‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 51 sur 85 · RUE CHRISTINE · texte numérisé non relu

RUE CHRISTINE

Rue de Choiseul, nous nous sommes flatté de découvrir des maisons plus anciennes que la rue ; rien n'empêche qu'il en soit de même rue Christine. On a taillé cette voie de communication en 1667, en même temps que la rue Dauphine^

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sur les terrains de l'hôtel et collège de Saiot-Denis, et on lui a donné pour marraine Christine de France, seconde fille de Henri IV et de Marie de Médicis, princesse qui épousa le duc de Savoie et qui refusa, étant duchesse-régente, de livrer à son frère, Louis XIII, son propre fils, le jeune Emmanuel-Philibert : Richelieu en conçut pour elle de la haine. Ses rares qualités faisaient dire qu'elle était belle sans orgueil , digne avec affabilité ; trois langues , Je fran- ^is, ritalien et l'espagnol, lui étaient familières, et il n'y en avait pas trop pour exprimer avec élégance tous ses sentiments délicats. L'hôtel Saint-Denis appartenait à l'abbaye royale du même nom, avant l'ouverture de la rue, qui devait couper en deux ses principales constructions ; il avait été édifié en vue des anciens murs, fossés, remparts et contrescarpes, qui allaient de l'ancienne 'porte de Nesle à celle de Saint«Michel ; comme emplacenxent, comme édifice, il était d'une grande importance, bien que ses bâtiments dissent traités de masures dans un arrêt du parlement relatif au percement projeté, et rendu en 1 595. A la barre de cette cour furent adjugés, le 18 septembre 1606, les neuf lots de cette propriété considérable, lesquels dejvaient border la rue Christine. Il s'en fallait que chacun de ces neuf lots eût un terrain nu pour objet. On avait démoli partie des bâtiments ; partie en allaient être refaits, et ainsi sont venus jusqu'à nous des restes de la propriété des plus riches moines de toute la chrétienté.

iB LES ANCIENNES MAlSeim K PARIS

Le 1 et le 2^ par exempte, n'cMit £aût qu'un, dans leur origine ; leurs portes datent du [xnV siècle à am début. Mais leurs deux corps de logis par derrière Boot à coup sur de même venue; leur séparation ne peut dater que de l'année 4607. D'estimables rampes de fur garnissiifit; leum esealiers; on y remarque, n"" SI, un chiffre C. Hi^ fuerW^^mjs du quartia: prennent à tort pour les initiales de deus Boi&sr qu'assoeia un amour dont la fin fiit très-dramatique t. Christine de Suède, MonaldeoDhi. Le portier du n^ 3 aura lui-même grand'peine à croire que la reine de Suède n'att pas résidé autrefois dans lamaiso» oè. il tire le cordon ; oe fort brave homme s'est oonstiitBé, di(t-on, un petit fonds d'érudition, dont la biographie de cette princesse, morte en 1689, a £ait royalement tous les frais. Il lui impartit notamment que dans les anciennes écurks, qui se sont révélées, ainsi que des cuisines , dans les caves, le pald^i de Christine eût piaffé. Par malheur, cet hôtel, qu'un jardin accompagne encore, ne figure que pwim les reliefs 4u festin de pierre servi jadis, sur un vaste plateau, par l'architecte d^une aU)aye. Un souvenir plus moderne s'attache à son premier étage, habité vers 4 803, par Lanefranqne^ médecin de la maison impériale.

De même un médecin de. Louis XIV, Denis AUain, de^ meurait aun"" 4, propriété actuelle de M. Huguier, dont le nom grossit également la liste des célébrités médicales* Denis AUain y avait pour voisins, par le fand, les GriHuis-

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Augustins. La maison, faite ou refaite en 1608, pour Etienne Letellier , appartenait au milieu du règne de Louis XVI à Jean-Louis Carnot, écuyer, commissaire des guerres de Tartillerie et de la marine à Toulon. C'était plus tard, avec le 6, un hôtel garni, dit de Christine, que les chemins de fer ont fait changer de place.Le 6, percé d'une porte cintrée, a pu voir passer Henri IV; un libraire en dispose, M. Germer Baillière. De même forme est k porte du 10, hôtel du Rhône.

Consacrons, pour finir, une mention honorable à une résidence de robe, dont Taspect s'est bien conservé, n** 9. Lt3 chancelier d'Aguesseau et sa femille vendaient, en 17218, à à Ambroise Gandin cette maison, et deux autres qui lui étaient contiguës, rue Dauphine. M°* Gaudin, dix-huit années après, la larssaît à son fifs. Clément de Boissi, qui céda à Bunel ; puis vint la famille Des Etangs, qui depuis un siècle "a fourni au Palais, de père en fils, un procureur et deux avoués. M. Chevalier, opticien, du Pont -Neuf, a traité de l'immeuble dernièrement avec MM. Des Etangs, .

En somme, toutes les maisons de la rue ont sur la tête plus de deux siècles; mais, à l'échéance du premier, elles n'étaient qu'au nombre de neuf, avec trois lanternes.

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