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RUES DE LANCRY ET GRANGE-AUX-BELLES

La me de l.nncry à l'ase de treize an*. — I*e théiWre de l'Ectnae. — I.c Vaiixhnll. — l.a Mairie et le» Relie». — I,e Murai* et la frange. — I.u confrérie de» Jardiniers. — B,a ceiwhc de galuie-Vpporiuae.

filaient propriétaires dans la rue de Lancry, tout au commencement de la Révolution :

(Saucljc

Droite

Lécluse,aucoin de la rue de Bondy.

Le premier président.

Lancry.

M me tferrand.

Lancry, 'au coin de la rue Suint-

Idem, au coin de la rue Saint Nicolas.

Lancry, tenant par derrière au curé de Téglise Saint- Laurent et à Lefebvre deCaumortin.

Lancry, au coin delà rue de Bondy.

Moreau, autre angle de ladite rue.

Nicolas.

Hioite, autre angle de ladite rue.

Lancry .

Goupy.

Lavieille.

Lancry.

Le cur^ do l'é^isa Saint-Laurent,

Borneaux, au coin de la rue des Marais et tenant par derrière au curé de Saint-Laurent.

au coin do la rue des Marais.

Lécluse, que sous l'ancien régime on appelait sieur de l'Écluse, avait été directeur de spectacle, et sa salle, d'une dimension restreinte, avait pris la place d'une caserne de gardes-françaises, à l'encoignure de la rue de Bondy. M. Girault de Saint-Fargeau, que nous nous reprochons d'avoir trop peu cité, écrivait en 1845 : « A côté du théâtre deTorréun sieur de l'Écluse fit hâtir, en 1779, un petit théâtre en bois, qui ouvrit le 12 avril par le Jugement de Paris, et auquel l'Écluse donna le nom de Théâtre des Variétés amusantes. Plus tard ce théâtre ne put se soutenir et fut démoli. Vers 1789 de nouveaux administrateurs firent reconstruire une jolie salle, petite et commode, qui reçut le nom de Théâtre français, comique et lyrique : on y jouait la comédie, l'opéra et des drames, dont quelques-uns obtinrent du succès ; mais sa destinée était d'attirer la foule par de grandes niaiseries : Les battus payent V amende, où le célèbre Volanges jouait Jeannct, curent un succès prodigieux. Beffroy de Rigny, plus connu

28 LLb AiNCi^NiNES MAISONS Dii PAlUS

sous le nom du cousin Jacques, y fit représenter Nicodènie flans la Lime, qui eut, de 1790 à 1793, trois cent-soixante représentations ; ce fut Juillet, devenu depuis une des gloires de l' Opéra-Comique, qui créa le rôle de Nicodème. Vers 1795 ou 1796 ce théâtre prit le nom de Théâtre des jeunes artistes. Désaugiers y débuta et y donna ses premières pièces, et Lepeintre aîné, aujourd'hui un de nos meilleurs comédiens, s'y fit remarquer dans les rôles d'Arlequin. Parmi les autres comédiens qui depuis se rirent un nom, nous citerons encore Monrose, Lepeintre jeune, Lafont, notre célèbre violoniste, qui débuta dans le rôle de Rose d'amour, M me Toly, M mo Vautrin, M Uo Galathée, M. Elomire, etc., etc. Martahiville y fit jouer les Assemblées primaires et le Concert de laïque Feydeau, et Brazier y fit représenter Caroline de Lichtfield et la Jardinière de Vincennes. Le théâtre des Jeunes- Artistes fut supprimé par le décret du 9 août 1807, et transformé en une maison particulière, où sont établis aujourd'hui les ateliers de M. Jecker, fabricant d'instruments de mathématiques. »

Les sieurs Lancry et Lollot avaient été autorisés, par des lettres-patentes en date du 22 novembre 1776, à ouvrir une rue nouvelle entre la rue deBondy et celle Saint- Nicolas, présentement du Ghâteau-d'Eau. Un hôtel, à l'angle de celle-ci, était debout l'année suivante, et Lancry à peine installé dans cet hôtel, obtenait le droit de prolonger sa rue jusqu'à la rue des Marais. Pourtant onn'y omptait encore, en 1789, que quatre maisons, ou guère

plus : une à Goupy, une à Moreau, le théâtre de Lécluse et l'hôtel du patron de la rue, qui n'a été jeté bas qu'en 1860 ou 1861.

Le premier président, qui avait du terrain près du théâtre, était M. d'Aligre; son hôtel ouvrait rue de Bondy. Le terrain du curé de Saint-Laurent ne donnait que par une pointe sur la rue de Lancry, au bout, même côté ; mais il s'étendait par derrière entre la rue des Marais et la rue Saint-Nicolas. De l'autre côté, Lancry avait acquis l'ancien emplacement du Vauxhall, sur lequel avait été prise la première moitié de la rue elle-même : Lancry y tenait par derrière, et sur la rue de Bondy, à la famille de Saint- Gontest, laquelle avait là son hôtel, et par derrière également, mais près de la rue Saint-Nicolas, au marquis de Villcrs.

L'artificier Torré avait fondé, en 1761, dans la rue de Bondy, son Vauxhall, qui était d'abord un théâtre de pantomime, où la pyrotechnie jouait un rôle capital, notamment dans cette pièce : les Forges de Vuïcain. On avait bientôt permis à Terré d'y donner des fêtes foraines, dans lesquelles se jouaient des farces et se chantaient des ariettes. L# chanson et la danse étant de bon conseil, tous les plaisirs ne finissaient pas là. Les rendez-vous bourgeois, comme disaient nos pères, suivaient de prè la plupart des rencontres qu'on avait faites au Vauxhall, où l'intérêt ne disputait pas toujours à l'amour une proie de bonne volonté. En 1769, les dispositions de l'établissement furent modi-

fiées par une reconstruction, et c'est probablement alors qu'il changea de maître et de place. Nous croyons qu'il était déjà dans la rue Samson, à main gauche, entre les rues Saint-Nicolas et des Marais, quand on le qualifia Vauxhall d'été. Les Fêtes de Tempe y avaient de la vogue en- 1782. Une salle de bal, qui n'afliclie actuellement ni autant d'ambition ni autant de littérature, se trouve dans la rue de la Douane, qui continue la rue Samson; mais c'est au moins la quatrième étape d'un voyage en zigzag autour du Château-d'Eau, pour le Vauxhall, qui donnait à danser précédemment boulevard Saint-Martin, 13.

A la rue de Lancry faisait suite le chemin de la Grangeaux-Bclles, érigé en rue du môme nom l'an 1783, entre les rues des Marais et des Récollets. La mairie du V arrondissement y siégeait au moment de la Restauration. Nombre de belles n'en continuaient pas moins à contracter tout simplement des mariages de grange, surtout dans la rue de Lancry, qui devait à la proximité des théâtres du boulevard sa population prédominante d'auteurs dramatiques et d'acteurs, d'actrices et d'ouvreuses de loges. On y a môme vu, n° 33, un théâtre d'élèves, ayant reçu d'un peintre en bâtiment sa dénomination de salle Génard. Puis cette rue s'est prolongée, en 1852, aux dépens de la rue Grange-aux-Belles, qui depuis lors la continue toujours, mais plus haut, c'est-à-dire depuis le quai Jemmapes jusqu'à la ci-devant barrière du Combat, eu absorbant l'ancienne rue de l'Hôpital-Saint-Louis.

SOUS iNAPOLÉCOî Ml

Au lieu dit Grange-aux-Pelles, puis Grange-aux-JSelles par enjolivement, trois arpents et un tierceau de marais appartenaieiï l en 1 7 14 à damoiselle Anne de la Londe, veuve de Jcan-Eustache Taitbout, conseiller du roi, juge au Chatelet ; à Marie- Anne-Elisabeth Taitbout-, veuve de Gopineau, procureur au parlement, et à Jean-Eustache Taitbout, mineur sous la tutelle de Jean-Etienne Taitbout.

D'autres quartiers de terre au môme endroit avaient, quelque trente ans ans auparavant, des tenants et aboutissants que nous allons faire connaître, en môme temps que les propriétaires. Denis de Mauroy, écuyer, seigneur de la Madeleine : un marais tenant d'une part ù Philippe Lcvesquc, d'autre part à une ruelle menant a l'hôpital Saint-Louis, et d'un bout à Michel Frcmyn, trésorier de France, d'autre bout à une ruelle conduisant à la rue de Caréme-Prenant, plus anciennement appelée les Fossés-dc- Sainte-Opportune et plus récemment rue Bichat.Le mOme, comme héritier de son frère, Antoine de Mauroy, abbé de Saint- Vincent à Bourg-sur-Mer : marais tenant d'une part aux hoirs de Fiacre Legrand, d'autre part à la fabrique de Saint-Nicolas-des-Champs, d'un bout à Jean Gobret, d'autre bout à la grande ruelle des Marais. La confrérie de Saint-Fiacre, établie en l'église Saint-Nicolas-des-Champs : un quartier de marais tenant à Boyvin, avocat, à Lebret, mari de Geneviève .Convin, aux héritiers de Jacques Himct,à Tourct; aboutissant à la fabrique Saint-Nicolas d'un côté et aux fossés de Sainte -Opportune de l'autre côté.

Les. ja/diniers en charge do la confrérie de Saint-Fiacre, au printemps de Tannée,! 685, étaient Martin Hemery, maître jardinier-fleuriste, rue et faubourg Saint-Victor, vis-à-vis TabLaye ; Jacques Legendre, ici., au faubourg Saint- Antoine ; Laurent de la Chambre, id., chemin des Poissonniers, proche la Nouvelle-France, et Jean Gloud, id., à la porte Gaillon, proche la Ville -TE vOque. Le maître jardinier Pierre Giroust avait légué à cette confrérie ledit marais, sis sur le terroir de la Courtille, au lieu dit la Grange-au-Pelé ou aux Pellées, et la délivrance du legs, faite par Isabeau, veuve du testateur, datait de Pan 1477.

Or, on a appelé pelée une mesure de bois mort. Mais pellèe est maintenant encore la forme la plus correcte, bien que la moins usitée, des mots pelletée et pcllerêe. Nous pensons donc, sans en être bien sûr, que lors de la f formation des fossés dits ceinture de Sainte-Opportune, ou bien lors do la formation de Pégout longeant la rue Saint-Nicolas, la terre déblayée, les gravois et les pelles furent Pobjet d'un dépôt, dans une grange située entre lesdits fossés et ledit égout. Cette grange aux Pellées et aux Pelles devait être établie tout près de l'impasse Sainte- Opportune, qui se trouve maintenant rue de Lancry, et elle était certainement placée, avec ses dépendances, dans la censive du chapitre de Sainte-Opportune.

1 ,vi< — \ \ k Jj i: |>rn y «.'*> i.i Mahéiie, i nilevurd Donne-Nouvelle, 2U.— 1100.

Des mes Poliveau, du Puits-de-l'Ermite,'Triperet, Gracieuse, de l'Épée-de— Bois, Neuve-Saint-Médard, des Marmousets, de la Truanderie, Pirouette, et de l'impasse des Peintres.

Notices historiques, se rattachant au recueil intitulé:

PAR M. LEFEUVE

10* et dernière livraison de la série : Do la rao des Postes à l' impasse

îles Peintres.

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