‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 42 sur 85 · RUE DE CHARONNE · texte numérisé non relu

RUE DE CHARONNE

I<e TiM éM ranéraillM. — 1m M«4elein<Hi«-TrftiMel. — ïïjem Filles 4e !• Croix. — IVotrc^DMiie-4e*BoM-Seea«r0. — I«« ToealipM de la partieule. — JL'hdtel «e ÏHIorAasiie. •- T«ac*mwii«

La classe ouvrière, à Paris, conserve religieusement l'usage de vider quelques verres de vin pour dire adieu à cha* cun des morts qu'elle enterre. Le petit et le grand Charonne ont leurs guinguettes, leurs cabarets, oii se boit hors barrière le vin des funérailles, et le Père-Lachaise ne les eu laisse pas chômer. Une me ramène ensuite au faubourg Saint-Antoine les compcqgnons d'atelier du défunt et la fâr ' mille, qui compte m membre de moins. .Cette rue, longue

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et manufacturière y n'irait encoi^ qu^uH ctomm miiB Louis Xill.

Une fabrique^ dont le chef ^ ancien maire èa 8* wronéifi*t^emeut , est le neveu de Richard Lenoir, occupe, «'' 400^, Pancien couvent des religieuses de la Madeleine-du-Tramet. Cette communauté, fondée au Traiael, en Champagne, vens le milieu du siècle xii, fat tran^rée rue de Charonne eu 1 654 ; Anne d'Autriche y posa la première pierre de sa chapelle. Le garde des soeauK d'Argenson fut aussi l'un des lÂenfaiteurs de cetle maison soumise à la juridiction de l'archevêque de Paris ; la duchesse d'Orléans, avant de s'y retirer, en augmeata beaucoup les bâtiments , qui comprenaient aussi le n^ 1 02 actuel, et qu^ furent vendus le 5 brumaire an X.

. L'édifice qui se trouve à côté et que fait remarquer une porte monumentale^ sans compter plus d'une autre porte, est encore occupé par les «oeurs de daCixux, de 4'erâiie^e Saint-Dominique; elles y sont rentrées en 4817, mais c'est seulement depuis quelques années que leur position y est légalement déterminée : elles n'ont que l'usufruit de ceMrte propriété, que s'est réservée le Domaine. Leur territoire était beaucoup plus vaste avant la République, mais on ne l'avait pas aliéné pendant le quart de siècle où elles avaient cessé d'en jouir. Dans leur sanctuaire était placé le cœur de M"* Ruzé d'Effiaft, fille du maréchal, aux dépens de laquelle s'étai* ^aMte fennaison, «près de la fin Aligne

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de LoMLS XilK frécédewmnty ces religi^usc^s, protégées ^akinwt par la> duchesse d'Aiguillou, n'avaient fait que lasser rue Ihlatjgiacm^-Louvre^ rue Plâtrière,. dite aujourilmi Jeau-JaA?qu^s^RQl^|sew9; et tout d'aJboixl au faubourg Saiikt-Marcew.

<c CiU 4a Bon-Secom^y » nous dit un. écriteau qui attire les regaidsi vis^vis. Cet immeublte et les deux immeubles qui le toucl^âl^ à droitei et h gauche^ constituaient le prieuré dd Noti^Dame^Q^BoQrSecouirs y créé au commencement des troubles de la Fronde par la dame Claude de Bouchavanne^ veuve d'ua conseiller du roi, et mis sous la conduite d^ sa sœur, Madeleine^Emmanuelle, religieuse au couveat da Natre-Dame de Sois9ûns«

Les monastères de filles y allez-vous dire, pullulaient dow dans ces parages? Ten. conviens ; et les plus grandes dameSy les plus distinguées^^ coup sûr, participèrent,, peur daut plus d'un siècle,, à ces sortes, de fondations , après avoir plus ostensiblement «ttaché leurs noms aux passes d'armes et aux tournois^, durant le moyen âge. Plus tdrcljj les femmes d'élite étaienJi recoimucis aux dédicaces de livres Cfu'on leur offrait; elles créaient alors des salons, et la rér putation en était faite par Tesprit , un hôte £avori, qui y coudoyait la noblesse et que les privilégiés de la fortune y miéna^eaient. Depuis qu^ l'industrie mod^ne et ses constantes préoccupations tienneiiKt les^ fe«»mesi du monde à Féciart y elies demeurent étrang^res>. si cet n'est dans lemr

chambre à coucher, aux progrès de la production , etellegf se bornent à figurer, avec un éclat calculé, aux coloiinerf du passif, comme consommation prodigieuse j Où retrouver, je vous prie, leur portion d'influence, leur mouvement eti propre et leur initiative, au milieu des lices financières où elles n'ont armé personne chevalier? Les plus ardentes, les plus fines, les moins patientes, les sensibles et les agissantes, m'apprendrez-vous à quoi elles se rattrapent dans notre société actuelle? Que ta plupart de ces recrues nouvelles faites par la bonne compagnie aient rœil, mieux que leurs devancières, sur les dépenses de Toffice, sur leurs cahiers de musique, au piano etsurPhorineurdeleurs maris, d'accord; que ces dames fassent acte de présence à tous les bals de charité, et que, ces demoiselles prennent pas mal de billets aux loteries du baron Taylor, je le veux fort! Mais une autre ambition encore agite, il faut le i;econnaître, les innombrables ménages des parvenus, et presque tout PéSprit des mères, avec celui des filles, y passe. Les moins actives s'en remuent, comme les mélancolique^ y rêvent ; les impatientes s'en torturent, les plus heureuses disent : M'y voilà!... L'idéal est, pour toutes presque sans exception, non plus un mari, mais un nom ; la blonde jeune fille trouve déplorable celui que son excellente mère subit elle-même en rougissant; la veuve en a deux, au lieu d'un, qui lui inspirent la même horreur. Où trouver un titre, fût-il nu, une particule nobiliaire, ne fût-elle qu'au milieu d'un nom à

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différents compartiments^ mais qui ne rappelle plus la source des flots de soie et de dentelle^^ ne transformant que la personne ? Ancien régime ou Empire, que m'importe! magistj^ature ou gabelles, qui le saura? Mais, pour Famour de Dieu et de ma dot, il me faut une carte de visite, laquelle n'ait plus rien de commun avec le chocolat, l'indienne , le notariat, la houille^ la cote de la Bourse ! . Ainsi parlent, de seize à soixante, les plus enviées et les plus provocantes, entre les prétendues disponibles, et tout le reste, pour elles, ne vient qu'après! Vocation de la particule, tu recrutes, dans la bourgeoisie un bien grand nombre de novices ! pn voyait, au contraire, des princesses de naissance qui venaient,, à l'époque dite des raffinés, s'appeler sœur Marthe, rue de Charonne,

Eglise et monastère de Bon-Secours furent relevés et agrandis par l'architecte Louis, de 1770 à 1780; puis, vendus par l'Etat, le^ 211 floréal an YIII et 5 brumaire an X. Richard Lenoir en fit bientôt une filature de coton, et c'est pourquoi son nom est eniprunte par le passage voisin; Napoléon I" , avec une partie de la famille impériale, se rendit à une fête chez ce grand manufacturier : — L'un et l'autre, lui dit-il, nous avons fait une rude guerre à l'industrie anglaise, mais jusqu'ici le fabricant a été plus heureux que l'empereur. •• La meilleure portion du couvent appartient, depuis l'année 1848, à M"* Ledru-RoUin ; une manufactura de papiers peints , entourée de bien d'autres

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atelierâ , s'y retrouve à la place de lîècole tîu Commerce, qu'on y voyait sous Louis-Philippe.

Par exemple, je ne saurais vous dife pourquoi te n^ 77, dont l'édifice se délabre, est traité de la Vieille Pension par les commères du quartier; quelques autre* bâtiments sé^ culaires se remarquent dans la partie basse de la tue. Entre autres, voici le 57, petit hôtel à façade bien sculptée, qu'habita une princesse, à ce que disent les voisins; mais' je crains un peu qu'ils se trompent tant sur la qualité que sur la quantité, car c'est l'ancien quartier des petites maisons, Celle-là, en tous cas , ne faisait qu'une avec le 55, école primaire au temps du Directoire.

Enfin, voici l'hôtel Mortagne, qui n'a perdu son premier nom qu'en le laissant à une impasse; les petite soupefs, pour sûr, y florissaient. La seigneurie de Mortagtte la plusieurs fois, au reste, changé de mains. Le maréchal Goyon de Matignon, prince de Mortagne, l'avait veftdiîie aux Laménie ; le cardinal de Richelieu l'avait acquise, après cela, pour la laisser à son pétit-neveu, avec substitution au profit des aînés. L'hôtel Mortagne fut habité , au siède de^ nier, par M. de Vaucanson , célèbre mécanicien. Les Ca*nards sont , je crois , la pièce la plus coûnue ; mais il eà créa beaucoup d'autres. Poursuivi, menacé par un groupe d'ouvriers,, à Lyon, il imagina, et) revanche, une machine" avec laquelleutt âne exécutait une étoffe à fleurs. Puis tlfooi*^ nitàMarmontel, pourla première représentfttiondeG/^d|pô«fé>

un agpic, qui sifflait en s'élaoçant sur le sein de Théroïne. — CQmiwn* tTQtivea-Toiw cette tragédie? demandaît^on à l'un des spectateurs. — Ma foi, je suis de l'avis de l'aspic, Pépoodit-iî... Mort en 178* et enterré à Sainte-Marguerite, T^cansotf avait donné son cabinet à la reine ; mais les intendants du commerce réclamèrent les pièces relatives aux manufact^res. Yandermonde , mathématicien et musicien, adopta les idée» de la Révolution, qui l'avait trouvé directeur du. cabinet de Yaucanson.. Le Elùteur et le loueur d'écheo» paMè^eat alors en Allemagne ^ et les autres auto* inates.furettl dispersés en même temps. Quant à M* de V&ndermoiide, il coopéra, en 4793, avecBertfaoletetMonge^ àuB Avis auo^ouvriers en fer ^ sur la composition de Tacier, par ordre du comité du Salut public, et ce factum était le • résultat de longues expériences faites rue de Charonne* Puis,^ l'empereur logea à l'hôtel Yaucanson des peintres qui furent congédiés, à ce ({u'on dit, par suite d'inconduite ; et Grégoire,, artiste en son genre , mais qui travaillait sur le vekiws,. en fit une manufocture que visita en 18i4 Tempereur d'Autridie. On y rencontre de^nos jours un décorateur-ornemaniste, et très-souvent des amateurs viennent saluer, dans ce n^ 5f , Tancienne demeure du grand mécanicien. Sa porte majestueuse , sa large cour et ses sculptures offrent un aspect de Fautre siècle ; il reste même une petite portion du grand jardin qui, autrefois, s'étendait jusqu^'à la Boquatte^.

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