‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 69 sur 85 · RUE DES COLONNES · texte numérisé non relu

RUE DES COLONNES

M. Rousseau n'est ni marié, ni prêtre ; peu lui importe, lorsqu'il va prendre en ville des notes sur les maisons anciennes, qu'un gros numéro les signale. Paris n'est pas fait tout d'une pièce ; les traditions qu'on y recueille sont intéressantes ou font rire, et la méthode synthétique, dont le caractère convient éminemment à des recherches historiques, aide à recomposer un tout, quelque distincts au*en

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sous nâpoli^n m. 23

aoi^Dt les ^lââÉaiits. ]Koii9 ne sommes ni collecteur d'anas, QÎ pvemait archéologue, ni même uu généalogiste» un biographe, xxà bénédictin^ un rat de l'Université » un critique^ un peintre de mœurs; mais le gibier que nous chassons nous 6Dtra!ne par monts et par vaux. C'est un oiseau rarer» Tinédit. Chasse trop longtemps réservée, et dont la science menaçait de tse perdre! M. Rousseau la fait pour notre compte, de porte en porte dans les rues, pendant que nous explorons, tout i^ul d^ fourra beaucoup plus épais, savoir : les archive» de la Ville, de la Police et dej l'Empire, puis enfin les bibliothèques, pour mettre d'accord nospropres découvertes avec celles de nos devanciers, qu'il noui9 fai^ parfois rectifier*

Des trois ou quatre maisons de commerce, faisant la place aux alentours, et qui valurent à la rue des Colonnes son renom, comme foire d'amours,' une seule a été retrouvée par le p^rud'homme, notre envoyé. Il paratt que la matrone, pendant l'Exposition universelle, pensa mourir sous une vokure ; elle en est restée estropié^. Ce nom, si connu, de Baquet, qu'elle affiche dans son escalier, n'est pas son véritable nom ; il n'a pas même appartenu à sa devancière^ courtière sous le maoteau, qui l'avait emprunté d'un négociant américain, le protecteur en passant de sa jeunesse/ La&mille de cen^ociant vapeutêtreapprendre, grâce à nous, quelle notoriété son nom doit au comptoir qui veut le perpé-* tuer. La soi-disant H'"'' Buquet était d'abord marchande de

vin, locataire d'^EmilieComtat, àfc6téduthéàtreFeydea«,^ elle avait pour concurrent, au coin des rueô Feydeau et des Colonnes, un bonhomme dit Père la Perruque j ci-devant portier de Robespierre dans une maison de la rue Saint- Honoré. M. Hemiette, directeur ^u cadastre du départe^ ment de la Seine, a fait bail, 3, rue des Colonnes, à l'ancienne marchande de vin, d'une maison vendue en Tan vm au sieur Chanteloup, par Bénard, architecte. Ce dernier avait édifié, en société avec Fichet, trois maisons touchant l'uneà l"" autre, sur l'emplacement de Fhôtel de Vemeuil, acquis pax Bénard et Fiehet, de la famille de Baudecourt, avec obligîttion de suivre un plan mis au cahier des charges. Les galeries bordant la rue sont, en eifet, les mêmes sur les deux rives; mais, outre les sculptures identiques, on peut remarquer, n*" 5, des gerbes représentées en pierre, et qui d'abord étaient dorées ; le boulanger dont la boutique est là fit les 'frais, il y a trente années, de ce décor emblématique. Il est dommage qpie toutes les industries n'aient pas pris te parti, dans la rue, d'exposer de pareils attributs,' pour se distinguer l'une de l'autre. Longtemps il y eut n** 8 une dame, négociant des mariages, offrant par la voie des journaux d'excellents partis aux jeuneè gens ; par malheur on se trompait souvent, par suite du défaut d'enseigne , et qui peut même certifier qu'on n'entrait pas n** 3?

II est constant, au reste, qtie la rue n'était première-

sous NAFOySQN m. t$ ment qu'un passage; les héritiers de Ghaspou de Yerneuil eurent, par suite de licitatiQ^, le citoyen Baudecourt et plusiwrs autres pour sucoesseurs, comme propriétaires fonciers, en 17931* Ces détenteurs pétitionnèrent pour être autorisés à supprimer les grilles, et à faire une rue du pas^ sa^e; le théâi^re Feydeau ne pouvait qu'y gagner un dér bouché pour les voitures, et d'ailleurs les propriétaires offraient de se charger, pour la rue, comme ils faisaient pour le passage, de tous les frais d'éclairage, de pavage^ de nettoyage, en un mot d'entretien. Une déclaration du 10 avril 1783 s'opposait à ce qu'une rue nouvelle fût ouverte avec une largeur de moins de^ 30 pieds; mais AL de Bawiecourt et consorts eurent raison de cette difficulté, en prouvant que la rue des Colonnes mesurerait iSl pieds^ pourvu qu'on comptât ses galeries. Leurs vœux furent exaucés l'an VI. ^

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