‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 67 sur 85 · PLACE DE LA COLLÉGIALE · texte numérisé non relu

PLACE DE LA COLLÉGIALE

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La mère Prieur^ fermière rue Mouffetard , puis fermière encore quelque peu rue Pierre-Lombard; n"" 3, au moment où nous tenons la plume, naquit en 178S1. Elle a souvent le mot pour rire ; les anecdotes qu'elle nous raconte ont plus de montant parfois que le pelit-lait. La mère Prieur est voltairiennne et regarde Philippe-Egalité comme un jésuite à exécrer ; son culte pour la monarchie lui fait voir dans Napoléon le glorieux vengeur de Louis XVI , martyr de ses condescendances pour les ennemis du bien public. Par conséquent , cette bonne femme , dont la mémoire est excellente, pense diamétralement le contraire de feu M"* Cavaignac, la veuve du conventionnel, cette jacobine trempée dans l'eau bénite. Elle fit sa première communion^ très-vraisemblablement la seule, à l'église de Sitmt-Marcél,

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dont le titre fat d'abord partagé par la place de la Collégiale.

De cette ^lise, bâtie à la même place où avait été enterré au y'' siècle saint Marcel ^ érêque de Paris y il re'ste encore quelque chose. On revoit^ au n* 5 , la voûte du clocher^ dont la bdle flèche fut rasâe en 1â04; cette voûte et les murs y attenant furent adjugés, le 11 frimaire an VI, à Ambroise tinancourt, ensuite condamné aux fers par un jugement du 28 thermidor an viii , qui emportait la conGscation de ses biens. Voici de même, n"" 3 , la porte et le bâtiment du olettre, adjugée le 29 avril 4?9ft à Pierre-Sylvain Maréchal, homme de lettres : des numéros sont encore déchiffrables à la porte 4es chambres, dans l'intérieur de cette propriété. Tinancourt avait deux enfants dont les droits furent considérés ; mais le citoyen Lhuillier, plus tard référendaire à la cour des comptes^ ra^ cheta aux criées l'immeuble du condamné y fit ensuite un échange avec son voisin Maréchal, et depuis \ 821, les deux propriétés sont réunies, par suite de mutations nouvelles. Maréchal , à l'époque de son acquisition , était admiré comme sophi^ ; il composa une hymne pcAir la fête de l'Etre-Suprême; qui fut suivie d'hymnes à la Raison; Grétry fit la musique de plusieurs pièces de sa façon, Diogène et Alexandre, Denis à Corinihe y la Rosière républicaine; il écrivit, en outre, une pièce en prose^ le Jugement des rois,. Il mettait au jour cbaqiie année une brochure philoso{Ài-

sous NAPOLÉON IIÏ. 19

que, rappelant son Almanach des honnêtes gens , brûlé par le boarreau en 1788. Ce n'en ^tait pas moins un homme serviable, au milieu des fureurs déchaînées par l'esprit de parti; ses débuts, comme poëte pastoral, l'avaient autorisé à signer <c le berger Sylvain ; i» puis il avait hurlé avec les loups. Vers le commencement du Consulat, il habitait Montrouge avec sa femme et quelques autres femmes instruites , société qui lui inspira une déclamation nouvelle , Projet de loi portant défense aux femmes d^ apprendre à lire.

La ferme dite de Saint-Marcel, qui appartenait au chapitre, se retrouve n^M 3 et 1 5, près d'une seconde ferme qui, sous Louis XVI, était aux ordres du marquis d'Aubouin, dont le château avoisinait Villejuif. En ce temps-là , une foire était tenue à la Toussaint sur la place de la Collégiale. Cet çspace était découvert au commem^ement du dix-huitième siècle; mais, au milieu du précédent, un cimetière obstruait encore le passage entre l'église précitée et l'église de Saint-Martin, dontil subsiste pareillement des fragments. N"" 6 est sa vieille porte en pierre, qui n'ouvrait pas dans le sens de la place ; des^ poules donnent un aspect rustique à cette maison de tçnnplier^ vestige d'un temple qu'environ* naient et que pavaient si récemment encore plusieurs générations de tombeS; confondues dans un vague souvenir. A Saint-Martin, qu'on nejetabas que vers 1806^ avait été le chef-lieu de te section dû Finistère.

Ce qu'on nommait le petit cimetière sert également de

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basse-cour, n° 4 , dans Fancien presbytère du curé de Saint- Martin, qui n'avait alors qu'un étage, sur lequel était prise la salle des marguilliers. Le 1 4 floréal an iv , ce bâtiment fut adjugé au citoyen Piault, capitaine de vétérans , par acte dressé à sept heures du matin , en présence d'un citoyen Jean-Jacques Rousseau , commissaire du Directoire exécutif près l'administration municipale du XII'' arrondissement du département de la Seine, canton de Paris.

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