RUE CHABANAIS
Ke nnHNiiiitf de €lMib«ii*l» — 9V« Belé^ltuie. — Ei» céaérAl IM0eMi« — ChéHler. — M^Aw—mt, — Pidiesni.
L'ouverture de la me remonte à la première année du règne de Louis XVI^ sur le» terrains de l'hôtel de Saint- Pouange et aux frais de Claude- Théophile- Giibeii; de Colbert, marq«iis de Chabanais et fils du maréchal-decamp, qui disposait de cet bétel : les Saint-P6uange étaient des Colbert. Cette me fw^mait d'abord rectangle pour rejoindre la rue Sainte-Anne ; mais les propriétaires riverains se cotisèrent en 1 838, et obtinrent après souscription pour s«bv^ir à la dépense, qu'elle fût prok^ngée jusqu'à la place Loiivois; de réquerre primitive se détacha alors la- rue Chéri^ipi, entre les rues Chabanais et Sainte-Anne. Sur le premier tracé avaient été élevées des maisons qui, pour la plupart, ont conservé intacts leur physionomie identique, leur entresol à ouvertures arquées, l'exîgatté sombre de i^
leur cour, car le jour et la place pour chacune d'elles ont été mesurés .avec harmonie, mais épargne. Deux architectes entrepreneurs, Delécluze et Périac, les ont construites presque toutes ; mais ils n'ont pas tardé à les revendre, en ne s'en réservant que quatre ; Périac avait gardé l'immeuble n** 1 de la rue Chérubini actuelle, et puis un autre ; à Delécluze étaient écjius les n"*' 1 et 4, du côté de la rue Neuve-des- Petits -Champs. Puis vint la République, et non contente de restreindre les revenus fonciers de ce dernier, elle écourta son nom d'une syllabe, à cause de sa fortuite ressemblance avec la particule nobiliaire, en ce temps-là tant décriée, et sur l'autel de la patrie le citoyen Lécluse déposa , sans faire résistance, cette partie intégrante de son nom qu'il avait portée, sans orgueil. Mais quand tout commença^ choses et gens, à se compter, des actes d'état civil et autresse trouvèrent entachés d'un cas de nullité ; il fallut un procès pour établir l'identité légale des Delécluse et des Lécluze. Le fils de l'architecte de la rue Chabanais, né au nM , est un des collaborateurs les plus actifs du Journal des"^ Débats.
D'en face, n*" 2, est parti dès le premier mot de La Patrie est en danger, un soldat qu'arrachait la première réquisition. auX embrassements de son père, ci-devant colonel, et de sa sœur , jolie même dans les larmes ; plus tard, ce simple soldat était le général, vicomte ou chevalier de Dijon, car les deux fils du comte ont porté les mêmes épau.lettes sous l'Empire, etpmPi SOWe U Re^stauration. ,1\!ôrie-Joseph Ché-
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nier, rédacteur du Mercure) lors du second mariage de l'empereur, fréquentait la même maison, où demeurait sa maîtresse, qui n'était plus alors M""* Vestris ; du moins, la dernière muse du tribun -poëte était beaucoup trop grasse pour qu'on la soupçonnât d'avoir dansé dans Bacchus et Ariane. Son appartement, au surplus, n'a pas tardé à recevoir la visite de cent et un écrivains bien connus : Ladvocat y a installé le siège de sa librairie. Cet éditeur du Livre des Cent et un et de mille et un autres livres , dîna plusieurs fois aux Tuileries, comme colonel d'une légion de la garde nationale, dans les premières semaines qui suivirent la révolution de Juillet ; cette qualité même le fit admettre un jour à la table du nouveau roi, auquel il proposa, entre la poire et le fromage, de prêter 500,000 fr. dans sa personne, à la littérature, dont l'élan était entravé par les progrès de l'esprit constitutionnel • A partir de ce jour, Louis-Philippe chargea un général, le baron Atthalin, de faire tout seul les honneurs du couvert, même aux officiers supérieurs. Ladvocat s'einbarqua de nouveau, navigateur infatigable, çt il refit, sans subvention, le tour du mondQ littéraire sublunaire ; sa boussole d'éditeur, qu'alimentait le génie des grandes entreprises et des explorations dans toutes les latitudes, ne lui fit pas découvrir la fortune ; mais jusqu'au bout il eut le pied marin, en dépit des écueils où son navire échoua plus d'une fois. Sans les ris-ques et périls courus par Ladvocat et compagnie, où en
seraient donc les expériences de la jeune école de son tdmps? Comme librake^ Ladvocat a innrenté Tarantpropos ea chiffres/ indiquant soit le prix enflé. do: manuscrit, soît le capital énorme d'une société es commandite, le to«t poar ajouter à Temphase de ces prospec*tus, qu'a fait crever et (Mpa^sée l'iBSÔniiante, lapateline , la réitérative réclame^ Par T influencé; de son esprit et (teBa persévérance^ il a recruté toujours des prosélyt^y des flatteurs et des admirateurs, toujours impatients d'ai^audir, ju^ue param sest^ecéanciers , désespérant d'un dividemle. Comme homauev î^ sr?est fait adorer avec une rare per»év6rance, jusqa'àl'âge où les cheveux blancs tombent, jusqu'au dernier jam; .de. sa vie^ par uaie maîtresse couturière à la mode; lors4|a'il net^trcmvait plus un louis à emprunter po«r baseaii2xmillloos qu'il rêvait, elle réhabili tait i'homme taré, en le disant caissier de sa maison qui prospérait* Ges^letâ> de velours vertv grenat ou noir, qu'il portait constam^ieDit, ne se tailiaîest^iJs pas un: peu dans les robes destinées à des princesses, étrangères ? Alors les morceaux en sont bons et ne ^ressemblent pfais-àxesimaculatures^ dont les 'éditeurs ne fottft rien.
La maison/ Lad voecut eut avtôsi pour locataire M. Huvé, architecte d&;la I!ifadelein^
C'est au n*^. il de laruetdontnoiss^vous parlons q«e le général Pichâgra fut arrêté, deux mois et quelques jours avant que 1^ premier consul fut proclamé empereur.
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HUE DE aUILLOT.
I^^ABCieB CliAillot« — IiA croix BoÎMière* — ILMt pewu&^mm. — Théaulon. — XiC» nM Mii— wM ra. -^ iM ewre. -r Petft, -eidnirctaib -n M. et m'^ €•• chin. — M. et IW^ de Tlemae* » De Bore. — I^e séMéml Wimpp et le C** de Tilleutreytf. — I^'éirèqae et le mercier. — «««-Périne. ^ Barrmm. - lu» général GaUlcminet — M»* Mêlé. — .]M»« de MarlMMiff. - I«e C* de CheiMttl-Cbeaflierk — M. «mile de Girarditt. — Xe «18.
I/e viUage de ChaMlatiâ étédédarét faubmirg de Paris^ bous ieiioH\ âe«&iftb€)ui^ de te Gonféj^Bce en <t65d., et cm^pris dans l'eaceiaterwbaiAe en 1786. La seîgnrarie <de ce nom avait lut retour à la leouronne âo«s Louis XI i ce roi en avait disposé en favienr de Philippe ;de Gomiaes^ bien avant ifu^elie ftftMàt AUX dames du OMmastère :t»Qytat de la Visita-, tion ; le maFéekai de Bassomf^erre^ pofidCMfleiar du château de Chaillot^ l'avait habité sous Louis XIII, et y avait brûié^ le JH lévrier 4^31, 6^060 billets doux, tet4fes de cité bien suffisantes pour éri^ruobourg^n quartier. de ville. Seulement i^uaifurs domaines nobles oiifiefe «^étaient greffés sur Tarbre séignomial, djont les racBeaux de diverse pousse s'^endaieat fiur te territoire 4u village. La grande rue de Chaillot coBqytait.âSlO feux, en Tan 1769; le plus gros de cette population se composait de biaiidlîfiseiitrs ^t de maraîchers, dii côté dek rivière de Seioe, et de vériteèles vignerotts et labauMors, ifame ia partie haute flufo^bourg ; toiittfois la* lûdtieurè bourgeoisie ne tatafai ffts à>s'y taiU^,
comme en plein drap, de beHes propriétés, ainsi que nous allons le prouver. Parmi les habitants notables de Chaillot à différentes époques, dont nous ne saurions désigner la maison, citons seulement le président Jeannin, l'historien Mézerai, Bailly, maire de Paris, le jurisconsulte Treilhard.
Rue qui mérite d'être considérée comme suflSsamment stationnaire ! puisque ses numéros, depuis la fin de TEmpire, n'ont presque pas changé. Mais sous la République et sous Louis XVI, Tordre numéral des maisons ,y commençait en sens inverse, du côté des Champs-Elysées, Par conséquent, près de la croix Boissière^ qui se dressait à Tangle de la rue des BataiUes, finissait la même rie en pente qui, d^uis lors, descend au lieu dç monter. Rien d'illogique, d'ailleurs, à ce que la source coule de plus haut que l'embouchure!
Interroger le n** 1, qui n'a pour lui qu'une apparence sénile, ne serait-ce pas perdre notre temps? Du 3, bâtiments et jardins dont un peintre éminent, M. Flandrin, est le propriétaire, nous ne savons pas beaucoup mieux l'origine; de raffinerie, il est ^devenu caserne dans les dernières années du règne de Louis-Philippe. Sous Louis XVI, a été élevé l'hôtel portant lé chiffre 10, pour la fille d'un riche marchand. Le 1 1 , pension de demoiselles, est une maison construite dans le même temps pour l'aïeule de M. Faustin, q\ri en dispose actuellement. Au 15^ pension de garçons
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que M. Granet a fondée en raoïnée 1 81 8:et dont nous avons eu à parler dans VHistoif^e du Lycée Btmapar^, Les cours' de ce collège sont suivis en effet par les élèves de ladite pension Bousquet-Basse,, où Jules Janin remplissait les fonctions de répétiteur^ avant que sa main de mattre se fût armée de la férule du critique. De jeunes pensionnaires y prennent leurs récréations à l'ombre de beaux arbres, que voit depuis longtemps grandir cette maison, de bonne bourgeoisie, où demeurait antérieurement Nitot, joaillier de la couronnne impériale.
Le vaudevilliste Tbéaulon s'est arrangé naguère d'une espèce de cottage, au fond du n"" 35. En dépit du nombre formidable des pièces qu'il avait fait jouer, cet homme d'esprit a conservé jusqu'à la fin la plus impressionnable susceptibilité, à l'endroit des premières représentations ; ces jours-là il ne vivait plus, il tremblait comme un vieux décor sur un portant mal assuré, et il ne rentrait à Ghaillot qu'avec l'anxiété du lendemain, quand bien même le rideau se fût abaissé sans encombre sur un succès en perspective. Ses nombreux collaborateurs avaient beau se tenir spr leurs gardes, il finissait par rendre ses appréhensions contagieuses, et les coulisses devenaient un lieu de supplice, où la torture recommençait avec chaque scène, chaque couplet. Théaulon n'était philosophe qu'en dehors des alternatives à double face du théâtre; sa famille économe avait tenu à mettre sa patience à l'épreuve, dans son pro-
18 LES ANOtENNES MAlSOliS BE PARIS
pie intérêt^ m prenant œ lùM ési vaudeville éMÈB les filète d'^Ki coaseH judieûâre.
Pieire Urbain ^ écuyer, BUErédid-deB-logis du roi et mattpe d^hètel de la rerae eu 1735/ était propriétaire d'un hôtel ^ n"" 36, dont le seuil est eneore décoré d^iin nasoaron et i'aTrièr&-coTps de logis d'un balcoD ; ma filg, Urbain de YatroQviile, remplissait la ckar^ d'«ècte des <éi^mÊome& au eommenceiiient du r^e suivand;.
Grand balcon, de l'autre côité de la rue, auitS, dont la cour, entourée de pans de mur décrépits, 4^ert de bassecour à maintes poules, cpii y poussent dès la première heure. Cette partie de la rue, «a «urplus, a garalé Fa^»ect d'^im vilkrg^, gràoe:À quelques maiseBS de nourrisseurs. La porte cintrée du 43 permet de eceire qu'il remonte à l'époque de Philippe àe Gomines« Les n""' 38' et 40, où de aos jours se trouve une: maison iiehans, Be>laisaâeiit d'origine qu'une seule p(ro|u*iété. Du 42, la: grande porte cintrée annonce également son vieux ten^. Les bâtiments répondant aux chfffies 55, &9,.63 et 79 peai^ient aussi figurer parmi les ptasanci^n®. dé cette vote pubikpie.: gageons qu'ils ont payé déjà bien pliis ifu^ils ne valent à présent, en impôts, en droits de mutation et de cens, au fisc, à la Ville, aux boues et lanternes, à ia pirévôté de Ghaillot et aux dames de la Visitation de Sainte-iMarie, seigneurs du lieu. Le 48 et le 50, presbytère da «niné 4e ChaiQot, s'élèvent sur ranoien cimetière de régliseHSaiat^^îerre; le champ da re-
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pos s'étendait autrefois jinsqu'à Krae Marbe&uf de notre époque. De Fautre côté de l'église est raiicieQne.iDaîsoti curiale^ dont le joU jardin en pente suit ane dirootion paralièteà la rue Bizet^ en ce tômps-là ruelle des Blànehis* seuses.
Immédiatement après le presbytère d'autrefois^ Pierm- Jeasi-Loiiis P6tit; maître chrrur^ny aieiiii»ie de l'Aisadémle des sciences^ possédait ua donoâine de. i arpents 24 perches ; d'une portioade* ce bienrfonds^ sinon de la totalité, il était adjudicataire en Yeirtii' d'us décret forcé susr le sieoar abbé DuTal, suivant se&t^&ce des requêtes de l'hôtel eu date du 13 février l73St« ËUsabeth Germain , fille dé Petit, hérita de cette propriété eonsidéirafale^ laquelle coinf>ortait, sur la rue,de Ghailbt^ le &4^ qaii de nos jours a gardé dea fenêtres à coutiss^s «età petitsieavreaux^ le 56, le 58 et le 7âi, maison à porte' hànte SIR GBontép d'une ccoix/ occupée BGiaint^iant pair les sœurs de laiProvidence: constructions' remontant en effet à la première os^itié du xvm® siècle. Augustin -Henri Gdcbi», second mari de M"''' Gennaie, poss^ dait, du chef de^ cette dame, cinqn^so»^ aveedes jardinf, et [Hresque toutes avaienttida» poctes^nte^derrière sur une ruelle, ahontissant à-c^edes âtaneàisseuses.
La sépar^ticHxde bîeu» {»roiic»ieée après coup entre ces deux époux, permit à la fille de Petit de^Tendre au sieur Ferle* le 6â).Jie58 av^ s^virde^ot à ssi fille, morte sans enfant» en 1?8d, et de laquelle, aii^^ termes de l'acte 3iâ d^Ià
coutume de Paris ; elle avait hérité ; c'est pourquoi elle traitait de la même propriété, ainsi que des raaisonacontiguës^ avec Chaudot, notaire, le '13 décembre 1791 . L'un de ces immeubles, va-t-on dire , semblait voué aux ménages en état de rupture ; le fait est qu'en 1 81 0, la comtesse de Viersac, née de Goy, séparée corps et biens d'un trop brillant capitaine de chasseurs, acquérait le 58 de M*^** de Chateaubriand, veuve de François Gefflot deMarigny. M"® de Vier* sac a fort bien entretenu, pour elle toute seule, son jardin, ses appartements, desservis par un escalier à. rampe de fer. Mais elle ne s'est ps^ contentée de s'y enfermer la nuit à double tour; ce n'eût pas été assez pour arrêter, it faut le craindre, les entreprises réitérantes de l'ancien officier de chasseurs. Du moins elle a fait faire une double porte eochère, à l'intention du comte de Yiersac , et s'il a essayé d'y introduire upe clef, il a été bien attrapé : aucune serrure, n'y parait sur la rue, c'est comme une porte condamnée, dn moment qu^elle n'est pas ouverte, et de puissantes pentures de fer attachent à l'intérieur la serrure aux detix autres battants ! La mort de la comtesse a mis fin, en l'année 1844, àcet assaut imaginaire, contre lequel elle s'était fortifiée. La porte à double fond lui a parfaitement survécu ; mais elle s'ouvre pour des paasionnaires, mariées ou non , pour des convalescents, pour dajolies Anglaises,dout la société même n'est déjà pas un si mauvais médecin, si elles n'onthéritéennendespeurschroniques de M*"^ de Yiersac.
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L^ 6i, restauré par un ancien agent de change ^ nous représente t'a ncien hôtel de Mathieu Gouttard , médecin ordinaire du roi en 1737, et de feu la daupbine. Puis voici le 79 , petite et vieille maison au coin de la rue» Pauquet de Villejust , qui a appartenu à M. de Bure à la fin du règne de Louis XV, si nous ne la confondons pas avec une maison peu distante et encore plus rapprochée de Sainte-Périne. Guillaume-Fratiçois de Bure, libraire, né en 1731, mort en 1782, était? aussi un bibliographe distingué ; plusieurs de ses parents, portant le même nom, ont contribué de la même manière à sa notoriété* Au 95, porte cintrée ; c'est encore un petit|;bâtiment. Ancel s'y trouvait près de la maison où se retirait le graud , libraire.
Du 97, parlons avec plus d'abondance. Nous lui devons uû surcroît d'égards, puisqu'un nouveau boulevard va couper en deux son jardin. Lequel en 1729, mesurant un arpent 29 perches 16 pieds, était à la disposition de Joseph-François-Pierre-Antoine-Hyacinthe Lanquin Delà- valle, bourgeois de Paris, et cette propriété tenait au même temps à deux cantons, car la seigo^eurie de Chaillot était à cette époque diviséô nt)n«seulei»ent en fiefs, mais encore en divers cantons. Pierre Magu était plus tard propriétaire de la- maison et de l'enclos dont nous parlons, tanaat aux religiesses de Sainte-Geneviève, remplacées au temps où nous sorome^^ par l'institution de Sainte-Périne.
Alafiniiu règnedfe Louis XVï, Mtgu avait pour acquéreurs Mv e* M^* GasteUâer, les plus honnêtes bourgeois qti^on ait <55Bnus ; une de leurs filles fut demandée, en mariage par le trop célèbre Marat^ et jugez de f alarme jetée par cette démarche dans une maison royaliste I Les trois filles de Mi et <te M/^® Gastellierne^ paraissaient plus dans lia rue. Heureusement raeciieil plus que froid fait à la demande du.tribun n'ia4tira?p«» dereprésaîOes;^ Deux de ces jeunes pérsonnesr^ Bsiiriées^ depuis/ à des négociants recomman- <labiès^ M; Habert^ M, Merzy^ ont cessé de vivre sousle règne de Louis^PfciRppe, et on en est réduit à regretter, depuis qu'elles ne sont plus^^ tout ce que cette maison avait su inspirer de synq)athie et de respect. A cette famille s'honore de n'être pas* étranger le rédacteur du présent re«îueil;
Le comte de Vilkutreys, beau-père du comte de Caste!laifie, a occu{>é un logemeot sous le toit de M** Gastellier, dans des circonstances d'exception. Amoureux déclaré de !a femme du général Rapp: qui était fille âe Vanderbei^Ke^ propriétaire alprs d*une portion de la Fôlie-Btoujeoû, il devait en rendre raison à cet illustre eapéainè; miais. l'empereur s'était dpposé aune rencoîStre, e» faisant arrêter Villoutreys; on ne lui avait rendu la liiierté qu'à la condition de s* interner dans une maison de Chaîltot à son dioix. Le comte a épousé ensuite la générale en ^coudes noces^ Chacun sait, air surplus, que Rapp, tors de la rentrée des
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Bmiitom, s'est exilé peu ée temps en Ârgovie* Pair de France^ il a reçu au cMteau des Tuileries la nouvellede la mort du prisonnier de Ssmite-Hélène^ et Loutô'XVIII^ qui le surprenait en larmes^ hii a dit : — Géséral, pleurez^ et ne détournez pas la tète en ma présence ; je vous estime assez pour ne pas m'étomier de vos ragcets.
Le 70, très-grand hôtel élevé «ous Louis XIV, réparé «tec biaoséanoe eft augmenté, comme bâtiment, par M. Je twiron Hély d'Oissel, pnopriétaire actuel, acquéreur du duc de Trérise, semble « d'une extraction nobiliaire qui n'a jamais dû déroger. Ses balcons de croisée et ses deux gran« des portes, qui ne tiennent qu'à un mur précédant une cour d'honneur, sont revêtus de ce chiffre : R. B. Dafis le papier terrier des dames de Chaillot, on voit que M. Steaé de Bourgogne possédait deux maison en 1 777, en face des filles de Sainte-Geneviève et de la petite ruelle du même nom. Toutefois ce détenteur ne descendait, Dieu me pardonne, ni des ducs dont M. de Baimnte a écrit Thistoire, ni du petit-fils de Louis XIV; n'en déplaise à la particule qui, dans les actes, précède l'ombre de son nom, ce n'é-tait qu'un mercier de la rue des BoiirdonnaiB, retiré sur de bonnes affaires. Il n'a &it que rétablir, en y greffant une profusion d'initiales, l'hôtel deLéonor Goyon de Matignon, névéque et œmte de Lisieux, anoien évèque de Condom. Cte prélat de la fin du grand règne avait eu pour prédéces^ seur son onde, au. inége épiscopal d'Évreux^ et Gédéon
Dumetz/iui président aux comptes^ comme propriétaire à Chaillot ; les Matignon étaient douze frères et sœurs, presque tous placés haut par des fonctions ou des alliances» Entre Tévêque et le mercier les deux Billard avaient eu la maison ; l'un était prêtre, l'autre conseiller du roi. On y mesurait en ce temps-la trois arpents ; le 70, avec ses ^dépendances^ ne va plus au-delà de deux.
Nul n'ignore la destination de Sainte-Périne , institution fondée par Du Chayla, promoteur d'une souscription, avec la protection de l'impératrice Joséphine. Le dernier bâtiment venant à angle droit du côté des Champs-Elysées porte le nom de cette princesse, qui l'a fait ériger. Non loin avaûce. sur la rue un corps de bâtiment plus vieux, que .distingué un fronton surmontant une porte condamnée; l'ancienne cour abbatiale des religieuses de Sainte- Geneviève subsiste derrière ce portail, et des constructions monacales M servent d'encadrement. Comme un, des deux boulevards projetés doit traverser diagonalement Sainte- Périne, on parle de reporter à Auteuil cette maison, qui relève elle-même de l'administration de Tassistance publique. Parmi les anciei^s fonctionnaires et les veuves d'employés, déchus d'une position meilleure, qui se rabattent sur Sainte-Périne, sont venues prendre place des personnes tout à fait connues, teUés que la générale Compans, née comtesse de Lannoy, une dame de Broglie, la comtesse de Schomberg, M°*' Fusil, de la Comédie-Française.
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M. de Calabre, dont la famille était orrginairede Xîhampagne, possédait le 76 ; son père avait été pourvu de la charge de secrétaire du roi en 1748. Un des cinq directeurs nommés par la constitution de Tan m, le général comte de Barras, que nous avons déjà trouvé rue Bleue, est mort dans cette maison le 29 janvier 1 829 ; on-sait que les scellés OQt été mis sur seB papiers, mais que le gouvernement, à cet égard, a eu un procès à soutenir, qu'il a fini par perdre : échec, glorieux pour un gouvernement, mais dont on tire toujours, pour commencer, des conséquences manquant de gratitude! Malgré le mauvais état de sa santé , l'Alçibiad© du Directoire avait tenu encore table ouverte, dans les dernières années de sa vie, rue de Chaillot ; M"* de Barras, femme bienveillante et pleine de religion, habitait le pavillon du fond. Le général Guilleminot a laissé à son gendre cette propriété, ainsi qu'une ou deux autres dans ces ' parages. .' . x
Le 74 fut rhôtel de la princesse de Bavière ; des boiseries rehaussées de peifctures de ce temps-là, en égayent aujourd'hui encore la résidence. Le facteur de pianos Erard en a été en possession durant un certain nombre d'années. En 1841 le général Guilleminot a cessé de vivre, dans la maison dite de la Coquille, au n** 82 ; c'était un officier des plus instruits, né en Belgique ; l'affection qu'il portait au général Moreau avait été la cause d'une disgrâce, mais dont l'empereur l'avait bientôt relevé ! Un logement
n^ LES ANCIENNES MAISONS DE PARIS
dan» le même hôtel a été Ojccapé par M"* Mole, actrice du théâtre de rOdéon quia postérieurement épousé le comte de Valivon. Rappelons aussi sa qualité d'auteur* Ayant traduit un drame de Kotzebue, Misanthropie et Repentir, elle y a créé lô rôle d'Eulalie. On s'est étonné tout d'abord du succès de cet ouvrage,- dont le style naturel feiisait valoir l'intérêt pathétique. Mais quand M"^ Mars a repris la pièce avec> Talma, au Théâtre-Français, le triomphe a été immense;, Tairteur avait renoncé à son rôle, en même temps qu'à jouer la comédie, et il était prouvé une fois de plus q^iele drame bourgeois était possible !
Presque en face de la rue des Vignes, l'ancienne maison de santé tenue par le docteur Pinel, devint pour quelque temps, sous Louis-Pliilippe, le couvent de l'Assomption ; puis les religieuses qui s'y étaient réunies laissèrent inachevées des constructions nouvelles, rue deChaillot, pour se transférer à Auteuil, un futur faubourg de Paris, ou Sainte -Périne probablement sera encore leur voisine.
Toutes les maisons, au reste, qui suivent celle de BaiTas^ sur cette rive de la rue de Chaillot, furent successivement édifiées sur le sol de l'ancien fief Becquet, érigé au xv^ siècle par Henri VI, lors de l'occupation de Paris par les Anglais. Derrière elles s'étendait, depuis la rue Bizet jusqu'aux Champs-Elysées, le fief de la Cerisaie, Les terrains encore nus sur lesquels avaient reposé l'un et l'autre de c^.deux fiefs , furent acquis, sous Louis XV, par le chevalier de
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lanssein; qui en fit un charmant jardin^ qu'on ne tarda pa^ à ajoutera la nomenclature des curiosités de Paris. Toutefois Jansseixi en vendit une portion en 1 770 à M. de Chalabre^ lequel donnait à jouer d'une.manièreàpeuprès publique, et la mort de ce chevalier suivit de près la date qiie nous citons.
M""* de Marbœuf reprit Tœuvre à un autre point de vue, et le jardin d'agrément de Janssein, en 1787, portait la dénomination de Folie-Marbœuf et rivajinait presque avec les Folies-de-Cbartres. On y donna, sousleDiractoire, des fêtes d'été, avec bals, illuminations, feux d'artifice; mais le jardin ne .gardait plus alors que le nom de sa propriétaire^ adopté après cela par un nouveau quartier. Aussi bien quelle était cette famille de Marbœuf? M""® de Sévigné nous a parlé plusieurs fois d'une dame bretoune, qui portait le même nom. La marraine du quartier Marbœuf est dotée dans les actes du titre de comtesse, et elle demeurait au Faubourg-Saint-Honoré, en feice de la rue d'Anjou. D'autre part, un M. de Marbœuf gouverna l'île de Corse, réunie à la Fraijce depuis 1768. Cet ami de M"''' Lsetjtia Bonaparte, fit entrer son jeune fils à l'école de Brieune : attention qui a porté fruit, comme vous savez!
Le comte de Choiseul-Goufiier, en .revenant de son voyage en Grèce, acheta un terrain, détaché de la Folie- Marbœuf, et il y fit bâtir yne maison ^ sur le plan du temple d'Erechthée. De la main de .ce grand voyageur fut
planté aussi un beau cèdre, qui maintenant dépend de la propriété de M™' la comtesse de Montijo, mère de S. M.* Timpératrice. Au reste^ M. de Choiseul n'épousa la princesse Hélène de Bauffremont qu'après avoir été le mari, en premières noces, de la fille du marquis de GouflBer; la tante de sa première femme s'était retirée, veuve du baron d'Anéry, &u cduvent des Dames-de-Chaillot. En 1844, M, Emile de Girardin acquit de M. Way, chapelain de l'ambassade d'Angleterre, l'ancien séjour du comte de Choiseul-Gouffier, dans les dépendances duquel il se trouvait alors une chapelle protestante.
De maisons à citer, il ne nous reste plus que le 1 1 3 ; passons donc pour la dernière fois de la rive droite à la rive gauche. Si nous eussions frappé à cette porte, il y a trentecinq ans, le suifese n'eût ouvert qu'un guichet, prudemment protégé encore par une grille, pour nous demander : — Qui va là?
C'était une maison bien gardée : en tout état cause on n'y pouvait parler qu'à l'intendant. Des bruits toutefois sont venus jusqu'à notre éditeur et collaborateur, M, Rousseau, pour éclairer le mystère dont s'entourait autrefois cet hôtel. Une jeune femme , héritière présomptive d'une famille de l'ancien régime, s'était .éprise d'un général, qui avait fait ' glorieusement son chemin dans les campagnes de la République et du commencement de l'Empire; mais ces titres n'avaient pas suffi pour que le père de la demoiselle oubliât
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la naissance obscure de son amant^ et la famille avait tout sacrifié aux scrupules de la mésalliance. La jeune femme était devenue folle; on lui avait donné pour asile cette maison, qui alors était isolée. Son intendant^ quand elle n'axista plus, acheta une propriété dans laquelle il avait appris à commander à la fortune, en même temps qu'à tout le monde. Ce corps de bâtiment qu'occupait la folle par amour va tomber, au surplus, sous le marteau^de la démolition ; un antre hôtel , que depuis peu de temps on a érigé par derrière, y gagnera de Tair et du jour à profusion.
La maison de M. Girardio a été dégagée de même, e^ 1852, du côté des Champs-Elysées, par la suppression d'une caserne, qui avait, depuis cinquante ans, pour vis-àvis, à l'autre coin de la. rue, le café Allan-Migout. Cette caserne avait été construite, comme corps de garde, près de la barrière de Paris, qui se trouvait à l'angle de la grande rue de Chail lot, ^vant d'être reculée en 1787 jusqu'à la butte de l'Etoile, On prévoit même que bientôt les murs de l'octroi enfermeront dans Paris, comme jadis Chaillot, le territoir-e de Neuilly.