‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 2 sur 85 · RUE DE BOURGOGNE · texte numérisé non relu

RUE DE BOURGOGNE

i<e due do BoargOg^e. — Adrienne liecouvrear. — •ainte-Talère. — Xe 4#.-0«diii«i«-^M-« de WitaémmwL-'MM oMetm. - MtoUèM.-'JlolT*

Louis^ duc de Bourgogne, fils du. Dauphin, natt à Versailles en l'année où la flotte de son grand-père Louis XIV, qui n-a pas encore dit : H n'y a plus de Pyrénées ^ prélude, en bombardant Alger, aux conquêtes destinées à faire dansr la suite un lac français de la Méditerranée. Ce prince, élève de Fénelon, a déjà vingt-cinq ans, il est marié, il a des fils, quand le roi, en 1 707, ordonne Touverture de la rue de Bourgogne entre la rue de Varennes et le quai de la Grenouillère, bientôt d'Orsay, sur remplacement des filles de Saint-Joseph en partie et du Pré-aux-Ctercs, La mort du Dauphin rend le duc de Bourgogne héritier présomptif «de la couronne, en l'an 1711 ; mais il succombe lui-même. Tannée suivante, à une sorte d'épidémie princière, comme ta fotalité veut qu'il s^en déclare quelquefois dans les familles ordinaires, et qui, six jours avant, vingt jours plus tard, frappe de deu^ autres coups mortels l'auguste race, sans épuiser toutefois le sang royal. Sous le Régent, on songe à prolonger la rue de Bourgogne jusqu'à la rue Plu- Bdet; seulement le projet en est abandonné apurés commenœment d'exécution. Louis-Joseph de Bourbon, prince de Condé, est autorisé, en* 177&, à changer quelque peu la direction de la partie de cette voie publique comprise entre les rues de l'Universitéet Saint-Dotninique, pour former

f LES ANCIENNES MAISONS OË PARIS

devant son palais une ptMQ dQpt-^ircubiirei mais ^ entre Jes deux rues susdites^ des constructions régulières .ne s'élèvent qu'à la seconde rentrée de Louis XYIII^ pour mieux ftttrè cortège à lai piace« Il s'en faut toutefois qiie le palais atty dès son origine, le même aspect qu'à notre ^oque* Deux pavillons à l'italienne le précèdent du côté du pont^ qui, d'abord, porte lé noiB de Louis XYI, et son emplace* me&t, avant que le prinee ait décoré d'ua magnifique vestibule cette frontière du faubourg Saint-Germain, a été un dessert miarécageux , tout au plus occupé par des chantiers à l'époque où le quai n'était encore qu'une berge. Par une nuit bien silencieuse, lorsque déjà Louis XV gouvernait par kii*méme, M. de Laubinière y a mis pied à terre, en sortant-d'uif carrosse de louage, suivi d'une voiture de même sorte. Trois hommes , par ses ordres, ont creusé furtive- < ment une fosse sur ce terrain humide, et un cadavre dans sa bière a été inhumé en toute hâte, comme pour cacher un crime, à une portée de mousquet de la rivière. Tels ont été les seuls devoirs suprêmes rendus par un âmi à Adrienne Lecouvreur, grande actrice, dont la fin tragique, outre qu'elle était l'œuvre du poison, a eu l'intolérance religieuse pour apothéose. Languet dé Gergy , curé de Sainte Sulpice, avait réfusé rentrée de l'église et jusqu'à celle du cimetière au corps d' Adrienne Lecouvreur; le préjugé centre les comédtet)s était alors en Friance dans toute sa force, bien qué> vers le même tenops, Olfieds, célèl»'e actrice

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de PÂngleterre , fèt éntenrée à WeistftiiDSter avec les rois. Aussi bien toute la rue de Bècirgogue, jusqu'au point ou la rue de Greoelte la traîrersey n'est encore bordée en 4739 que de murs de jardins et de bâtiments en aile y le tout appartenant aux h6tels des rues qui la croisent. Â gauche^ au eoiîr de la rue Saint-Dominique y se présente alors le revers de l'hôtel de Broglîe, et aujourd'hui encore le S1> qu't)n a refait il y a deux ans, dépend de l'hôtel du comte d^ilaassonviile, gendre du duc de Broglie; aussi bien M"** la duchesse de Valmy dispose maintenant, sous la rubrique des n*^* 31, 33 et 35, d'vne fraction de prppriété, et Tare de ce segment est son jardin comme la rue en est là corde. Le 214 ne comporte encore, lors des trois journées de juillet, que les communs de Thôtel de Périgord, qui ouvre rue Saint-Dominiqué ; mais l'église Sainte- Valère est expulsée, même rue, du territoire qu'elle occupe, et dès lors M. le duc de Périgord cède, moyennant un loyer, à la Ville de quoi la transférer rue de Bourgogne. Depuis que Sainte^Clotilde est ouverte aux fidèles, Sainte-Valère n'a plus de raison d'être, et M. le ctiré paie lui*-méme 5,000 francs de rente à M. de Périgord pour avoir dans l'ancienne église la chapelle du catéchisme de Sainte-Clotilde et la maison de secours des sœurs de charité. Sur le plan de Turgot on ne distingue en rien les n""- 30 et 3SI actuels,: qui sont de construction pareille et qui (^latent de peu d'àîmées après rétablissement de ce même plan

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(4739) ; mo reTancke, on y frouve^ à dmixdefi angles de la rue de Grenelle, un pan de Thôtel de SeoB, un c6té du cou* vent des Carmélites. Les 47 et 49 tiennent ei^core à rhôtel de M™Ma ducbeese de Duras. Le 53^ ni plus, ni j»oins, est à son origine une dépendance d^hôtel voisip; Mais nous voici entré dans la partie de la rue de Bourgogne, entre les rues de Grenelle et de Varennes, déjà illustrée de maisons sur le plan en relief dressé par Tordre de Tur^ot^

Ainsi le n"" 40 était vendu, dès* 1719, par Du Tillet à François Mondiard^ directeur de la Compagnie des Indes^ puis passait à son fils unique, écuyer, secrétaire du roi^ receveur général des finances en Champagne, qui cédait en 1773 à Yilleminot terrain et constructions, lesquels, à cette époque, mesuraient 496 tœses. Quatre ans ensuite^ te comte d'Antzy, propriétaire de Thôtel voisin, acquérait une partie de ladite pro{»îété, teniant par derrière à l'hôtel du Gbàtelet. Enfin, le 1 i fructidor, peu de temps après la ohute et Texécution de Rc^espierre, l'explosion de la poudrière de Grenelle vint faire croire, pour un moment^ à la résurrection volcanique de ce dictateur, et ce fut une se^ cousse immense des deux manières pour tous les habitants 4e la maison portant alors le n^ 1 471 , et que la veuve de Yilleminot transporta en Tan v au citoyen f^éron, dont la famille est encore propriétcÉreu .

Après cela, voulez-vous voir l'ancien hôtel du comte d'Antzy? frappez n"" 44. :L!adjudieation par l!administra-

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tîon cei^raie du département de la Seine en a en lieti le iT^iaVièse sm vu, au profit des trois frères Trabuchy et deQuinette; ce dernier, qui n'était en tSOS que préfet de I&Soœme, a eu pour acheteur, le 16 avril, ce général oomte Oudinot qui avait soutenu à Friediand, avec lOyOOO^greûadîers, le choc de 80,000 Russes. Depuis cette jouraée, qui avait déddé de la paix de Tilsitt, l'Empereur avait inscrit lé nom du général sur la liste de ceux auxquels il accordait 100,000 fr. pour acheter un hôtel et 100,000 fr. sur le grand-fivre : FintentioD de Napoléon était de leur créer un fief inaliénable dit majorât. On sait que la valeur bien réfléchie de celui que Wagram fit bientôt maréchal d^Ëmpire, duc de Reggio, fiit avant tout amie de l'ordre public; la maréchale Oudinot, néedeCoucy, pâma sous la Restauration dame d'honneur de la duchesse de Berri. Le génial, fils du duc de Reggio, habite l'hôtel de son illustre père, dont Tarchitecture se rapporte à celle du numéro suivant, bien que, du côté du jardin, elle devienne différente et l'emporte par la majesté. Le 46 est occupé par une duckesse vénérable. M""- de Fitzjames, née Ghoi* seul/ qui a/ planté on cèdre du Liban dans le jardin de rhôtei^ .^a»t jeune : cet surbre toujours vert ne tardera pas k être octogénaire. De cette f^ropriété-mère, fondée par le duc de Prastin, s'est détachée sans doute la résidence qui préoède.

Un^îi^^Uerant quartier de gardes-frsmçaises se trouve au

57 ; ses murs épais se son^ prônés aux modifications qui en ont fait une de ces ruches dont le miel se butine piur terims de loyers ; seulement, pendant qu'on réparait, un jeune cheval anglais qui pjaffait dans une écurie a mis à découvert la bouche d'un puits profond, depuis fort longtemps supprimé, et il a fallu procéder au sauvetage du noble animaK Le 48 a été édiSé sous le règne de Louis XYI^ pour le compte des hospices; une pension s'y établit pendant la République; la duchesse de Damas y résidait sous la Restauration-, la famille de M. le comte de Fermon Ta acheté en <82!8.

Pë^ssons à une simple transmission orale d'âge en âge^ que nous serions fort empêché d'expliquer plus rationnellement. On dit que Molière a joué la comédie, étant jeune homme, dans une petite salle antérieure de soixante-dix anç à l'ouverture de la rue, et qui était placée où se trouve présentement le n^ 50. De croire qu'on ait pris la licence de confondre le théâtre de l'hôtel de Bourgogne avec celui auquel la tradition fait allusion, le moyen! La bévue ne serait^elle p^s trop forte? Il se peut parfaitement qu'un des seigneurs élevés comme Poquelin chez les jésuites ait eu sa petite maison dans ces parages ^ et notamnient Arraahd de Bourbon, prince de Conti, son camarade de classe. Le cardinal de Richelieu avait déjà mis à la mode le goût des spectacles à Paris, qui était plein de théâtres particuliers, où l'on jouait RotroU| Desmàréts,

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Corneille et Scudérî, lorsque Poquelin, en 1641, suivit Couîs XIII à Narbonne comme valet de chambre-tapissier, remplaçant son père. Avant de prendre le nom de Molière, Poquelîn revint dans la grande ville; il réunit plusieurs jeunes gens avec lesquels il jouait la comédie de société. Bientôt cette compagnie nouvelle éclipsa toutes les autres troupes d'amateurs et fut dite Vllltistre théâtre. C'est pour sûr à cette époque-là que se rapporte Von dît traditionnel dont nous parlons. Jean Joly, secrétaire des conimandements du prince de Condé, a fait bâtir en 1 772 les n" 50 et 52, en même temps qu'on élevait le Palais-Bourbon, et cette simultanéité porta ensuite les malveillants à croire que les matériaux de son hôtel, touchant aux écuries de la reine, lui étaient revenus à bon compte. Un joaillier fort connu, M. Halphen, a possédé l'un et l'autre de ces immeubles; mais le 50 avait été par excellence l'hôtel Joly, et Tautre, qu'avait d'abord occupé une partie de la maison de Marie-Antoinette, est de nos jours à M"* deNonjon. La petite porte du 58, hôtel de Thionville, est franchie, depuis plus d'un demi-siècle, par des étrangers. Quant au 71 , son aspect a changé sous la dernière république; la première avait vu en lui deux propriétés bien distinctes. Citez-moi une couple d'amîs qui puisse dire, de nos jours, avec autant de vraisemblance :

Nanc duo concordes anima moriemur in unà!

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