‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 4 sur 85 · CÔTÉ DES NUMÉROS PAIRS · texte numérisé non relu

CÔTÉ DES NUMÉROS PAIRS

Le comte de Briqueville.

Le marquis de la Grange.

Joly de Fleury, procureur général

au parlement.

Les Trudaine.

M"« de Vallory.

Pajot de Juvisy.

Une poterne servait de limite à la ville, dans l'enceinte de Phi lippe -Auguste, à Tendroit oii Arnoul de Braque, eh 13i8, fit bâtir la chapelle et l'hôpital de la Merci, dont il subsiste des débris que nous retrouverons en parlant de la rue du Chaume sur laquelle ouvre ce reste d'édifice. Là famille de Braque, de laquelle faisait partie Germain Braque , échevin sous Charles Vil, avait sa sépulture à la Merci ; mais avant de porter son nom, la rue s'était ap})e-

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léèdesBoucheries*da-Temple, àcause d'une boucherie qu'en 1 1 82 y avaient établie les chevaliers de cet ordre, dont les droits seigneuriaux étaient encore perçus par laconiroander ie du Temple en 1789, Cette voie publique, au surplus, a vieilli sans changer giand'cbose à la disposition extérieure de ses deux rives, depuis la lin du règne de Louis XIY ; à cette époque, la Ville, par une prodigalité exceptionnelle, entretenait presque une lanterne par maison, pour éclairer aux habitants de la rue; il est vrai que, comme on va voir, la qualité expliquait le crédit des dix propriétaires de ce temps-là.

Girard , procureur général en la chambre des comptes, tenait de son père et laissait à sa Glle, la duchesse de Brancas, un hôtel dont il est resté quelque chose au n"" 3 ; la marquise de Beauvau, née de Brancas, en héritait ensuite^ avant que Mauduit de Tavers, syndic des contrôleurs ordinaires des guerres, gérât ce bien de ville pour le compte de son frère, frappé d'interdiction. Le 5 appartenait à la marquise du Luc, femme d'un lieutenant général , et ne passait qu'ensuite à Âymard-Jean Nicolaï, marquis de Goussainville, qui demeurait place Royale.

Le plan de 1562 nous montre un grand hôtel, qui vient ensuite, et qui se rattache alors à un plus grand, dit séjour des Montmorency; ce dernier donne rue Sainte- A voye (maintenant du Temple); ses jardins vont toucher ceux de rhôtel Novion, impasse Pecquay, et son gigantesque pourtour englobe des maisons de la rue Sainte- A voye, ainsi que rhôtel Sourdis, rue de Paradis. En cet hôtel Montmorency est mort le coQnétabie après la bataille de Saint-Denis ;

, aO LES ANGUENÎ^ MAISONS DE PARIS

Henri II, quelque temps avant, y a renda d'assez fréquentes visites à cet adversaire des Huguenots, pour qu'on le dise un des logis du rou Une partie de l'immense hôtel -et la totalité de son annexe, rue de Braque, passent, fin du siècle suivant, entre les mains de Jean-Antoine deMesmes , qui les fait tous deux rétablir sur les dessins de Bulet, et de Germain Boffrand , au commencement du xnii'' siècle*

Bientôt Tillustre magistrat est nommé premier président et de l'académie française. Son collègue Despr^éaux. lui dit î — Je viens vous voir pour être félicité d'avoir un collègue tel que vous.... Mais les bureaux de la banque de Law sont installés, pour commencer, dans une portion du ci-devant séjour Montmorency; le président, au nom du parlement, en fait l'objet de remontrances respectueuses au Régent, qui le font exiler à Pontoise, où il tient une table somptueuse dont il fait les honneurs aux dépens du. Bégent aux conseillers partageant sa retraite obligée. La disgrâce trop tardive de Law envoie ce financier remplacer de Mesraes à Pontoise. Seulement, d'autres sujets de remontrances ramènent, une fois réintégré, le président.près du chef de l'Etat, qui un. jour le paie d'un gros mot, réponse extra-parlementaire. — Monseigneur désire-t-il, réplique le magistrat, que sa réponse soit enregistrée ?

Or, on appelle petit hôtel de Mesmes cette maison (n'' 7) qu'habite postérieurement M. de Vergennea, ministre de Louis XYI, qui a fait reconnaître aux Anglais l'indépendance des Etats-Unis. Les bureaux de la recette générale des finances occupe à la nciéme époque le plus grand des hôtels de Mesmes^ où lesrempljacent peu de temps après c^uxde

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TadlQiniBtrâtàon des droits réunis, qu'a oréée et orga* niséè le génie du comte Français de Nantes. Puis, cette propriété considérable est divisée par lots; mais celle de la rue de Braque a été achetée en 4767 du marquis de Mesm'es , seigneur de la Chaussée, maréchal-de-camp , par Raynat, receveur général des rentes de rHôtel-de- Ville. Raynât en gratifie la veuve du financier Bronod, sa légataire universelle; elle appartient de nos jours à M. Tic* quety^ maire de la commune du Mesnil.

Du vivant de Gomboust, l'hôtel en regard de la Merci a nom Bailleul. Le président Bailleui, sdgneur de Vatiois, y a pour successeur le chevalier Bailleul, seigneur de Ghamplatreux ; puis Thôtel passe à Jean Mole, ensuite à Moié de Ghamplatreux, (Résident à mortier. Noël Bouton, marquis de Ghamilly, en est après cela propriétaire ; gros et grand homme, au dire de Saint-Simon, brave et rempli d'honneur, excellent maréchal de France, mais d'un esprit au-dessous de son bâton, peu capable d'inspirer l'amour; néanmoins, cet ancien lieutenant de Schombeiig s'est épris d'une re* ligieuse assez sensible pour lui écrire douze lettres, mémo- . râbles sous le titre de LeUrei d'une Portugaise, Le conseiller Florent de Gpignonville a traité ensuite de l'hôtel, et.il a eu pour héritière sa fille, maïquise de la Luizeme, bélier mère du comte Geoffroy-Gyrus de Briqueville.

Le numéro suivant n'est qu'une moitié de l'hôtel que Joseph Le Lièvre, marquis de la Grange, maréchal-de-camp, gouverneur de Brie-Gomte-Robert^ a héritée de son père, grand-conseiller , acquéreur des Galland , secrétaires du grand conseil. L'autre moitié, par suite d'un partage dé-

venu définitif en 4740^ appartieot à la sœar du maréchalde-*camp) femme de Jolly de Fleury, lequel a succédé à d'Aguesseau comme procureur-géoéral au parlement ; c'est justement à la même date que notre éminent magistrat, qui a été aussi sous le Régent membre du conseil de con> scieqce, s'adjoint son ûls aîné, tout en lui assurant la survivance de sa charge, et en lui abandonnant son hôtel de la rue de Braque. En somme, l'architecture de ces n""' 4 et 6 prouve surabondamment la communauté d'origine ; leurs escaliers remarquables sont tout pareils; plusieurs plafonds capitonnés dont l'un (n^ 6) est urne magnifique pein* ture de Lebrun, qui représente la Justice, font regretter les grisailles disparues qui décoraient les pièces voisines. M"** Blanche de Càu^aincourt, veuve du duc de Vicence en 18S!7, possédait l'un et l'autre de ces hôtels jumeaux. Quant aux propriétaires du côté droit de la rue qui figurent encore dans la liste placée en tête de notre notice, c'étaient: 1*" les tuteurs honoraire et onéraire de Charles- Louis et de Charles- Michel Trudaine, fils du ministre; 2* M*^* de Vallory, fille d'un lieutenant-général, seigneur de Bourneuf, dont l'épouse était légataire universelle de Claude-Louis Aubry, son beau-père, colonel des dragons, de Bellisie, décédé en 1709; 3° Charles-François Pajot de Juvisy, seigneur des Pavillons, gouverneur d'Auch, dont les prédécesseurs avaient été Michel-Robert Le Pelletier, comte de Saint-Fargeau, conseiller d'Etat, et Pierre Bruneau, seigneur de Maulevrier.

I^ri». -> lœprimvrie âé Pok»mt et Mormd, 42r rue V«Tit).

LiV. 17 LES ANCIENNES MAISONS

Des rues de Bretagne, de Breleuil, BretonvSlliers, Brisemiche, de la Bocherie, de Buci, fiuffauU el de Boffoo.

ItOTIcks FAISAIiT PARTIE DE l'oUVRAGE INTITULÉ :

PAR M. ZiEFEUTZ,

llonograpfakf publiées par lÎTraisons séparées en suâanl l^ordre alphabéUqae d« ntà.

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