RUE DES CHAMPS-^ELYSEES
Orimod de la Beynière. >• lll'i« rorphelin. ^ Pclél de I» I.OBër«. -- JLagrenée. — j(a«iot.
Le fermier-général Grimod de la Reynière s'éleva jusqu'à l'emploi d'administrateur général des postes, aprè& avoir commencé sa fortune dans les foarnitures de l'armée du maréchal de Soubise^ pendant la guerre de Sept ans^
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9; l'idwç de laquelle il s'était lait bâtir le Aiagnifique hôtel qui m retrouve ti" 3^ rue des GhampenËiysées. Depuis lors §^ Y a vu rambasaade de Bussôe^ puis ceUe de Turquie ; ^^l^owd'luB oet immeuUe,' propriété de l'Etat, est occupé p^r leCeroie impérial. Le finauder Grimod qui avait enriebi ë9L demeure d'une l^lk ccdtLection de tableaux de l'école frauçaise et d'estampes rares, avait épousé M^*' de ]•rente. Le jour de sou mariage, dit b chronique, il demandait à Malesherbes, son beau-frère : — Croyez-vous qu'elle lae rende heureux? — Gela dépend, lui répondit nettement le plus honnête homme de son temps, du premier amant qu'elle aura.
Un fils unique, fruit de cet hymen, prit spécialement à tâche de rappeler à sa mère^ la nièce d'un évêque célèbre par des amouirs fastueuses, qu^elle s'était mésalliée &k épousant le fils d'un charcutier. Le jeune Alexandre Grimod de la Reynièrë, beaucoup plus voltairien que Voltaire, ee moopiait, bien avant la prise de la Bastille, des grands ail s toujours affichés par sa famille, et il rappelait à satiété que les cœvdas et les saucisses étaient les véritables armes de sa maison. — Pourquoi ne pas acheter une charge de conseiller ? lui disaient ses ami». — Parce qu'étant j uge, répondait le jeune homme, je comnaeacerais par condamner mon père. -En me faisant avocat, je ne pourrai que le défendre.
L'avocat offre ensuite un grand dîner^ dans l'hôtel de son pire, à ceux de 4se& confrères qui fournirQnt le mieux leurs
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preuves de roture ; d'autres fois il invite pêle-mêle, ^bés^ mousquetaires , charcutiers, et au dehors il fréquente le Caveau. Puis, quand la mort le lais^ maître de k plaee^ la table de Grimod de la Reynière est constamm^t ouverte aux beaux-esprits, qui lui font la réputation de gourmand illustre et généreux, pendant que mille facéties et mascaraies le signalent comme original au premier chef. M"* Contât et d'autres actrices participent à ces fêtes, mais qui n'ont pas toujours pour décoration principale les emblèmes de te profession de son grand-père. Une fois, entre autres, il tend de noir la salle à manger, et derrière chacun de ses convives une bière fait l'office de servante. Il imagine, un autre jour, d'éprouver l'affection de ses amis, en faisant adresser à chacun d'eux une lettre de faire part dans la forme ordinaire, qui les prie (^'assister à ses prétendues funérailles. Beaucoup manquent à l'appel, et se contentent de regretter sa' table; ceux qui viennent pour rendre au défunt les derniers devoirs, trouvent un cercueil placé devant la porte, et les domestiques en grand deuil. On se lève pour se rendre à l'église ; mais une porte s'ouvre, et le mort ressuscite, et un somptueux couvert derrià^e lui s'est dressé, où ses vrais amis vont s'asseoir. Cependant la Révolution a enlevé à Grimod la majeure partie de sa for- ,tune ; force lui est donc de diminuer son train. Pour éclair^ cir encore le nombre de ses amis, l'amphytrion trouve un très-bon moyen, c'est de se faire journaliste. De 1803 à
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1812, il a encore pour parasites d'AigreféuUle et Camerani, ainsi que le docteur Gastaidi ; ii préside un nouveau jury de sa création^ qui prononce sur les découvertes culinaires, et il écrit VAlmanach des Gourmandsy qui le fait ^accueillir à la table de Cambacérès. En 1814, il se retire à Yilliers-sur-Oi^e, dans son château.
Au 8, qui tient la place de Pancien magasin de marbresidu roi, nous trouvons, pendant le premier empire, la pension de M"® Lorphelin, ancienne institutrice des quatre filles du prince Victor de Broglie sous Louis XVL Cette maison d'éducation tient alors tête à celle que dirige avec éclat M™* Campan, ci-devant femme de chambre de Marie-Antoinette; mais M*^* Campan, non contente d'être déjà chargée de l'éducation de plusieurs princesses Bonaparte, fait attaquer l'établissement rival par un des rédacteurs du Journal des Débats. On reproche à M"* Lorphelin d'élever ses pensionnaires trop pour le monde, et surtout de leur faire jouer la comédie. Il est vrai que les représentations données de . loin en loin par ce$ demoiselles ont un succès immense en ce temps-là, et que l'élite de la société intrigue longtemps d'avance près de M"* Lorphelin, afin de pouvoir y assister. Le maréchal, comte Serrurier, qui vote en 1814 la déchéance de Napoléon, cesse toutefois, en 1816, de gouverner les Invalides ; remplacé dans ce poste par le duc de Coigny, il fixe sa résidence dans la maison naguère occu* pée par les jeunes élèves de M^'"" Lorphelin. Puis^ à la fin
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du rqgne de Charles. %, la même hètel eai celui du duc de Baguse. Nous y voyQus mourir^ eu l'auDée 1841^ lecooaito Pelet de la Lozère, aiKsîeQ conveatioauel et membre du oon^ S€Â1 des Qinq-Çeuta, où iU'est coaatamQièat o^oRtré le défenseur des liberté^ da la presse; et Timmeubla appartient encore de nos jours à TaucieJû ministre des financée, du o^e nom^ homme d'Etat aux vues libérales, mats d'.appliç£itioQ conciiiaQte* .
En face^ voici, le n** 9, habité sous l'ancien régime par le prince de la Trémouille, époux de la veuve du prince de Saint-Maurisse. Lagrenée, peintre, fils et neveu de paintresii victimedu choléra en 1 832, disposait de lapi'opriété. La belle M"* Bazire av^it quitté de bonne heure la Comédie Fran- .^se, pour partager le nom du plus aimable des membres 4e cette famille^ qui était homme de plaisir.
Au 12, où demeurent maintenant les princes de Beauyau, nous eussions rencontré en son temps le général Junot, duc d'Abrantès, mari d'une femme d'esprit. Moins dépourvu de goût que d'instruction, Junot aimait les livres, ies belles éditions, les manuscrits précieux, les gravures m pv&âmvQ épreuve , et cette passion rendait insuffisants Jes grandes revenus . doiut il jouissait ; sa bibliothèque fort £urieuse lui coûtait bien plus cher encore que cet ancien bôtel de la marquise de Cauvisaon^ dont il avait ^t un palais. Les deux colonnes qui en décorent le seuil datent ite cette restauration* Quant à M™' de Cauvisaon,i*/lle avait
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eu pour voisins, dans la rue des Champs-Elysées, les d'Andlau, et par conséquent^ nous devons penser que ceux-ci habitaient jadis la maison de M. le comte Pelet.
Que si nous remonteiis, pour finir, jusque au ptes de Tur^, autrement dfl; en f 739, nous ne trouvons que dei» mur& encore et des chaatîers à ia place des h6tels dont nous venons de vous entretenir. Presque tout le terram, du c6té des numéros pairs, a pottr propriétaires, durant le gra&d siècle, Paul Duparan, seigneur e& Brie et c<»ideiller du Roi, puis Noël Odeau, puis le célèvre Law» Lft fueVap^ pelle de la. Bonoe^-Morue, sur Ib plan de 171 4^ et finit à la porte du Cours-la-Rèine, après avoir porté aiitérieurement, comme simple chemin, le nom de TAbreuvoir-rEvêque* Toutefois, dès le milieu dm xvii* siècle, il est b&ti du même côté une maison à deuK corps, à quatre étages, à ie^x boutiques, pour Rousse, conseiller du Roi; elle porte renseigne de Sainte-Âimé ; les actes la désignent comme sise au faubourg Saint-^H'onoré, en la grande rue, parce que m. porte principale y donne. Mècre, lieutenant de cavalerie, en est propriétaire, lorsque des lettres patentes de Louis XV, en 175T, donnent à la rue son nom Actuel, en prescrivent Talignement en coupant en écharpe ladite propriété, ordonnent enfin rétablissement de Tégout qui se troave encore sous le trottoir. C'e&t à la place de cette construction, doyenne à coup «ûr de la rue, qu'ont été élevées deux autres maisons Boa^ la R^taitration.
te LES ANClfi;]H«lSllAKO?«S m PARIS