‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 7 sur 85 · RUE BRETONVILLIERS · texte numérisé non relu

RUE BRETONVILLIERS

Moiitinirail.

Alk)Tis relever d'abord un factionnaire que nous avons laissé en sentinelle quai de Béthune comme un soldat aux gardes, bien qu'il ait porté dans la suite avec éclat le bâton de maréchal. Les n""* 16 et 18 du quai ne composaient pas seuls l'hôtel de Fronsac, futur duc et pair, dont nous retrouvons une aile, d'envergure asses^ large encore, n"" 1 , me de Bretonvilliers. Le père du maréchal avait épousé en troisième noces Marguerite-Thérèse de Rouillé, veuve du marquis de Noailles et fille de Jean Rouillé, comte de Meslay, conseiller d'Etat. Marie Commans d'Astric, mère de cette duchesse de Richelieu, avait acquis l'^des créanciers de Louis Levau, premier architecte du roi, auteur des pavillons de Flore et de Marsan aux Tuileries, SI"* de la famiite Bretonvilliers, l'hôtel superbe dont nous parlons, y compris le corps de logis qui subsiste dans notre rue et qu'un bel escalier à balustrade en chêne n'a pas cessé do desservir. Rouillé de Meslay était mort en donnant 125,000 livres.à l'Académie des sciences, pour encourager la recherche de la quadrature du cefcle ; son fils unique, introducteur des ambassadeurs, avait lui-même cessé de vivre sans laisser

iO LES ANG^^NëS MAll^NS 0£ PARIS

de postérité^ lorsque sa fille avait légué , au préjudice de sa famille, une partie de ses biens à Fronsac, duc de Richelieu, filô de son second mari, ainsi qu*aû duc et au comte de Noailles. C'est ainsi que Richelieu se trouvait possesseur du vaste hôtel ouvrant alors qtrai d«s Balcons et rue Bretonvilliers, mais habité par les Rouillé bien plus longtemps que. par Fronsac. On voit que les trois filles du duc de Richeliei;!, nées' du même lit que ce derniei', Tune descelles était à Port-Royal, n'avaient rien eu à y prétendre • Sur ce, renvoyons le lecteur à ce que nous avons déjà dit de la propriété, et hornons-nous à ajouter que le baigneur Turquin, dont nous avons déjà parlé, en était un des locataires sous Louis XVI; outre l'école de natation fondée vers la pointe, de l'île, il tenait, près de l'autre bout du quai de Béthune, des Bains chinois^ où l'eau chauffée coulait dans chaque baignoire au prix de 36 sols pour trois personnes, de 24 sols pour une seule. Attenait aii domicile de Turquin le bureau des coches d'Auxerre, qui s'y maintint jusqu'aux premières années du règne de Napoléon IIL Pendant qijte l'hôtel de Richelieu restait un, à titre de legs, des partages de famille avaient lieu, au contraire, chez les Bretcmvilliers. Le 3, dont le mur extérieur supporte un vieux balcon, passait alors à Françoise le Ri^ois de Bretonvilliers, retirée aux Filles de la Croix, rue de Charonne, depuis la mort de son mari , Anne d'Héruard , chevalier^ casaseiller du roi, maître des requêtes^ De la Mouche, audi-

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teur eft la Chambre des comptes soùs Louis XVI, habitait cet hôtel que reliait à celui d'en face une arcade dont MM. Lazare annoncent la suppression prochaine : €et oracle est plus sûr que celui de Calchas.

Jean-Baptiste le Ragois de Saînt-Dié, lieutenant-général au gouvernement' de Paris, frère de M""' d'Héruard, occupait, du côté opposé de l'arcade, l'hôtel à trois corps qui s*y trouve et dont il faisait bail ensuite à un ancien maître des comptes, Joly de Menneville. Le 4, ancienne basse-cour du grand hôtel Bfetonvilliers, est maintenant une teinturerie.

Au 2! enfin était la porte principale du séjour dont nous avons salué la ci-devant terrasse quai de Béthune, et qui était échu, après la mort de son auteur, le président Bretonvilliers, financier du *emps de Mazarin, à sa veuve, née Perrault, et à son autre fils, Bénigne le Ragois de Bretonvilliers, également président aux comptes. Cette résidence princière se composait encore de trois grandes cours bordées de bâtiments et d'un jardin carré encadré par' une terrasse. Elevée sur les dessins de Du Cerceau, elle était ornée d'une galerie, que Bourdon avait décorée de ses peintures et Monoyer festonnée de fleur?, de fruits et de corniches à médaillons en porcelaine historiée; le tableau de la Continence de Scipion, par Bourdon , des copies de Raphaël, faites par Mighard, d'autres ouvrages du Poussin, de Vouët et do Silvestre paraient encore d^autres pièces. Le président Perrault, neveu^^ l'architecte

Mt LES ANCIENIŒS MAISONS DE PARIS

célèbre da même nom, n'était pas étranger à la Samille de la veuve du président de Bretonvilliers ; il acheta à La Baume, comte de Saint-Amour, la baronnie de Montmirail^ près Chartres, qu'il revendit plus tard avec d'autres biens au prince de Gonti, dont la veuve, fille légitimée de France^ la revendit en 1719 à Havet de Neuilly, un conseiller au parlement. Ainsi peut s'expKquer déjà que la famille de Montmirail ait succédé à celle Bretonvilliers, comme propriétaire de l'hôtel. Un marquisat de Montmirail fut toutefois érigé ailleurs pour Mistrail, conseiller au parlement de Dauphiné; un marquis de Montmirail, colonel des centr suisses et président de l'Académie des sciences, fit parler de lui sous Louis XY, notamment comme admirateur passionné de Polybe et de Tacite. Quoi qu'il en soit, quatre ans après la mort du roi qui avait précédé, on avait in* stalle à l'hôtel le bureau des aides, puis celui des fermes où s'encaissaient les droits d'entrée, ci-devant à l'hôtel Gharny. A coup sûr la propriété n'en était pas moins sous Louis XVI à M. de Montmirail, dont l'émigration donna lieu à la vente comme bien national, le SI9 fructidor an m : depuis environ deux années la Convention avait autorisé^ sur la demande d'ouvriers, qu'on en fit une manufacture d'armes à feu. Le morcellement permit à l'administration dos hydrothermes de. s'établir, après la révolution de juillet, dans la partie de l'édifice qui donne rue Bretonvilliers^ et qui fut exhaussée depuis de deux étages*

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RUE BRISEMICHE.

La mort de Théodose, au v* siècle^ laissait la princesse Pulchérie, sa sœur^ maltresse de Tempire d'Orient ; celle-ci n'attendit pas le consentement de Yalentinien^ empereur d'Occident 9 pour faire élire Marcien^ qu'elle épousa^ pour donner à son règne plus d'autorité. Mais la nouvelle impératrice chrétienne avait imposé à Marcien, comme clause matrimoniale, la ferme résolution qu'elle avait prise de rester vierge. L'auréole d'innocence fut donc maintenue auprès de la couronne. Toutefois, convenons-en, l'équilibre entre l'un et l'autre de ces fleurons si rarement enchâssés ensemble^ était rendu moins difficile par l'expérience de Pulchérie^ déjà quinquagénaire^ et par celle de son époux, qui n'avait pas la même vocation, mais qui de plusieurs lustres était Tainé. Le pape saint Léon, écrivit à l'impératrice, en Tan 452, pour rendre témoignage des services qu'elle avait rendus dans l'ancien monde à i'encontre des hérésies de Nestorius et d'Eutychès. L'année suivante, Pulchérie expirait, après avoir fondé divers églises, monastères et hôpitaux. L'Eglise honore la mémoire de cette sainte, dont* la fête est au 1 septembre. La vénération de son nom ne devait être circonscrite ni à la ville de Gonstantinople, ni au stèdeoù elle a régné; nous retrouvons, par exemple, à Paris, rue Brisemiche, n"" 7, une maison haute qui jamais

n'a reculé , dont la porte bâtarde donne sur Timpasse Taille-Pain, et qui avait lors de sa construction pour enseigne une Sainte-Pulchérie, figure portant le voile et le diadème, et qui rappelle encore le titre et le sujet d'une tragédie de Corneille, Nous croyons aussi qu'en ce tempB-là une arcade décorait Timpasse au même endroit. Aujourd'hui la maison est divisée, comme une ruche, en cabinetiT garnis à l'usage de.maints ouvriers.

L'impasse Taille-Pain décrit un angle droit et serait réellement une rue, comme l'iadique encore une estampille municipale, si deux grilles closes n'y mettaient pas obstacle à la circulation du côté de la rue Neuve-Saint-Merri ; d'origine elle a fait partie , comme celle Brisemiche, du doltre de l'église voisine.

Par contre, la rue Brisemiche fut un cul-de-sac antérieurement au xiY® siècle, date où rue Bailk-hmi^ sa première dénomination, fit place à celle qui lui reste, quelques années après son prolongement vers le cloître Saint-Merri. Sauvai fait remarquer ( tome II, page 592) qu'un curé de Besons, mort en 1515, s'appelait Etienne Brisemiche; rien ne s'oppose, il est vrai, à ce qu'un des ancêtres de ce curé ait eu pignon sur ladite ruelle, laquelle comportait, du vivant de Sauvai, 5 maisons, chacune d'elles brandissant sa lanterne. Mais une autre étymol<^ie lire parti de la.distribution qui, dans le principe, était faite des paing

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OU miches du chapitre aux dianoines de la collégiale de Saint-Merri.

En tout cas les anabaptistes n'eussent pas eu de quoi se contentée dans ce nouveau baptême qui, à certains égaïKls, venait lui-même avant l'âge de raison. Que m notre rue eut le tort de faire beaucoup plus tard ses dents de sagesse, sa puberté était, en revanche, d'une précocité avérée. Trop nubile déjà .sous Louis XI, la rue Brisemiche était classée parmi celles où affluaient les femmes folles^ de hurs corps et dont la débauche nuit et jour justifiait le maintien en tutelle prévôtale toute particulière. Dès 1387, une ordonnance^du prévôt de Paris en avait expulsé un bon nombre de ribaudes, sur la prière du curé de Saint-Merri ; mais les bourgeois de \'d rue Brisemiche et des rues proches avaient formé opposition à Texécution .de l'ordonnance, et le parlement s'était prononcé contre le prévôt par atrêt du 21 janvier 1 388.

De nos jours la rue a'est rangée; mais elle n'a grandi qu'en sagesse, attendu que sur plusieurs points elle se contente d'un mètre de largeur. On y compte deux ou trois fois plus de maisons que sous Louis XIY, bien que la plupart, à la division près, soient demeurées ce qu'elles étaient alors.

RUE DE LA BUCHERïE.

CmM»isae« mn mtfyoB-Ase. -- Aecewneniente. — ProvriétairM ait XIV siècle et après. —^ Contenlieax da domaine utile de Sainte-Geneviève. — Rne des Bats. >- Eeole de Médecine.

La rue que voieî prend sa source à la place Maubert, en faceide la rue4es Grands-Degrés, au coin delà rueduHaut^ Pavé, et suit un cours parrallèle à la Seine jusqu'au point où, grossie par l'affluent de la rue du Petit-Pont, elle débouche sur le quai. Son nom lui vient d'un port aux Bûches ; commencée dès le vi® siècle aux abords de la rue du Pouarre, elle s'est prolongée à partir du règne de Louis VIII, par suite de la division du clos Mauvoisin, baillé à cens à la condition d'y bâtir. Mais les constructions qu'on y retrouve ont étéplus d'une fois renouvefées, et comment ne pas être dérouté par ces numéros qui ont succédé aux enseignes, point de repère du moyen âge? Lorsque le Petit-Châtelet lui servait de limite du côté de la Seine et du Petit-Pont, par de là l'Hôtel-Dieù, il pendait à toutes ses portes de quoi les distinguer déjà l'une de l'autre, ici UQ petit Saint-Jean ou une Notre-Dame, là un lion ferré, Fécu de France, un père noir, uu couperet, ou tout bonnement une escouvette, autrement dite une vei^ette. Chaque maison avait son image par-devant, et souventes fois un

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chantier par-derrière^ car la rue de la Bûcherie était restée, même au xvi'' siècle , ce que fut plus tard la Râpée. Du temps de François V% on y trouvait aussi deui^ jeux de paume; en 1674, main-levée était donnée à M"* Henri David d'une saisie pratiquée sur sa maisou et jeu de la Bûcherie, où pendait un Saint Louis, par le trésorier du domaine utile de la congr^ation de Sainte-Geneviève, seigneurie censitaire de la plupart des propriétés de la rue. Parmi les noms des détenteurs des maisons qui avoisinaient celle de David, nous lisons dans les actes conservés aux archives datés des siècles xiv, xv, xvi et xvii, ceux que voici J: Ogier, boucher ; Herpin, procureur au Châteiet ; Chabert, sergent à cheval ; L'Enseignault, teinturier ; Chevrier, bonnetier; Guillaume de Voisins, écuyer; Delamarre, doreur de livres ; le chapelain de la Chapelle des Forgets; Tabbé de Saint-Eloi, de Noyon ; la fabrique de Saiot-Landry ; le collège de la Marche*

A la même période se rapportent 36 sentences rendues au Chàtelet, à la requête également du chapitre et des religieux, formant opposition sur les loyers pour sûreté des arrérages de certaine rente due par divers propriétaires à cause de la fondatioa dans leur église d'une chapelle de Saint - Maurice , probablement le patron de la rue. Si bien qu'en ^6%^ le trésorier de Sainte-Geneviève ne craignait pas de s'attaquer à Antoine Dul)outey, un procureur au parlement, possédant deux mai-

goQSy l'une à Timage de Saint^ïean, et Pautre à l'Aigled'Or, qui ouvrait rue du Fouarre , et faute par Duboulay d'avoir produit ses titres de valable propriété, de s'être fait inscrire au Terrier de l'abbaye et d'avoir acquitté le cens, ledit bien faisait retour au domaine de Sainte- Geneviève, dont il avait été détaché en l'année 1432, à titre d'accensement ; seulement Boulard, confrère de Duboulay, formait appel de la sentence. Or, tout nous aide à reconnaître aujourd'hui, dans le n"" 21, l'ancien immeuble du procureur au parlement, possédé en 1 793 par le citoyen Jacques, lequel a supporté alors les conséquences du rachat obligé. En ce qui est de Thumeur processive dés religieux à l'endroit de notre rue, les gains de cause l'avaient rendue chronique ; le fait est que, sous Louis XV, ils saisissaient encore les revenus de propriétés échues à THôtel- Dieu, qui depuis lors a enjambé la rue d'une rive à l'autre en y jetant un pont couvert.

Legoux, sujet de Charles VII et charpentier de la grande cognée, est un de ceux qui ont pris ainsi à rente annuelle et perpétuelle plusieurs maisons, rue de la Bûcherie, notamment un hôtel à double corps à l'enseigne de Saint-Marc, tenant à une autre propriété, du même ; sur les citoyens Leclerc et Firmin, a pesé, sous la Convention, l'amortissement des redevances déterminées en 1450. Le charpentier accapareur a aussi reçu de l'abbaye, à croix de cens : 1 ** une masure à l'angle de la ruedesRats (aujourd'hui de l'Hôtel-

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Colbert), et c'étaient les débris d'une maison ayant appartenu antérieurement à Geoffroy-le-Tort, sergent; 2° une autre bicoque, située au coin de la place Maubert, que les religieux avaient acquise aux criées du Châtelet; 3* une autre encore, contiguë à là précédente et ayant la même origine, qui touchait rue de la Bûcherie l'hôtel de la Tête- Noire, possédé à cette époque- là par M"* Labouchère. L'image de la Tête-Noire pendait à la porte du 9, dont toute la ferrure d'escalier et de fenêtres ne semble remonter actuellement qu'à deux siècles ; quant aux masures, elles ont été refaites vers le même temps, j'en atteste le fronton du 7. Un autre fronton, nMI, est venu ennoblir l'encoignure de la rue des Rats antérieurement à 171 4, époque où celle dont nous nous occupons comptait 54 maisons, 121 lanterneSr Vis-à-vis avance le 14, angle de l'ancienne ruelle des Petits-Degrés ; Jaillot voit même dans cette dernière la ruelle qui précédemment avait porté, le nom caractéristique de Trou-Punais, Dans tous les cas, le bâtiment dont il s'agit a pour premier auteur Nicole de VielfeuUay, maître ès-arts, qui Ta donné à cens en 1 42i9, à Côurtillier, marchand ; il arborait l'image de Saint-Pierre et avait un chantier pour dépendance : le tout confinait d'une part à la maison dite de Notre-Dame, pourvue de même d'un chantier, et dont une vieille porte à clous nous indique tout au moins la place nM6, d'autre part aux de*grés qui de la rue menaient à la rivière^ Il y avait déjà

douze années que YielfeuUay avait constitué une rente au collège de Sorbonne , et une autre de SlO livres parisis aujjL religieux desquels il relevait, assise sur une maison rue de la Bûcherie, devant l'hôtel de la Couronne, en échange de messes' à dire après sa mort.

Le 1 3 n'a qu'un étage , mais on' en a fait deux ; les femmes qui y séjournent se multiplient elles-mêmes, dans une proportion bien plus large, dont les galants pressés font le profit. Au fond du 45, maison incorporée autrefois à la précédente, estun lavoir, avec porte sur la rue duFouarre; de cette salle spacieuse les arcades primitives n'ont pas entièrement disparu, et il s'y dresse plusieurs colonnes de bois et de pierre qui, toutes, ne sont pas rapportées. Dans la cour qui précède, il s'élève sur la gauche une rotonde terminée en coupole. Deux frontons, des sculptures, deux inscriptions latines, où il manque seulement quelques lettres, frappent encore les yeux du visiteur, dans cette métropole déchue de la Faculté de médecine de Paris. Les chartreux ont vendu en 1472 à la nation de Picaçdie, d'où est sortie ladite Faculté et qui faisait partie auparavant de celle des Arts, un terrain près de là, rue du Fouarre- Un collège de médecine s'y est ouvert neuf ans ensuite. Une chapelle, puis une autre, dont il n'est plus vestige, un jardin pour la botanique médicinale ont successivement agrandi son domaine. L'an 1617, les docteurs-régents ont acquis, sur la rue même de ta Bûcherie, une maison à

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rimage du Cheval -Blaac^ que les religieux de Sainte- Geneviève avaient cédée à cens dès 1 430, et ils y ont fait élever un vaste amphithéâtre, qu'a restauré à ses dépens en l'année 4678 Le Masie, seigneur des Roches, chantre et chanoine de l'église de Paris, niais qu'on a rétabli encore en 1744. Les assemblées de la Faculté y avaient lieu régulièrement dans une salle au premier étage, que décoraient les portraits des doyens et qui allait de plain-pied avec une chapelle où tous les samedis se célébrait une grand'roesse; on y faisait les élections, etiebonnet, la robe y étaient pris avec cérémonial ; on y reconnaissait les professeurs, et les examens s'y passaient à l'issue de l'office religieux du samedi. Il est vrai que les cours de médecine ont eu plutôt lieu rue du Fouarre, c'est-à-dire dans les bâtiments touchant le nôtre, et puis rué Saint- Jeande-Beauvais, dans l'ancienne école de Droit; néamoins l'enseignement n'a été étranger à cette enceinte en aucun temps, et il s'y trouvait très-suivi de 4781 à 1785. Quelques années plus tard, qu'arrive-t-il? Les baux à rente perpétuelle que les ci-dévant religieux ont consentis sont réduits à l'état de pure et simple emphy téose ; le sol du ci-devaut Cheval -Blanc et les constructions y élevées passent aux Hospices, lesquels permettent, sous l'Empire, qu'on y enseigne encore l'anatomie. Cette administration se défait du n^ 15 au commencement de la Restauration ; M*^ Boutry, femme d'un ancien notaire, dispose dudit immeuble depuis 1849»

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RUE DE BUa.

tLe méaccin-prêtre» — Biici« — lies eiisasistes. — lie Théâtre illustre . — En- maison coBTentuelle* — I<e cabaret. -^ JL'ampiiitliëàtre pa* trioti^uo.

Pour devenir médecin, il fallait d'abord être clerc, antérieurement au XY® siècle ; mais on représenta aux rois qu'il était plus convenable à un laïque de paraître jour et nuit au chevet de ses clientes, et la robe doctorale cessa d'avoir la robe ecclésiastique pour doublure. Quand fut percée la rue dont voici la notice, on entrait dans l'année 1 351 ; trentesept années plus tard on n'ycomptait encore que dix maisons, parmi lesquelles figurait le séjour de maître Philippe Lécurieux, clerc du collège d'Arras et médecin, qui pouvait célébrer lui-même des messes, pour le repos des âmes que son art avait aidé à séparer du corps. On disait alors : Rue qui tend du pilori à laporte de Buti. Le pilori de Saint-6ermain-des-Prés existait en vertu d'une charte accordée par Philippe-le-Hardi à cette abbaye. La porte rappelait aux mêmes religieux un don de Philippe-Auguste, antérieur même à son achèvement, et ils l'avaient donnée à bail, portant encore le nom de Saint-Germain, précédée d'une place, surmontée d'un logis et flanquée de deux tours, le 46 août 4352, moyennant 210 livres de rente et 6 deniers

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ée cens, à Simon de Buci, oonseiller du roi, premier président au parJenaent.

Qui de nous a oublié qu'en 1 41 8 la porte de Buci fut livrée par Périnet-le-Glerc aux Bourguignons? Ne méritat-elle pas dès lors d'être murée? Aussi bien ne nous trompons pas relativement à sa situation; elle ne se trouvait pas précisément dans la rue qui, au xv!*" siècle, reçut le contre-coup de sa seconde dénomination ; elle était, passé le carrefour , entre la rue Contrescarpe et le passage du Commerce d'à présent.

François I" la fit rouvrir en l'année 1539, et elle avait alors un pont-dorma"nt du côté de la porte de Nesles. Dans les années suivantes, les prévôt et échevins, le bureau de la Ville firent par brevet des baux de soixante à quatrevingts ans, dont l'objet était des terres vagues rue de Buci, mais à la charge d'y élever des maisons manubles ^ à Jean de Bernay, Philibert Pourfillot, puis à Jean Arnout^ Leconte, Houldec, Garret, Gormitlotte, Chapelle , et j'en passe. La même porte eut le bon' esprit de rester close, le 2!4 août 1 572, devant l'élan furieux du duc de Guise, qui la fit enfoncer, mais non sans que des protestants y eussent gagné le temps de prendre le large.

Or Paris continuait à rompre ses enceintes, comme la tête d'un enfant qui grandit, ses bourrelets. L'ancienne porte delSuci fut jetée bas en i&1% Le bureau de IHôtelde-Ville en profita pour pr^^dre un plus grand nombre de

férmierg pdr emphytéose, dits engagistes; les toits se multiplièrent. Mais à l'expiration des baux, • ou même avant^ moyennant une indemnité payée aux engagistes par les nouveaux propriétaires , Tabandon du terrain n'eut plus lieu par contrat de louage, mais moyennant une somme déterminée, plus une redevance annuelle et perpétuelle, non racbetable. Puis fut vendu sans aucune restriction, à la requête de Bertier de Sauvigny, intendant de la généralité de Paris, en exécution de l'arrêt du conseil d'État du 9 novembre 1749, l'emplacement de la porte susnommée, de même que bien d'autres maisons, reprises aux concessionnaires temporaires.

Le plan de 1714 nous montre les deux carrefours servant d'extrémités à notre rue ; celui qui fait pendant, près de la barrière des Huissiers, au mémorable carrefour de Buci, a nom carrefour du Petit-Marché. Il y a aussi : 1** une boîte aux lettres au coin de la rue Bourbon-le-Château, d'oii se découvre la grille du palais abbatial ; ^ un étal de boucherie assez vaste au coin de la rue Mazarinej 3® des maisons, rue de Buci, au nombre de 51 , munies de 1 1 lanternes.

Au milieu de la rue, dans la propriété marquée 17, aujourd'hui à M. Crapelét, et qui parait n'avoir fait qu'une avec le n"" d'après,'était situé }e jeu de paume de la Croix- Blanche, transformé pour le jeune Poquelin en petite salle de spedacle, sous le nom de Théâtre illKstre.

SOUSt NAPOI^N JIK «5

Nous Pouvons aux Archives ua acte du 31 mars 1748, par li^quel <( Louis de Bourbon, comte de GleraiOQt, prioce « du sangy abbé commeadataire de l'abbaye royale de (( Saint-Germain-des-Prés, demeurant eu son palais abba- « tial; cède aux prieur et religieux, assemblés en leur cha* « pitre au son de la cloche en la manière accoutumée, une « maison faisant partie de la mense abbatiale, sise rue « de Buci, occupée ci-devant par un potier d'étain, joignant a d'un côté et d'un bout une maison dé|>endante du petit a couvent de ladite abbaye, d'un autre côté une maison « nouvellement bâtie par le sieur de Jettonville, contenant c< 7 toises 1/5! et 17 pieds de terrain, boutique, etc., le c( tout en très-mauvais état. » Les susdites propriétés portent maintenant les chiffres 30, 32 et 34, Le premier de ces numéros est à scupltures près du faîte, il fait retour sur la rue de VEchaudé, autrefois impasse du Guichet, en ouvrant sur autre une voie, celle de Bourbon-le-Chàteau ; à coup sûr les moines l'ont reconstruit. Les maisons du xvif siècle dominent encore dans cette rue de Buci, qui dès lors faisait FS et se trouvait passagère et marchande; toutefois il en est du xv% qu'on a exhaussées, restaurées.

Comment fixer au juste l'emplacement du cabaret de Landélie, situé au carrefour de Buci, à l'encoignure de deux rues? Les rues qu'on y trouvé sont cinq. Toujours est-il que Collé, GressetjCrébillon s'y réunissaient volontiers, que les grands seigneurs y rencontraient les poètes, et qu'on y ser-

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vait à dîner de 3 à 34 livres par tête, ce qui était considérable.

En 1792, au même carrefour, fut dressé le premier amphithéâtre pour l'enrôlement des volontaires. On ajoute que le 2 septembre entre deux et quatre heures, l'échafaudage patriotique , interceptant à demi la circulation, ralentit la course de cinq fiacres portant des prêtres à la prison de 1- Abbaye; qu'un des hommes de l'escorte ayant d'un coup de sabre frappé un prêtre de la première voiture, de la sorte il fut préludé à regorgement général des prisonniers.

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