‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 56 sur 85 · I.a rolie en gage. — M. Bontim* ~ TiToli. — TÊÊ}^ Caii|ié · texte numérisé non relu

I.a rolie en gage. — M. Bontim* ~ TiToli. — TÊÊ}^ Caii|ié

Ëlie fut d'abord appelée chemin de Clichy, en raison du ▼illîige dont elle prenait la direction ; puis rue du Coq, à «cause d'un château considérable qui se trouvait en bas^ rue Saint-Lazare,

Trois acacias se couvraient, au print^ups, de grappes blanches et parfumées, au premier coin de la rue à droite; à leur ombre, on vendait (les melons pendant les chs^eurs

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de Tété, et, dès que leurs feuilles avaient jonché le pavé, un Auvergnat faisait rougir sa poêle pour y griller le fruit dumarronier. Derrière cette sorte dejtonnelle, qu'a renversée le vent du progrès sous la dernière République, un comptoir en étain étalait déjà ses gobelets, et un homme en tablier bmn, pourvu d'un sac à la malice comme celui des escamoteurs, débitait aux buveurs, n'ayant pas d'autre cave que celle du coin des rues, le vin d'un cru qui n'aura jamais de nom, mais à un prix plus élevé que l'ordinaire des meilleures tables. Du paysage rétrospectif que notre plume vient d'esquisser, arbres et fleurs ont disparu; il ne reste plus que la fabrique. A côté du comptoir d'étain , depuis un temps immémorial , se tapit, au n° 4, un petit garni, le refuge des bonnes sans place qui, au lieu de chercher de nouvelles conditions , prennent souvent le parti d'en faire. Une jeune femme y vécut, au commencement du règne de Louis-Philippe, dans un état dedénûment que son amour pour un tout jeune homme rendait alors intéressant; ayant laissé en gage sa dernière robe chez le costumier du Prado, elle garda trois mois la chambre; le peu d'argent que l'amant se procurait était remis tous les soirs au marchand de marrons d'en bas , qui faisait quelques provisions, mais si peu plantureuses que cette fille en est restée maigre, et le loyer courait toujours : la robe de cette Mimi Pinson ne fut dégagée qu'après Pâques. Quç les temps sont changés! elle roule maintenant voiture; ses amples robes

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font un frou-frou à dépiter mille autres femmes. Faut-il vous dire enfin son nom? Il trône dans une chanson connue, intitulée les Beines de MabUle.

Un des fondateurs de la compagnie du canal de l'Ourcq, M. Hainguerlot, a laissé à sa fille, M"** de Vatry, un hôtel, légation d'Espagne il y a douze ans, et qu'au siècle dernier édifia le financier Boutin, l'un des trésoriers généraux de la marine. En ce temps*là, on appelait Folies toutes les créations nouvelles de maisons de campagne à la ville; Boutin fut plus heureux que Méricourt, Regnault et beaucoup d'autres : sa propriété fut traitée tout bonnement de Jardin-Bout in. MerveUle, en effet, que ce jardin! il était dessiné surtout dans le genre anglais, une innovation pour la France ; mais il avait tant d'étendue, qu'on avait pu y faire aussi la part de la manière de Lenôtre. Du commencement de ladite rue de Clichy aux environs de la barrière Monceaux, bien fin qui eût vu autre chose! Outre ses arbres, ses espaliers, ses fleurs et ses pièces d'eau, on vantait du riche financier la collection de minéralogie, le cabinet d'histoire naturelle et les serres pleines de raretés. Cet hôtel, qu'embellit encore une spacieuse cour ombragée, n'était alors qu'un pavillon d'honneur, avec son escalier grandiose; le domaine avait, rue de Clichy, une entrée principale, c'est vrai, mais à l'usage du jardin, qu'on demandait souvent à visiter. Un autre hôtel plus important, aujourd'hui nMOSI, rue Saint-Lazare, avait le Pf f s^^ÇjW^V

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là. Des JEètôi brillaiite» eurent Ueu^ sousr le^ Directaûre^ à , Tivoli^ ÇL-devant Jardia-Boutiu, On était altéiïé de plaisirs^; les incroyables du temps mirmt à la mode ce TÎToli où Toq daiisait^ sans préjudice poujf divers autres jeux, pendant toute la belle saison. C'était pourtant l'époque ou les CJicbjieiiSy dont les réunions se suivaient dans ce séjouv voué aux divertissemeuts, furent déportés à la Guyane* Tivoli, durant le Consulat, fut ^icore de banw compagwe; sa décadence ne commença qu'aux, dernières années die l'Empire* Napoléon y donna un banquet à la garda impér riale, Puis^ quand vint la Restauration, les fêtes avaient changé d'allures ; s'en abstenir était de bon ton. Aussi biea Tivoli, sous le règne de Charles X,. fut transformé en un quartier nouveau par Mignon et par Inguermann.

M^^"" Coupé, qui nous est présentée comme une danseuse par le livre de Paris chez soij disposa, rue de Clichy, de tout ce qui se trouve en face de la prison, à peu près jusqu'à la barrière, y com^pris; la nied'Amst^dam et iea constructior û qui la bordent. Elle avait, dans le haut de la rue,*vi3^à-^i9 de la Bouxière^ fermier^général, un hôtel, qui devint ubb pension; il en subsiste un pavillon, 88, rue d'Amsterdam,. habilement refait par M. Pigeory, pour M"* de Nujac, femme d'une élégance appréciée , qui ne manque pas une course dé Chantilly» Quant au grand parc de la Bouxière, il fut un second Tûfoli, quand le prenuer n'exista plus» Une autre pension 0«ç^e un peu; plus? bas,: ô1, ïiietde Cli-

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chy, la seconde maison de M"' Coupé, qui a donné asile dans Tune ou Fautre, épisode du drame de la Révolution, à Vergniaud, à Boyer-^Fonfrède et à RogerDucos, qu'où recherchait. Portons le premier hôtel au compte du duc de Grammont, puisque l'amour lui coûtait cher ; mais Tautre fut payée 80,000 fr. par Robert Jaunel, intendant général des postes, et ladite dame n'en fut que T usufruitière, une réserve étant feite de nue-propriété pour les enfents de M"* Lonaigny, amie qui vivait avec elle. M"* Coupé, à la^ quelle les Biographies n'ont pas su consacrer d'article, fut première cantatrice à l'Opéra, de 1750 à 1754. C'est le contraire de la cigale à laquelle disait la fourmi :

Vous chantiez, j'en suis fort aise ; Eh bien, dansez maintenant.

Cette femme de théâtre ne sera plus prise, comme avant nous, pour une danseuse. On lui adressa ce quatrain :

doupé, nulle amours sur vos tracefi

Viennent entendre vos chansons; Vous les attirez par des sons Et les retenez par des grâces.

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