RUE CHAPON
Une femme dont les galanteries, pendaqt les dernier}!^ lustres du règne de Louis XV, ont laissé quelques traces dans les chroniques scandaleuses^ ét£Ût fille de Guynebault, marquis de la Millière. Ce rejeton d'une famille protestante du Poitou, qui avait hérité trop jeune de 25,000 livres de revenu, abjura, quand il fut ruiné; une pension, son dernier refuge, lui permit de subsister encore, avec la fille de son jardinier, qui était devenue sa femme, et de laquelle il avait trois enfant^, L'un des trois eut une compagnie, mais quitta la milice pour vivre d'expédients; puis venaient deux filles, et celle dont nous parlons ici avait pour sœur cadette une pensionnaire des Carmélites de la rue Saint- Jacques. En cessant de vivre, le qpiàrquis laissa des procès, pour toute fortune; sa veuve eut à faire des démarches près de M. de la Valette, intendant de Dijon, et du procureur générai, et de l'avocat général, et elle ne réussit, dit-on, à se les rendre favorables qu'en amenant avec elle l'aînée de ses filles, élevée dans un couvent de Provins, où elle se destinait à faire des vœux. Deux beaux yeux sont oujours, en pareil cas, le meilleur avocat. Puis la novice tomba malade, la prise de voile fut reculée. Nivers, le mé*
44 LES ANQBNNE6 MAIS<M!fS BË PARIS
decÎQ du couvent, ne remit sur sa tige cette rose de Pro- Yins, passée lys, et ne lui restitua ses vives couleurs qu'en horticulteur passionné : la convalescence ne fleurit que pour s'^paîiouir^en ^grossesse. W^M la JliUîàie int pnkie en pension par Nivers, médecin décrié au parloir, mais que toutes les malades appelaient. Par malheur, ilétait marié ; «ntfe rarhreetl'éGorce, il n'y a pas place 'pour le doigt, et W^ Nivecs «tenait à être Tarbre, ssms qu'une^aiitre en ^rtàt les fmiits dorénafvant* ,
Obligée de seiréfogier chez Bellissen, proouveur au Châ^- 4elet, tp^ d'urne aie S86 amies de couvent, et qui demeurait eue Saint^iAndré^dAS^Arts^ la jeune mère n'y revint pas à hien. tDes^fiaBBnptBfde^iice un jour l'y arrétèpent, en l'ac-r i^oaant d'jm^4d:C0iimiis chez une marchande de modes. H n'en filait ipastdmantage pour que le procureur lui ^iirter^ 4it^re&tréede«ajnaison; seulement, il «vaitipour beau- £ls M. de MandeviUe, Jéaiitendiitt au régiment de^Rouergoe, «qui, n'y scgaardaût pas'de si près, la recu^Uit avec anioan Protégée qu'^e létait toujours ^par te procureur général, ^le dut à BDQ^éditiuaedot de t%^t)O0 Hfvres, provesanl; d'unileg&aonfié au maj^mt, ^ai «vait été stipulé four^*ciiUènle mftinfige dHine demoiselle de concblion, mal pur^- 4^ée du jcôté de ;la fortune. >Le lieutenant épousait M^*^ de ia Mitlièiie, euise «pamnt 'd^n titre de «marquis, que d'He^ nier loi eûtimarchanidé. Il y^^aît en éffe1;%ine lerre deManëoMiile, ^pitès Bayent: ; mais, sous Louis KT^I, le comte de
IVériètfea jeiiMaUt de cette ftaffemie, inearj^âBtedvte aos ecmté^ Deux autre» Maadei^ille^ eaixrlà ommkiu»^. avaient (Hicceâaiveoienjt gouverné Dieppe ;. mais ik éteimit dliéa^à àm d'Aligi^^ Ittortemart et Calhert., La. floif^tat;. bkh** quiae^, par congéquiBQt, appartenait déjà aa dl^nrfflOQde^ %jae le nàtce crok avoir wneotà..
AI. derMoras, qui lui voulait dit bvsn, pourvut bûh nsari d^uo brevet de eapitaine daas les Iodes.; maïs l'officier sfarrêtam Orient, rebroussa, chemia, et passa» aii& mous^ ({aetairesnoirs. M^^^ de MatidaviUe étaitune brade piquaiate^ grande,, bien prisey avee dâ beaui&yeux.;. dois FavoiBS voe^ aU' pastel y <yuai Voltaire; aUe cesMuiblait, atnn faille ,. à Louis XY^ ce qui lui mérita une cour, l^es fonds secrets lui manquèrent encore moins, car dle^ avait. maison menté6> trois laquais* à^ grande fi vrée> et menait boni train rue Gha^^ pon, dans» ua bâtai qu'on* retrouve à notre époqiBte^ portant le n"" 16. Malheureusement, L'esprit de oette femme du manâe y cDminB: on di^ait^.alor^ de^ ce. gçnre^ do femmes, ne bciUait guèra, et Nivers, son amant de^pro^ee^ avait perdu lui^4[iâmerà la regsetter le peu qu'iL €»§ avait^ : ce malheutrous, pour ji^uer* m» dernier tour à son! épouse légitima,, une fois sa maltresse» envolée, s'était pendu dans sa cham>bre à coucher.
L'ancienne demeure de* W^ de MandeviUe est nntintKK nant £ui pomroir. d'un- gnand (H^fèvce de larue'SainthBiaetâ% SI. Ifetâucbe. La^i^ailvdra numéros. pBtr£^
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«6 LES ANCaElNNES MAISONS BE PARIS
gion de la rae,. qu'occupent surtout des fâbH^mnts de hm^ séries, sont (les anciens logis de magistrat, maisons dan» tous les cas bâties sur des terrains donnés à cens par les dames de l'hospice Sainte-Catherine, et qtie Tadministration générale des hospices a mises en vente, au comment cernent du présent siècle. Leur maître à tous est rancteu hôtel de Jean-Bàrt, n^" SI et 4, propriété d'une mïagnifiqae ampleur; mais nous frapperons une autre fors à sa porte principale, rue du Temple^ 115. Cette partie de la rue, entre la rue du Temple et celle de Beaubourg, s'appekît Robert-Begon, e^ puis Capon, au xm"" siècle ; deis maisons, aU nombre de 36, y remplacèrent, dans le courant du grand siècle, des bouges qui jusque-là s'y affectaient à la débau^ che. Les évéques de Reims, dont l'hôtel s'y trouvait placé dans le principe, se plaignaient fort d'un pareil voisinage ; mais ils cédaient bientôt, au chapitre ainsi qu'aux évéqued de ChâJous, ladite maison de ville.
Un de ceux-ci, M. de Marchaumont^ en traita, l'an 1^61 9, avec^des Carmélites qui, depuis deux années, transfuges du faubourg Saint-*Jaoques, s'étaient contentées, rue Chapon, d'un logement qui ne leur suffisait plus. Catherine de Gonzague et de Clèves, veuve de Henri d'Orléans, duc de Lon- ^eviUe, les aidait de sa bourse, ainsi que le prince, fils de <»tte duchesse douairière ; Anne d'Autriche protégeait aussi l'établissement, dans cette rue, d'un second prieuré et couvent de la Sainte-Mère de Dieu , (Mrdre de Notre-Dame
sous NAPoy»N m. ij
du Mont-Carmel. La rue de Montmorency ix)rdait les jardins de ce monastère y qui a servi de refuge à tant de femmes nées pour le monde, mais curieuses de mourir deux fois , pour ainsi dire. Un hôtel à façade ornée de sculptures, le n* 13, en dépendait ; la plus grande partie des autres bâtiments conventuels, vendus lé SlS prairial an V, subsistent encore rue Chapon, nie Beaubourg, rué Montmorency, ainsi que nous Tavons dit ailleurs : sous lé Directoire, on y dansa, pui» on y joua la comédie.
La voie dont nous parlons comportait 27 bâtiments, en Tannée 4 7H, dans sa partie appelée rue du Cimetière- Saint-Nicolas-des-Champs, entre les rues Beaubourg et Saint-Martin. Lacour de Saint^Martin-des-Champs servait d'abord de cimetière à la paroisse Saint-Nicolas ; mais dès le siècle xiii, l'espace y manquait à la fosse, et te cimetière fut transféré dans un clos, donné à cette paroisse par les religieux de Saint-Martin-des-Champs. L'entrée en était rue Transnonain, aujourd'hui Beaubourg, ids-à-vis l'hôtel de Chàlons, plus tard couvent des Carmélites. Le curé et sed paroissiens s'étaient engagés à percer une rue, pour conduire à l'asile mortuaire, et ladite rue porta son nom ; tel est l'état-civil de cette voie de communication, réunie à là rue Chapon on 1 851 . En procédant à des réparations, tout dernièrement, n° 31 , n'a-t-on pas retrouvé des ossementg humains, qui pouvaient être les dépouilles mortelles d'un «ujet de Philippe-le-Bel?^
«« LES ANGUBNIHBS VAmm m PARIS |
RUE CHARTIÈRE.
Une petiJ^ statue <ie Beon IV ae ram«rxpuit&eiiû»iM^ Bom Lûuia XYi, au cdn dd^ raefi Ghartière et FroMBntolv tt ^im ¥ouiait dicQij'e yott&^le daoaâ^ide^ cette figure de,roi> vailbuit., mais qui n'était pM un gi;anKl eteFc^, au miUea dea Cdttéges de la moata^]^ Saiut-Hilaiire? Impossible d'y vqîf autve ckose que le souyenir d'un reudessr-itou&galaoit. Bedites^ous donc, échos savants, quelles leçpns de g^antorie (mais^les mattres en cette faculté apprennent toujpuEs plus qa'UB n!m^ peignent), quelles leçons en&a, le Itéros d'Arqués etd'Ivry est venu premlra etddnnec dans lea parages de la pédago-^ gie! La traiiitioa multipliera cKBu^-^joi&Ies EendezrVQus d'à* mour que donnait Henri lY^ et elle se plaît à erotse ^e* la même maitresse en recevait sur tous^les^peûatsde lag^UDd'-ville. Nous, retcouiyeroasr donc la belle Gabrielle jusque dans la rue From^nteL On ajoute que les écuries de eette hôtellerie seatimenlaleéts^ntdans la petite rue Ghartière, n"" 11 9 derrière le coUége dea Jésuites. La compagnie de Jésus était bannie de.Firanee depmsl'assassiaat de HenrilII ; mais six ans après la prooxulgation de l'écUt de Nantes, uo autre édit royal la Fa^ela.
Le relais dont nous parlons se trouvait d^ois Vaxacmk collège deGocqueret; mais il ne fii«tpas.fr!étDnoe»^^p];e.ces
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SOœ KAPOLÉON III. !»
claBfles^ dites petites écoles sous tes Yalois, fassent après eux, réduites à Fétat d'écuries. Nous avons déjà fait This* toire de cette fondation scolaire et du collëge de Reims , corttigu à Cocqueret , dans V'Histoire de V ancienne Sainte*- Sapbe (2* époque); comme collège de plein exercice, elle avait été supprimée en 1554*, par setftence de la Facuttë des Arts ; c'est seulement vin^t années après qu'une partie de ses bâtiments avait été vendueà de» particuliers, il! parait néanmoinis que, du côté doDOtre pifô, une maison con*^ serva le nom de Cocquercft assez longtemps. Le précisé n** 41, dont 'la porte cintrée est décorée d'une coquille, et parfaitement Teconnaissable , se voit 'encore traité de collège de Cocqueret sur le plan de Paris en 1652. Hurtaut, dans «on IHttiofmaire de Park en 1779 , cite l'immeuble, comme survivant à bb. destination, mais san» princb* pal , sans JDOursiers, et raétamorj^osé en manufacture ^ carton.
Au reste, près de la figure du dhéf ée la dynairtie des Bourbons, au bas de la rue, était situé le Rufts^^iertam, ressource précieuse pour le mont Sahst-Hilaire, a^ant qri'on y fît venir de reau d^Aroaeil; ce 'bienfait primitif était éû à Robert Oertain, .curé de Sainft^Hileire, pais principal de Saiate*l^ai4^, «eus le P^gn» ^ Henri II. -Pltts tard, un p&^ tissier de la défunte place €am%rai prit pour enseigne : 4^ Puits-Oertain. . Pi6B^é 1otî*es les^maisons de cette toc du xin'' aiècleap^
partinrent à des collèges, les occupant ou les doniiaut en location. Les ruines qui devraient porter à présent le i)^ 8, dépendaient du collège de Marmoutiers, créé en 1339 avec Je collège du Plessis, vendu en 1641, au prix de 90,000 livres, pour agrandir le collège des Jésuites, et avpc l'agré* ment du cardinal de Richelieu qui, comme abbé de Marmou^ tiers, restait supérieur du Plessis. Âmador-Jean-Baptiste de Vignerod, bientôt pourvu de la même abbaye, céda ensuite à la maison de Sorbonne, pour faire plaisir à son onclè^ le cardinal de Richelieu, le droit de supériorité sur le Plessis, en se réservant la collation aux bourses. Le collège de Clermontou des Jésuites, aujourd'hui lycée Louis-le- Grand, longe toujours une bonne portion de la rue; on y revoit son ancienne chapelle, bâtiment rond, aujourd'hui classe de chimie. C'est depuis le règne de Louis XIV que cette maison a aussi englobé l'ancien collège du Mans, fondé en 1 51 9 sur les rues de Reims et Chartière par le cardinal Louis de Bourbon, dans l'hôtel des évêques du Mans, puis transféré, non sans procès, à l'entrée de la rue d'Enfer.
Enfin nous rencontrons à notre époque, depuis le nM 3 jusqu'au 19, des murs et des corps de logis faisant partie de l'école préparatoire aux écoles du gouvernement, annexe de la maison de Sainte-Barbe. C'est bel et bien l'ancieii collée de Reims, dont nous n'exposerons pas une seeonde fois l'origine , mais que releva, sous la Régence, François de MaUIf). archevêque de Reims ; les plus vieux bâtiments qu'oa y
sous NAPOLÉON II!. 2i
Tietrouve datent de 1745; mais cette jecon&truction , (jui coûta 72,000 livres, endetta si fort les boursiers, qu'il n'eft restait plus qu'un, qui pût y être défrayé, h l'époque de la réunion obligatoire des boursiers des petits collèges. Toutefois diverses fondations avaient fait Reims propriétaire de 1 1 maisons, dans les rues de Reims, des Sept-Voies et Chartière. On en tira, après la réunion, environ .1 ,000 écus par an, en y prenant vingt locataires, et le revenant-bon servit encore de provision pour 8 bourses à Louis-le-Grand, érigé sous Louis XV en chef-lieu de l'Université de Paris^