait encore en 1257: rue André-sur-FEau. Elle figurait dans les comptes relevés de la taille, pour Tan 1391, sous le nom de Garnier- sur-l'Eau, et deux contribuables y étaient signalés, Jacob de Marcilli, Raulin Petit : le premier pour une maison « qui fust aux Nonne ardierre, depuis aux moines de Prully, depuis à Jacques Lenoblc, tenant à la maison du coin de ladicterue devers Seine; » le second, « d'auslrc part de ladicte rue, maison à apentis. »
Dans la même rue, au-dessus d'une porte, on a vu pendre un Cygne-percé-d'un-Dard, sous le règne de François I er . N'était-ce pas la flatterie plutôt que le hasard qui reproduisait cet emblème ? La reine Claude l'avait adopté, et il se profile en ronde-bosse, avec le chiffre couronné de cette princesse, avec Fherminc et le bouquet de lis qui rappellent aussi la candeur de son âme, sur des médaillons qu'on remarque depuis lors au château de Blois. A l'emblème royal s'attachait cette devise : Candidacandidis. Plusieurs savants vont encore nous reprocher de ne rien vouloir faire comme eux, qui donnent de ces deux mots une traduction bien différente de la nôtre. « Blanche, disent-ils, parmi les blanches, » et nous comprenons, quant à nous : le blanc sied aux candides.
En mars 1577, Henri III établissait par édit une communauté nouvelle des marchands de vin, dont les statuts ont été confirmés par Henri IV, Louis XIII et Louis XIV. Sous le dernier de ces rois, les marchands de vin eurent dans la rue Grcnier-sur-l'Eau le siège de leur corporation. Leurs gardes et maîtres jouissaient des mômes privilègesque ceux des six corps de marchands, et ils pouvaient remplir, par conséquent, les charges municipales et consulaires. Les armoiries qu'ils avaient obtenues en l'année 1029 comportaient principalement un navire à bannière de France, qui flottait entouré de six petites nefs, et une grappe de raisin en chef, sur champ d'azur. Au moment de la Révolution, le droit de réception ne s'élevait plus qu'à
SOUS NAPOLÉON III. :i
000 livres, et le brevet d'apprentissage à 12 : le bureau se trouvait alors rue de la Poterie.
Vers le môme temps était propriétaire un serrurier qui s'appelait Prévost, à l'un des coins de la rue Geoffroy-l' Asmer, et deux maisons qui se touchaient, du môme côté de la rue Grcnier-sur-l'Eau, mais au milieu, appartenaient a Tristant, colonel au régiment de Boulonnois.
En cette ruelle du xiu c siècle, coupée en deux par la rue du Pont-Louis-Philippe et qu'un nouvel alignement appelle à devenir presque aussi large que longue, la moitié des souvenirs que nous venons d'évoquer s'appliquent à des maisons encore debout- Des écoles municipales de .garçons et de filles ne sont que depuis 1830 au n" 2, antérieurement occupé par les sœurs qui tiennent d'autres écoles rue du Fauconnier.