RUE CHARLOT
ClUirl«t. — MéCm Camlii» et iem )H«rdi«. -< &«• C«i|^iiciii«. — MM. de Brévaniies et Chamaeé. — lH . DebeneyaM». — liCS Polisnac et les C tifc c r » -^ VMi nalbaia. — BayarA. -^ l.'ttealiate. ~ I.e CMtier de la Reiae. — Hôtel Masearaai.
Lame Oarkây dite aussi d'ÂD^mimots, fat ouverte en \%i6y mnù i]m les rues de Berri et d'Orléans, qui fctet parlie delà rite Chariot depuis 1854. La Tynua, dans son DMiemn^Bire des rves de Paris ^ dit que Claude Chariot, jpaysan du Languedoc, qui était devenu un riche ânancier^ it bâtir des maisons dans la rue qu'on plaça sous son iovocation. D'autres Aroniqneurs rappellent que ce trai* tant, adjudicataire des gabelles et des cinq grosses f^mes, possédait une terre jadis érigée en duché. Nous retrouvons, au surplus, un de i^s parents, Joseph Chariot, seigneur de PrÎDEé, eonseilter au Chftteletet écbevin de la viUe, de 16â&à 4637, sous la prévôté de Uk^l Maureau; et puis Pierm Chariot, échevin, trente-quatre années pluB tard. Il est assez probable^e le paysan parvemi a traité en effet du vaste territoire aor lequel ont été élevés presque tous les hôMs doflzt BOUS allons parier et qui, à l'origine, faisait partie de la ooiture du Temple ; mais dans les actes il a eu pour ]^p6te-i»»ii un aasodé, Midid âSgoo, acceasé p«r là ^rand-prieur de France, et cette spéenlatton consi^sdde remente à Pannée 4608. Le nom d'aucioi Chariot ne figure iBur les titres que nous avons pu compulaer.
Le 3 appartenait , dès la fin du règne de Louis XV, à un grand fabricant d'étoffes ; un avocat , M. Hutin, en disposait quelques années après ; toutefois» la propriété avait fait corps avec Thôtel Montmorency, comme dépendances, et du corps gigantesque de cette résidence, démembrée au XVI* siècle^ une côte avait été tirée pour former Fhôtel de Sourdis. L'impasse de Sourdis, ruelle décrivant un angle droit qui reliait autrefois la rue d'Anjou à celle d'Orléans, sépare encore le 3 du 5, iragment lui-même de l'ancien séjour du môme nom, et que les héritiers de Nicole Gruyn, veuve du comte de Gambis, lieutenant-général, ambassadeur en Angleterre, avaient vendu, en 1766, àM"*d'Erbais Getteépouse séparée debiens du sieur Langlois avait acquis, vers le même temps, une autre portion du même domaine patrimonial, laquelle porte le n*" 8, et son vendeur, de ce côté de la rue, avait été Yilleron,* marquis de Gambis, maréchal de camp. Les Gambis, outre qu'ils servaient dans les armées, étaient une maison fort lettrée; ils avaient une bibliothèque et faisaient des livres ; une baronne d'Aigremont, née Gambis, leur en avait donné l'exemple au xvi** siècle. Le père de M"' Gruyn, garde du trésor royal, avait occupé lé 5 antérieurement^ et déjà une alliance avait rattaché cette famille de robe à celle du lieutenant-général ; une autre fille du trésorier royal avait épousé un Gambis, avant de convoler en secondes noces avec un La Vieuvilte, marquis de Saint Ghamans. Quant aux Sourdis, qui
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avaient précédé les Gambis dans lesdits hôtels, c'était une famille dont le crédit ne remontait pas seulement à Gabrielle d'Estrées, nièce d!*une marquise de Sourdis, née Babou de la Bourdaisière. Déjà^ sous Henri III, René d'Escoubieau de Sourdis, capitaine de 30 hommes d'armes, s'était jeté dans la ville de Melun, que sa bravoure avai gardée au roi; il avait épousé Anne de Rostaing, et de ce Ut étaient sortis les grands propriétaires dont nous parlons. Deux évoques de Bordeaux, et l'un d'eux a porté la pourpre, appartenaient à la même race.
La rue n'était encore qu'en projet quand les pères capucins s'y établirent, sous Louis ZIII, à la place d'un cidevant jeu de paume, entre les rues actuelles du Perche , des Quatre-Fils^ Vieil le-du-Temp'e et Chariot. L'église Saint-François, restaurée depuis peu, était justement celle des religieux dits les Capucins du Marais. Un dés leurs, Athanas Mole, frère de Mathieu Mole, procureur général, puis premier président, puis garde des sceaux, contribua puissamment à la fondation de la maison, ainsi que le duc d'Elbeuf et Regnault, quartinier de la ville. La totalité du terrain, qu'ils achetèrent en trois fois, avait eu pour propriétaires, avant ces pères, Clozier de Juvigny, gentilhomme de la chambre, le marquis de Bournonville et le sieur Matice. Sous Louis XYI, le père temporel des Capucins était Mahiou, un conseiller du roi; leur sacristain, Louis de Bapaume; je gardien du couvent avait nom Emmanuel de
Doûay, et ces trois représentants renouvelaient la reconnaissance du droit de cens à la Commanderie du Temple.
En vertu d'un arrêt de la cour des Aides, rendu eri Fan 1634 contre Nicolas de Villantrois , Glande Comeil, secrétaire d'Etat , entrait en possession du 7^ puis à un siècle de là, cette maison, dont la paroisse était Saint- Jeanén-Grève , échéait en héritage à Le Pileur de Brévanries, conseiller au parlement. Après l'hôtel Brévannes venait l'ancien hôtel de Retz; en 1652, il ne portait pas d'autre nom. Or, nous ne savons pas afu juste quand les Gondi ont commencé à l'occuper; c'est seulement en Tannée 1679 que le coadjuteur a cessé de vivre; mais Pierre de Gondi, duc de Retz, est le seul dont la résidence n'y fasse pas doute. En 1750, Le Camus, marquis de Bligny, capitaine aux gardes, cède l'hôtel de Rètz à Brion, marquis de Marelles, et le fils de ce dernier y a pour successeur lia famille de Charnacé, le règne de Louis XVI finissant. Déjà était fermée à cette époque la ruelle du Maine, sur laquelle cette ftiaison et les suivantes avaient une seconde issue, et qui donnait sur la ruelle de Sourdis.
Dépuis un siècle, la rue qui nous occupe a vu la grande febrique remplacer la magistrature, dans la plupart de ses hôtels, et, pour ainsi dire, tfç. pas craint de retrousser f ancienne rcd^e, pour ne s'en faire qu'un tablier ; la magistrature de la science a succédé à ia judicature, dans plus d'une de ces résidences, et des savants y tôillent de plus près aux
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{progrès de Tesprit'^humain, depuis qu'il s'applique surtout à riûdustrie. Toutefois, la rue Chariot a conservé pour halûtaut jusqu'en 1 848, un président, homme d'un rareeaprit et d'une infatigable activité : c'est nommer M. Debetleymet La porte de son hôtel, n"* 4 0, étaittoujoursouverte àdeaxbat* itants, selon les us de la magistrature d'autrefois ; et lorsqu'il y donnait une signature ou une audience, c'était l'annexe du palais plutôt que sa propre maison. Au figuré, les jugés n'ont rien à eux ; ainsi le veut l'ancienne coutume, ^t les plaideurs finissent trop souvent par^endrejusqu'àeux, dans le sens propre, cet axiome consplant. La maison de M. DébeN leyme fut investie un jour de guerre civile, eu juin 1 848 ; des plaideurs, qui gardaient rancune d'une ordonnance de réféi'é, introduisaient l'instance de l'émeute dans les appartements accessibles du président, qui se trouvait alors au Pïilais, et cette circonstance fut un rappel au devoir qui fit tomber bien des menaces. Son hôtel, il est vrai, a déjà vu passer plus d'une révolution, et la sérénité plus que séculaire de ses êtres parqiît n'en avoir pas soufifert : son jardin, sa cour vaste , ses salons décoréô de peintures et dorés , déposent d'uae longue impassibilité, qui fait croire à la paix de leur, conscience absente. En 1714, c'était l'hôtel de Turmony, et quarante ans ensuite celui de Leleu, un conseiller du roi, son avocat au bureau des finances.
Presque en face^ que trouvons-nous ? Une propriété que
Thouin^ jardinier en chef du jardin du roi, tenait des filles deMoncheny, qui Tavait fait bâtir à la fin du xvn* siècle. Au même temps remonte Foccupation de Thôtel contigu k la maison de M. Debelleyme, par Mesliand, conseiller au parlement. Quoi de la maison suivante, qui fait le coin de la rue de Poitou? Jamais sa porte n'a été carrossable ; mais une jolie rampe de fer battu se retrouve dans son escalier, et Boula de Montgodefroy en descendait, avant 89, lorsqu'il allait siéger en parlement.
La porte cintrée du S4 replie ses deux battants sur un ancien hôtel, occupé en 1845 par le maréchal marquis de Pérignon , et bâti pour Robert Godefroy, receveur général des finances au commencement du xv!!"" siècle. Car il est évident qu'un certain nombre de maisons s'élevait aussi, dans cette seconde partie de la rue Chariot, avant qu'elle portât légalement sa dénomination originaire de rue de Berri. Guillaume Brossier, trésorier-général de l'extraordinaire des guerres, en 1646, possédait une maison vcnsine, qu'habitait sous Louis XVI Bruno, comte d'Agay, conseiller du roi ; le comte de Villars en posséda une autre, phis rapprochée de celle de M. Debelleyme, et bâtie par un sieur Rousseau, cessionnaire de Michel Sigon.
{La fin de la noiiee delarue Chariot paraîtra datu laUtraison suivante.)
Paris. — ImpTimerie de PomttkiT et Mokbad, A2| nt VâTîn.
Liv. 22 LES ANCIENNES MAISONS
Des rues Chariot, Ghanoinesse, des Chantres, Chapon, Ghartfère, deCharonne, Chéleaii-LandoD, Chaudron et Cbaojîhal,
NOTICES FAISATIT PARTIE DE l'OV\KAGE INTITULÉ :
PA& M. I.SFXUTX»
Monographies publiées par livraisons séparées en suivant Pordre alphabétique des rve*.
RUE CHÂRLOT.
(Fin de la notice.)
Ne remarquez-vous pas , un peu plus loin sur la même ligne, un hôtel à l'ombre duquel un petjit jardin se dissimule, et dont la porte cintrée, répondant au chiffre SIS, rappelle une construction du temps de la Fronde? Dans la se^ conde moitié du siècle xvu, Robioot deBérancourt disposait de cette propriété, qui était, soixante ans plus tard, à M. de la Garde, père de la marquise de Polignac. Aussi bien le poëte saint Sidoine Apollinaire parle déjà, au v* siècle, du château seigneurial des Polignac dans le Velay, conune de sa maison paternelle ; il en résulte qu'au xvm% Apollinaire de Polignac, évêque de Meaux, \^^ aumônier de la reine, honore dans saint Sidoine un de ses grands-oncles. L'aumônier de la reine, le marquis de Sainte-Hermine, gentil-
homme cDhouieiir^ comte <f Artois, ainsi ^e sa femme^ né^ Polignac^ et Ja juarquise de Balincourt, née Poljgnac, <;omme héritiera #6 M^^"" 4e la Garde, épouse da marquis de Polignac, 1 " écuyer du ^eomte d'Artois, vendent l'hôtel à Brilloa 4e Saint-Cyr^ maître des com{>tes.
Non loin de là y mais sur l'autre côté de la voie, ont eu pignon, dans des proportions plus modestes, Robineau 4'Ennemont, substitut du procureur-général, et de la Noue, valet de garde-robe de Louis XVI. Un autre immeuble, le SI , qui, sous le rapport de l'âge, ne le cède pas à la rue, a ^ervi de résidence aux Colbert , comtes de M aulevrier, qui rayaient reçu d'un oncle, nommé Martin Plufort, lequel avait traité, quatre mois avant de mourir, en l'année 1 672, <te 4eux maisMs pour les fondre en une seule : la vie de i'iUœtve ministre de Louis XIV, parent de ceuK tlmit oosis parlons, s'est prolongée cinq ans de {dus que odie de Mffir* iÎA Plufori. Le jardin de cette habitation a rejoint longtemps, par drarière, le jardin de l'hôtel Bertin, sis rue d'Anjou; et sur lesdé^adances de celui-^^, trois bâtiments donnant sur notre rue <mA été édifiés «u commencement du xvii^ sièdie pour Fi«nçois JSarbon, payew de rentes de l'Bôtel-de- Ville.. Les n""' 34 et 33 ne font qu'un dans le principe, puis se trouveot divisés en trots; au corps de logis principal on ^rrîve alors par l'avenue qui sépare l'une de l'autre deux moindres coQstructiotts par-<fevaat, et Chuppin, trésorier ^néral du mBxc d'or, en jouit vers 1 750.
lia fiUer de Eenoir, «Pésoriep dé Ffanee àGsieii», 9^épmmé le* pTésident Itfaïupeou^ an* 41687; veuve après tram* miié^ de mariflige» die s gaidé le n*^ 50 JQsqo^if lîaa W^J*.; en^ suite Poi'dieux^ Sespériers^ de Freme, puis G^^mlk^ éêuyer du petit commun du^rai^ y ont parlé mocessivement^ im maîtres^ Le toii> GpmBi^eigneuriaiqui) fttitisuito a abrité Sa-^ lomon^VantHobai?^ pnéêédemment le* fondateur dé la nmn^fectuneroyalede draps d^Abbeiwlle.
SalttonôJencowle 58f et le 60, qui s^onoren*^ parce (jue
la trjrdition>lë veut, d'avoir été le séjourduchevalier Bayard.
Apre» cette accolade courtoise, ouvrons la lice à quelques.
dattô qui vont étne étonnées sans doute de donner Fune
contre Tautre. Serait^l permis d-ouUier que^ sous Charles
"mil,. Louis XII et François y% le tit^ de chevalier sans
|ieur et sans reproche fut gloriemseanent gagné par Pierre
du Ibrratl, dit Bayard, nom d'une terre^ qu'il ^ possédait^ en
Diiupbiné? Or,, le Terrier de la Gommanderie du Temple
eoDState que Sigon, deuss ans avant la mort de Henri 1¥^
prit à cens le teiarain sur lequel, s'érigea, l'immense hètëi
dont nou& parlons, régnant. d'abofd* jusqu'à. la rue de Bre^^
tagne, et qui avait alors trois portes, trois corps de bÀti*
zaent, aux ordres de Milloti, seorétaire^ de la< chambre du
roi, et deDurey de Sauroy, trésorieriàkrextmordinaîrerdëi^
pierres, qui, par suite d'arrang^aients de> familie^'appela
duTeirail, comme sa mère, issue- du cheivalier Baywdl De
là vient toute laiConfusion» hm hmtB dtt teéaoner furent^.
au mdiea du XTm' siècle^ Marie Durey de Sauroy, femme de Timoiéon duc.de Cossé^ et Joseph Durey de Sauroy, marquis du Terrai {^maréchal de camp, et auteur de plusieurs romans. Celui-ci avait épousé M'"'' de. Crussol d'Uzès de Montausier ; il fonda avec elle un prix annuel à Pacadémie de Dijon^ et il fit jouer des pièces de sa façon, sur le joli théâtre de son château, àEpinay. Le marquis laissa la propriété de la rue Chariot à son neveu, le duc de Cossé-Brissac, gouverneur de Paris , et ce dernier la transporta, en 1775, au baron de Wenzei, déjà propriétaire de la maison qui vient après. C'est ainsi que l'hôtel Bayard, comme on l'appelle dans le quartier, n'est en réalité qualifié que Sauroy, dans les actes« Mais combien peu de traces a conservées cette demeure, du séjour de ses premiers hôtes ! M. Durand, ancien notaire, qui depuis a disposé du 58/ a marqué rson passage en faisant racler les dorures, qui étaient les vestiges d'une magnificence primitive. Aux peintures, qui ne pouvaient s'enlever, il semble qu'on en ait voulu ^ tant «lies sont dénaturées ! Par conséquent , que reste-t-il? Des murs, une pièce à panneaux sculptés, les boiseries d'une chambre à coucher, et puis un balcon de pierre, qui domine une portion de jardin affectée aux ^>ats d'une pension de jeunes personnes.
Quant au baron du Saint-Empire, Michel Wenzei, il était oculiste de LL. MM. impériales et britanniques ; il exerçait son art, n"" 6SI, dans un édifice digne de sa clientèle
sous NAPOLÉON ÎII, 5
extérieure, acquis de îa marquise dès Réaulx ; cette dame se l'était fait adjuger en 1763, en vertu d'un décret poursuiyi sur les héritiers du colonel de Bragelongne. Jusque-là l'origine est aristocratique et justifie le luxe d'une rampe de fer qui décore rescalier de Thôtel. Il n'en est pas moins vrai que le colonel avait acheté de Gaultier, maître perruquier, une partie de ce bien de ville. Il y avait, au surplus, bien des maisons qui, d'un hôtel à l'autre, rue Chariot,^ appartenaient en ce temps-là à des marchands et à des «artisans. Près des rues de Bretagne et de Normandie, on y trouvait Huyot, menuisier; de Sègre, bourgeois de Paris, et puis un liquoriate de la rue Saint- Antoine, et puis ufa marchand de vin de la rue des Martyrs, Acquéreur du marquis de Sdurdis. Sébastien Cramoisy avait traité avec. Sîgon des i lots de territoire sur lesquels il .élevait des constructions pour les revendre, tout comme le font en ce tempd-ci un grand nombre d'entrepreneurs : aussi bien cette famille de& Cramoisy a prospéré, et plus d'un de ses membres a été préposé, dans l'origine, à la direction de l'imprimerie royale. Le niveau des affaires accomplissait de cette façori^ sans tapage, ses révolutions de tous les jours!
Richer, maçon, avait construit à ses risques et périls dès 161 4, deux maisons contiguës, un peu avant la rue de Forez ; la plus petite était cédée plus tard par Triperef trésorier-géné-al de la police, à Bernièr, échevin, qui la transmettait aux Boulogne, maîtres-maçons, puis archi-