RUE CLOCHE-^PERGE
il a paru^ en 1 733, un ouvrage mir Paris signé Sanvat ; mais Saurai , conseiller au parlement , n'en avait écrit qu'un fragment^ comme simples notes^ qu'il ne destinait pas à l'impression ; ses collègues avaient fait le reste. Oa y Rppretïd (page 597), que la rue Cloche-Perce fut dite vers 1660 de la Grosse-Margot, à cause d'un cabaret. Bien que Sauvai et C** ne représentent pas, à nos yeux, une autorité infaillible, cette version est phis vraisemblable qu'une tradition, voulant que la spirituelle et galante Marguerite de Valois ait séjourné au nM4. Cette princesse, dont le cœur fut tiré à presque autant d'exemplaires que ses contes et ses poésies, s'il faut en croire le sens qui est resté à l'abrégé de son propre nom, peut bien avoir rendu ou reçu quelques visites rue Cloche-Perce ; Charles IX luimême avait dit : — En donnant ma sœur Margot au prince de Béarn, je la donne à tous les huguenots de France.. • Mais la résidence avérée de cette reine de Navarre était, en 1606^ son palais de la rue de Seine. D'ailleurs, il est peu préSu-^^ mable que Louis XIV, qui régnait à l'époque indiquée par Sauvai , ait toléré qu'une rue de Paris portât , du chef de la première femme de son aïeul, la dénomi^ nation de Grosse-Margot. Mieux vaut donc croire à «ne
sous NAPOLÉON IH. 1$
enseigne. La rue, d'ailleurs, se trouvait habitée dès le milieu du XIII'' siècle, et elle s'appelait comme un de ses habitants, Renaut-le-Fèvre (Fèvre signifiait fabricant). Quant à Cloche-Perce, le mot vient à coup sûr d'une cloche percée, pendue à la porte d'un marchand. Or le 1 i attend, porte béante, quelle compensation notre recueil va lui offrir, après l'avoir décapité de ses réminiscences royales. Etait-ce l'hôtel ou le poëte Desmarets de Saint-Sorlin, qui a col* Idboré aux tragédies dé Richelieu, réunissait ses collègues de l'Académie française, quand les^éances de' cette compagnie n'avaient eneore qu'un siège nomade? Non pas, car Desmarets demeurait dans l'ancien hôtel du cardinal Ni^ colas de Pelvé, archevêque et duc de Reims, mort sous le règne de Henri IV, après avoir pris le parti de la Ligue ai^ térieurement contre ce prince ; et l'hôtel de Pelvé a été der* nfèrement rasé, en dépit de ses trois portes cintrées, par la nouvelle rue de Rivoli. Les états de service du 1 4 ne remontent, pour nous, qu'à 1748, comme résidence de Mi^ot de Montigny, président du bureau des finances, et dont le père lui-même a été trésorier de France. On comp* tait alors 1 % maisons et 4 lanternes rue Glocbe-Perce.^Cette pauvre petite voie publique est maintenant comme un ver de terre dont survivent la tête et la queue , bien qu'une voie magistrale ait emporté tout le milieu de son cprp^ inarticulé. Les deux tronçons cherchent à se rapprocher ; maïs un a^îme les sépare : des deux côtés, l'étiage actuel
U LES ANÛffiNNfiS MAÏSaNS &E PARIS
empêche, par des taius de pierre^ le retour de rancien ui*veau qu'a abaissé la rue de Rivoli.