‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 76 sur 85 · RUE DE COURCELLES · texte numérisé non relu

RUE DE COURCELLES

IiM Folies de Chartres* — %tm Morto de rndpii«l* — JLm prineeMe ■ HêrV^èfle. — Ten inédit». — Delome. -Ia prineeMw Matiiilde.

Delille a célébré en fers les charmes de ce parc de Mon* ceaux, qu^il ne faut pas confondre avec le palais de Monceaux, habité près de Meaux par Catherine de Médicis. Les Folies de Chartres, créées en 1778 pour le duc de Chartres, prince d'Orléans, au territoire du village de Monceaux, n'ont verdoyé sur le sol parisien que quand les fermiersjgénéraux eurent ceint Paris du nouveau mur, qui descendit au moyen d'un fossé sur la lisière de ce domaine princier, afin de ne pas gôner la vue, tout en gênant la contrebande» Terrain nu et aride, transfprmé en jardin anglais, où Carmonte) avait fait naître des accidents de fantaisie et amené l'eau en abondance. Le même ordonnateur avait parsemé la propriété, tout comme le peintre d'un paysage eût pu le faire sur la toile, de fabriques, de tombeaux, de forts crénelés, de temples, de pagodes, d'obélisques, de kiosques et de grottes. Ici, un château-fort en ruine, un moulin à vent hollandais, près de vignes plantées à l'italienne ; là, une pompe à feu fonctionnant. Puis, il y avait différents pavillons, celui du prince, le bleu, le jaune, le transparent, le

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blanc et le chinois; des bancs déc^rjés de statues ejt auss le temple de Mars, se dégageant, comme principaux |Qotifs^ de la ritournelle des rochers, des cavernes, des pyipapides égyptiennes, des ruines grecques et gothiques, des péristyles, des jeux de bagues, des rivières, des cascades^, des balançoires et de3 jardins d'hiver* Comment vous dire toutes les pièces disparues de ce spectacle pittoresque, dont Carmontel était le machiniste? Parmi ce Kjui reste^ on remarque la Naumachie, vaste bassin ovale, bordé d'une colonnade corinthienne ; un autre bassin, de marbre blanc, où figurait un charmant groupe, de Houdon, le sculpteur du Roi,' représentant une femme au bain, derrière laquelle une autre fepime, exécutée en plomb et peinte en noir, figurait une négresse tenant d'une main une draperie de marbre blanc également, et de l'autre une aiguière d'or, dont ellp répandait, sur le corps de sa belle maîtresse, l'eau qui retombait en nappe dans le bassin. , .

Un décret de la Convention (floréal an ii) ordonna que la Folie de Chartres serait affectée à diyerp établissements d'utilité publique. Puis on y remit quelques jeux en vigueur, en y donnant des bals d'été, qui n'eurent pas longue réussite. Napoléon I" gratifia de cette propriété Cambacérès, qui la rendit ensuite à l'Ëippereur, à cause des frais d'entretien que la» jouissance eo exigeait, l^ouis XVIII la restitua à la famine d'Orléans, qui la posséda légaleip^nt jusqu'aux décrets présidentiels de janvier 185%; bien que la révolM*

f LES ANCSÊNNÉS maisons BE PARIS

tîôtt de Fé^ier en eût fait prêcédfemmeiït te quartier-géfténal deft ateliers nation^a^.

Sur la tue de Cotfrcfeîles, quds sotit les vte-à-'vlsdu parc? tFue petite maison d« grairf seigneur, et d» même temps, au n* T7, avec unctôut pavoisant le jatdin ; un fragment de propriété du même genre, <|ue Tient dfe réduire le boulevard de Mtintteaux et qu'habitait M- NisArd,de TAcadémie ft«açfsièè; ié 6f , autre cottage acquii^ en 18i8 dès héritiers de M, Daingremotot, ^fflcifer supérieur, par M* Artaud, vioerecteur de TAcadéttrie de Paris ; puis les portes de derrière ^ rhbpitàl Beaujon, fondé sous le titï^ d'hospice Saittt- Nteolas, celles de k •chapelle, du jardin et d'une Borifce èe jtorgatoire, d'où iës morts que ne réclame pepi^ôime sont dirigés dans les ampbithéfttMB où, sur un lit, froid com^me eu^-mèmes, une clinique po^ume tes attend»

Un corps de ^»}ëy supprimé depuis peu, était pris sur des constructions qui dépeffident aujourd'hui encore des anciennes Folle» de OhartreSy mais qui servir* de sucoarfeale aux écuries de fEtoipe^enr* Là tommençfiril nagnère la rue de C4far«reSj qui •s.'appela rue d« Mantoue, diepuls Tan vi jusqu'à fa rentt^ Mes Sourbofifs^ mk i^ommémoration de l'évaicuatroft dé oêtte ville par ^ A^tritbîejM, ajnant ^u lien te 1 4 pluviôse ^n Vv Mai» «^vtaint qm te fils ataë du duc d'Orléans y eût ^ffiiè propriété, ia rii^ de Gbtitres ^ofilMtit la dén(HâteatiM de C:heftii«i'de'Cou]N)«(les> feieant suiteà ^la rue èe Villiôrsj dite4êC*ât5elles en^estettres patentes de4 7«»-

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Un bas-lrëliet, un antique décore la façade du 4d, depuis qu'il s'ési sépare au 38, que M. le comte de Castellane achetait, en 1 838, dé la famille du comte de Vichy, qui îùi-mëmë l'avait ac4uis de François de Belle^ général d'artillerie, le 3 pluviôse an x. En 1792, ledit hôtel, qui ne l^ési pas divisé avàtit M. de Vichy, se trouvait à la disposition de Jacques-Ézéchiel de Trémouille, ci-devant conseiller du roi en ses conseils, et nommé président . de 1^ cour des Monnaies en 1781 . Ce dernier l'avait hérifé de ^ii béaii-pèi^e, M. d'Emery, lecjuel était mort porte-mantfeâti'lion'ôràire du'diic d'Arigbulême, fils du comte d'Artois,' aprè^ râVôir fait élever suf un teiri-aîn à lui vendu par les Ifénaîéi'èl âk tdBdUtêtï^, maîtt^e-jkrditïièf^; Mais Tofiicier de Ib mâis<5ii"priridèrè^ n*ôvait'pa8. plûs^hâbi^^ rtte de Gdurcelles que sdngendte, Ipipfééiâent.'

Tout porte» àt^iareiraqu^^ dttiip le V(»ëiiiage des. Folie» de> 6hai4nes, iin»a;atretprîaoe' origtwutoeméiKt a &ii sa< prtîtei maison de Va. propriété^ dout^ mo^ {tavlôns : wm > chaia&> à^ faascnlef» été retrouvée' dans, tes gr^iecs^^ comme piâoe da QO0viotiOB> airanib çpà- Uài nnâdeoinsi sa fussent' BJfffraprié 1- usage dà cette teSQpe mdoiliàre^ D^Sfaotery et Tréni^uiUe y eurent eusuittepouDloQataândSv: ii^fla^mairquise de; Ghoîseâ]^ jwcpi'àlaimaFtde l^illustMidl^di) iBéme nom> ancien tiiîr nis^Q de I^ouiS/XrVf^^ la storquia daGeulfier^ mestre-de-t e9in9(d9 qayakirtQy. (^ 1« firaillie <^ufllers'y alHànà œlle da €lilQi^U)9,.|iai;. l^mii^i^idei:!^^^^ viBfqim Biveç la

comte qui, sous le nom de Choiseul-Gouflûer, joua depuis lors un assez grand rôle ; 3^ Antonio de la Cerda è Veraa? marquis de la Rosa et de la Mota de.Treco, succédant au marquis de Gouffier en Tannée 1788, et premier maître d'hôtel du prince des Asturies.

Là princesse Borghèse, sœur de Napoléop, wcupa ^ouç FEmpire ce même hôtel, dont Tétat délabré, e;Q ce qui re-^ garde le n* 38, attend encore une Restauration. On y re-^ marque une salle à manger qui a dû être fort jolie ; . mt paysage syly^tique en revêt les murs et,le piafopd; de3. glaces fleurent Peau qui jlort au lointain^ et. des. nervurescapripieuges qui pàrcoùreat le cristal, jouent le. rôle de ror seaux. Le jardiw 3viip9e,^ijr lequel a'éclmmit la pièce, at Çîé par malheur réduit et trônsformé en co^ir; il eu restej toute6){s tliiël^uèS arbres. Un beau portmit de PaufiwfcBorrghèsè ïigure encore dans le plus grand salon, que d'autres; portraits de la famille Bonaparte accompagnaient sons lé^ premier empire; il est signé Goubaud, et daté de 4841. Ge miUésioie rappelle pourtant l'année où l^empereur' exila de la oour cette même princesse Pauline, quiaysût été loin de montrer des ^rds à la seconde impératrice. La même date se rapporte encore à une bdie statue de Canova, modelée sur la princesse, et qui fut envoyée au prince Bor-^ ghèse, en Italie : seul rapprochement que celui-ci crutpbs* sible! Pauline se contentait alors de oette maison, faute de rÉlyséej ellç y recevait, comme au (Ààtéau de Neuîlly, des

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gens de lettres, des artistes, cour qui remplaçait Fmtre, et le musicien Blangini y charmait d'indiscrets échos. Là veuve de Murât, en 1 837, revint en pèlerinage visiter cette habitation, qu'elle avait fréquentée avec assiduité ; sop éfnotion fut vive, quand se rouvrit pour elle la porte de la chambre blanche, et des souvenirs assoupis se réveillèrent, que ni l'absence ni la mort n'avaient entièrement refroidis.

Sous la Restauration et sous Louis^'hiHppe, mais à des dates différentes, cet hôtel de la rue de Courcelles servait encore de séjour : à la princesse de Cantacuzène, laquelle y épousa le marquis de Bedmar ; à Charles Dickens, cette notabilité contemporaine de la littérature anglaise; à sir ^nry Lylton Bulwer, ambassadeur d'Angleterre à Côlista^tinople, et au duc de Cambacérès.

Sa mauvaise étoile a voulu, car les maisons subissent imè destinée, qu'un maître de pension en fût enàiiîte îè locataire, pendant un certain nombre d'années. Letempâ n*ah *ait pas assez vite, au gré des jeunes élèves qui en dégradaient à plaisir tous les ornements intérieurs. On saif que cet âge est sans pitié !

C'est au 34 qu'habite M*' Rotisset, nonagénaire, cousine du maréchal Moncey. M. le comte de Saint-Génies a, dans les vers suivants, caractérisé le mérite de cette dame, chère à tous ceux qui la connaissent, par ses vertus et son es^ prit: ' .

9b toift garder iongieiops^ Fespoif noas <st |yc0mi&.

Pour coaserver vos jours veilleot des dieux amis , .

L*Espnt qui, toujours jeune, est toujours sûr de plaire ,

La Grâce^ unie à la Raison^ L' Atixitié courageuse^ éclavée et siaeère, JLa tonte qu'on ckérit, la Vertu qu'on. DâTère> fit te Bonheur, leur compa^on.

Ces habitants de la céleste sphère Daignent rarement la quitter : ' •

SU viem^nt peu nous Tisiler.

Ainsi^ Yotre présence au monde est nécessaire; . Car ces aimables dieux^ pour les représenter, Ont besoin de vous sur la terre.

Et fomiordoim^Qft d'y relier. .

Qr^te 34^ 1^ 3SS «t le .30 ^oat ua groupe 4e cfa&rma&M» cpttagf»^ toiàt ewrpfomta de yiUé^SiiMVA^ oo(Htpé$ p^r M'^Ma duchesse douairière de PoUgnac, M. Edouard ïba^yer, 3é»ateur, M* le comte Joachim Murat^ député. M, Ulric Qutti^fpier^ homme de lettres, etc. JML le comte de Persîr- ^oy a fi^é lui-même parmi les locatairea det ces vilJaa, situées au point desectioudu nouveau boui|eyard de Beau-^ jon, qui va faire disp^aître les unes et contrarier l'oriecH tation des autres. Delorme, ex-avgcat au padeipent de Nancy, et pourvu, à ce qu'on dit, d'un titre de marquis, ainsi que M. Thiers d'un titre de baron, sans vouloir jamais S^en parer, et le moyen de lui en vouloir ! a fait bâtir presque toute cette cité; le reste est de M- Belle, présentement architecte du Théâfre-ttalien. Ce Delorme, en f808, édifia une galerie, qui porte son nom dans un autre quar-

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tier, et pour laquélte il utilisa \ee ihatériaux du t^&teau de Villegéms, qu'il jeta bas pour le refeîre à neuf et ptris îe vendre am prince Jérôme ; il avait acheté de même, en 1 81 6, J'ancienoe. salle de fl^ctacie de la rue de la Victoire, afin d'y établir dœ bains. Le' même gros propriétaire, beau-pène du marquifi de Tamisier, et qui habitait le maître-îiôteî où lui. succéda, rue de Ckwrcelles, le général flerrera, ex-jarésident delà Bépublique du Pérou, avait offert à la patrie, le 21 mai 1845, une rente de 6,000 fr., avec le sacrifice de sa personne, laquelle ne bornait pas ses galanteries aux gouvememœts de son choix.

Le palaîâ<lelaprince&se Matlnlde, protectrice des arts et à»» lettre, comaie chacuti sait à notre époque, n'a coûté qu'un mUlion à Delorme: la reine Marie-Christine Tobtint encore à moitié prix, sous le règne deLouis-FIrtlippe", fempei^ur âctud l'eut pour 800,000 fr. , et il en dota tsà isocisine, qui habitait d'abord le n*" 1 S de la rue. ' ' Si nous passona idie 46, c'est (pe noua en avons parié suffîsammrat dans notre His^ire du Lycée Bohaparie, à propos d'une pensîott qui suit les -cours de ce collège.

RUE DES COUTURlBS-SAINT-GERVAlS.

Ici la scèM eiiabge^eore« Des hètels de robe coifirteiirt de» maisons feooiegeoises du xvir siècle oecup6«ttout 'M

côté; deiix de ces propriétés ont dû se rattacher, corps de MtimçQts latéraux, aux hôtels de messires CàumartiD et Villedô, qui sont visibles rue Vieille-du-Temple sur le plan dressé par Gomboust^ mais que remplace dans Turgoi uniquement l'hôtel d'Epernon, De l'autre côté^ un petit palais se cache, dont le Magasin pittoresque a mieux parlé que les livres sur Paris^ propriété de M. Roussilhe, occupée par l'école centrale des Arts et des Manufactures, après l'avoir été un peu ^.vant par une pension de l'université. La rue des Coutures-Saint-Gervais^ ainsi que celle Saii^t-Gervais, fut ouverte en l'an 1620, sur les cultures du même nom, qui faisaient autrefois partie du clos de Saiat-^Ladre et de la Gourtille-Barbette. Mais la rue SaiotrGenraia .fot AHe aussi rue des MQrii;is, parce qu'elle conduisait à des chan* tiers appartçinant à une famille ainsi appelée. Au coin de la rue Vieiile-du-Temple, place reste à des paûs de maison sans rapport architectural avec les constructions de l'école centrale, auxquelles ils se trouvent coutigus depuis la naissance presque de la rue; mais ils appartenaient sans doute aux dames hospitalières de Saint-Gervais;oiireiparque en effet à cet angle, sur un ancien plan de Paris, une sorte de galerie de cloître, et la chapelle du grand hôtel parait j occuper l'encoignure opposée, du côté de la rue Thopgny. De plus, à l'époque révolutionnaire, on mit là eii jdépôt des livres, sauvés du pillage dans ia «aMon de )farQheyéq«e^ d$ins d'autres hôtels^ et prtiici|^aleii»àat dans

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des maisons religieuses du quartier; la bibliothèque de la Ville les restitua, un peu plus tard, au domaine public des études. Plusieurs de ces ouvrages précisément rappellent que la rue des Coutures portait encore, en 1653, outre cette dénomination, celle de rue de l'hospice Saint-Gervais. De cette communauté hospitalière, nous avons eu à parler au lecteur, dans la notice de la rue des Blancs-Manteaux.

Le Tableau de Pam, de Saint-Victor, commet une petite erreur en disant que Thôtel Salé est au coin de la rue CuV ture-Sainte--Gatherine, attendu que le voici bien, école centrale depuis 4830. Or, le grain de sel est à décomposier, qui lui valut le nom qu'il conserva jusqu'à la grande révolution, car ce n'était pas un nom propre. En 1656, le traitant Aubert'de Fontenai fit bâtir cette maison splendide, sur une partie de la Gulture^Saint-Gervais qu'il avait acquise; ^nome il était intéressédans les gabelles, et que l'établisse ment de cet hôtel lui coûtait une somme énorme, c*est luimême qui fit l'épigramme, en disant : « Quel hôtel salé ! »

Qui fuerant duUfs, sçlibus vUiantur amaris.

On né connaît pourtant le nom d'aucun des artistes distingués qui ont coopéré à l'œuvre. L'entrée par là rueTh0rlgny est magistrale ; une belle page d'architecture sert de foçade sur le jardin, et te verso vaut la photographie: deis i^olonnas coriotbieimes déoorent aussi lés cours; un escalier royal est paie de sculptdres-sidperbés ; une^ salle dite de Jq-

iS LES ANCIENNES HAISONS VR PARIS

piter et d'antres pièces inonlareiit de^belies peintureâ^ parmi lesquelles sont des originaux, tels qu'un EfiIèvemefU d'Efjfropcj une Diane et un JupUer : toutes ces merveUles Touée^ à rincognito, comme si elles revenaien&ttle^Poinpéiy proa^ yent encore qu'avant : l'ilaterr^e des <trâditic»is d goât| dans notre yille, on ne comptait pas les chefs-d'œurre.

Il est vrai que le duc de Villeroi, probablement le <tua- ^rième du nom^ dit en Bretagne le duc de Retz, époux de Marie-Rénée de MoBitmorency-Luxmnbourg, eut ses pénates dans cette résidence, postérieurement k Le Caums, secret taire du roi, cee^iomaire d'Aubertde Fonteoai. Kea Mmmes-nous pas réduit à faire honneur au susdit seigneur Le Camus, d'un diiffre qui se répète plusieurs fois dans l'ornermentation locale^ oùU n'entre que les lettres A. G.?

Telles n'étaient pas du moins les initiales du nom de M. de Juigoé, prélat qui âNgea en titre T hôtel Salé^pen*dant quelque temps» sous Louis XYI, en un palais archîé^ piscopah L'escaU»* fut tendu en velours, couleur de pooriA^ comme dans l'attente d'une dignité de plus, l'archevêque de Paris pouvant espérer de Pie VI le chapeau des princes de rEgtiae* Mais le passage 4e Sa Grandeur laissa des tiaces qui font bien quelque tort tus: tableaux illustrant la demeure; des artistes^ p$ur ses ordres, posèrent meo leur pinceau qusri^fue gaze sur les nucbtés de la peinture, voile abaissé par d'impérieux sonipides, awc des regrets traits^ parents, maiscpie l'art en deundeinl supporte comme «m

crêpe! M. de Jttigné asSii^ait à YWëailte»^ tiitoâm dëpHté atïî Eta*s-6énéraut ^ à rAàËembîéé dii 914 juiô 1 1S^^ à Tissufe dô laquelle sa voiture lui crtWéè dfe piërres; Le toarquis de Clef motit-Saint Jéâîi/ à là iteaiUle duquel il etàît àlHé, raceûèillit en Savoîe, quaéd les ë^awvaié jours devinrent piteê. •

tut riTi-inr n? r.*^

RUE Dy CROISSANT.

Wj/em falots de Topéra* — lie gouverneur de me-de-Pranee. -^ liOS i::otM^i. - tiliÔM de #ÉIAIw. ~ 'MâlKèil Wkàïû. ~ ICe qu'était ià raè •Tant «Vil». — m^ de.«lénnevUle< ^ Cie ehmieellei* Stâgnieri ^ Molière et liafontaine.

Le théâtre de l'OpérA^ pôttr lequel fut cofiktrùite , sous lé règne de Louig XVI^ la Sâ^te dé là Pofté-âfciînt-Martîn, dtîmnait alors des bal» éoiïiffie à ptéëeàl» àtottstoté d'uriê àtttre/teaôièfre/flïftk Bf'eô ayttttt que pftis dé raisons d'être-, moins aniÉiéS9^fnai& tout àiifii éôhtie i moitié petite Bôiirse dés amours^ car Vùfftéy devançait Ift demandé^ la grande al^ii^e étatit dé plàirë e^de^^ Mm fégret«^ in courant t . tt'xpm 4e galatiteriëig^ eUemàé^Ûmu, tiU t^ hbné mots, la belle Aumeur servaient de fiches à marquer les points; oà Fenjeii profttaît <te VïMùgmto dtt masque pour grossir ou poop i^'ambindrip à voloâié; <»ù léUpatties se jouaient toutefois eai pair^ arec Uf^mém» réglai 4es deliit pai^, après

<2p LES ANGIENNSS MAISONSi^ PARIS

encore les bonnes! fcu*tufie6 ; qù enfin le caprice pt Pesprit iuttaient à l'aventqrç <^oQtre le» réputations toutes faites , jdominoô diurpes qui donrient le change, autant que les dominos du bal, pur 1^ p^érite 'personnel ! Ce n'était pas le samedi, msûs le ^ifflanche^ qu'avait lieu le bal de l'Opéra, toutes les semaines, depuis la Saint-Martin jusqu'à rAvent et depuis le jour des Rois jusqu'au Carême, outre les jeudi^ lundi et mardi-gras. On y allait masqué ou non ; le prix d'entrée était de six livres ; les portes s'ouvraient à onze heures, elles se refermaient à six. Les carrosses de maître, les fiacres et. quelques chairs à porteurs faisaient bien sentifieile dehoins, pour protéger à fa sortie contre la fraîcheur matinale l'ivresse qu'avaient produite les intrigues, }^ raillerie, le rire, |a chaleur ,r la poussière et vn va-etyient prqmpt à çb^ng^r ^e bm$, de. copversatioa et d'iilu-r sion. Il y aya^t a^si à la porte, c(»nme à Tissue de touç les spectacles, un . certain nopubre de faiotin Ou appelait ainsi des porteurs de lanternes numérotées, qui se charr gSfiient, quand manqual^t l^s voitures, d^ reconduire 1^ gens à dcwpiçiie, jiwq^i'au paiier d^ l'étage qu'ils h^bituient, moyeups^ qfte rétriJwtîoft variaut selon l'J^^re e* la distance» ;: j ;

Un 4e çes.o%ieiiîç,lafflp»flaiPe«,. eo.rameaant rue; duCroisf ^«i#3i.par ujjie 9uit.4e caTO^lV«al,:II•David, un chwalierd^ S^Et-Umis, «moleo gQuv^roeuir^géttéral desîl^deErance.et jle Bo^bQi», l'esQQiita po&atuâlteAeot ju^iMi sônil iôèawi

de son appartement, accepta Bans répliqua unêp^e de 34 jsolg.Le lendeiaaîn seulemi^Qt^ M.David, bien que son âge tournât le dos àcelui dQS jét^ardeiies^s'aperçut quesamoatre était restée dans leBniaînsdufalQt^quirayaitaidéau départ à se draper de son map^au, çt le froid, ia mauvaise hii- «meur^rpro^ablement leaon|2re-couç de quelque déoeption au iDai, rayaient en^éché de prendre garde au numéro de la Jan^rne. De courir néann)0[ins diez son. ami le chevalier Duboys^ commandant de la gard|^:de Paris et chevalier dii ffà&t. T- Mais^ mon ch^r, ■. lui, dit. foelui-oi, le mal est sas^s remède* Je; nç peux pasiaire arrêter tou4 les falots, pour en pendre un que tu Qe ^aiç pas désigner,' et les bourgeois gktt%rdésm('eû,voudtr^ient si j'allfiis les priver, ce soir, dé leurs réy^pfeèree ambulants, -rrrt Avou^ plutôt, reprend le plaignant, qtie imA 6619 porteurs de i^nternes sont d^s espions de police qu'o» ménage, ÎPoprquoi ne pas les choisir honoét^?*^ Tuen paries à ton ûm^ réplique atocB le chevalier du guet ; mais où trouver uahonaète bowwequiso lisuise moficfce par dévofuemen^.

: L'ancien gouverneur ooiçnial, victime (k^ dette petite ÉsésaVenAure, p©ssédant un fort bel Uôtél. Il était d'ônè maison' anoblie à Satins ou d'aune autre 'maison du Midi ^ de^ laquelle faisait pevtie Alexandre^ÂlphoUse-^Ioseph) dit le marquis.de David, fils de Demd, comte de Saintf André, ptds'de Beafuregaindi et dont les armofimee à aUusicm< biMi* (jne coiDfnortsûeàt une faiaispe d'or^ awec'ces moto %Mtmenp

^ LES Al^NîteS ÉAÉSÔNS de PARIS

hùffmi^ Bavid. Vkt tmirA du 30 iiKGëtilla<è'1?70, Jeaûbe Dévid, fillîB du gouvemlERi^v atAlt épousé Louis^HenH-Françdi$, icorate dfe eolbert, lieutenaht aui gardes-fmhçàises, puis lieutenant dé rûi m tàiMé iVHnfoiî, isecotid fils de François Colbèrt^ ma^j^s de Ghîibatlais, mort marécai&lde-camp en \ 788; Il est j^obaWë (Jliè le t>èrë de la cdmtesgè avait eoûttU lë lâârqùià ilë BeauhftlnàiS y gbtlVënietir et lieiiténaafc-gériéi'al |miir ie rd de là Mèlrtiniquè et autres lies; ce qui put valoir ^âr suite à sa feinille la protection de Bonaparte, poar t^entrër datis là |>oSSession de cet Uôtël et d'autres bieùs confidqûéiJ à Të^okïtïe de la Révolution j ftourtant Stoiflet/cfUî avait été ïè gaMè-cha*se d'un deâ fières Colbert, dettiatïdà Wl-^mêmef,* en ^7^*, potier fafrrè àû paix aveô la Re^ûWîqa^,^ que soft a^féieti mâttrërécôu^fâié S^Ié^Hime propriété; de pluS, presque^ *eus les petiÉsnièvefix du mittisti*ë de Loais XIV gervbent vaillammeiit PEJrnpire; L'un des cinq béritter^ de Jeanne BaVîd, veavë du comte de Coibk^rt/ s^appelait Pierre^Oavid de Cotbetrt;, lieutenant-général des arméea dit lot; un aMtve^ Lobisn Pierre-Alphonse de Colb^Ét^ paasa moréefaaL-daHîanip en 48.44^ QoantiA.l'aide-dfi^K^aiBp do Bispoléon V% qm le^M ensuite de Louisr^Phîlippe^ir.oacnipBiË.énGOPK^ aon» bJEcain tauraiipfi:^ rhàtel q|û ^gaordsiaAnniMttetqpMv pomnaettre ordre.» sesh affaiarQft^ il.vmAtf, an. y demëutant coouae locatiaice. Lé baccmiLiMnfi^ ankMO lunistBey accttptît qq appartéiibeat tSDus la «léoie .toîA. HnM ceA mmsn^, 9»

SOBg NATOLËON HL / 23

lïifé^feDt; dén^ escaliers, à feiTui?eB de Uautre siècle et qui replte chaque matin âuF.iui^iti&atô les deux; bjo^ttauts d'une f)orte colossale^ ftit fondé 'unjoiumâil^ dont le premier nu^ «Béro parut le «Sîaatet 4836; la présente notice svrr la rue du Croissant a tu le jaw dans œtte feuille^ le Sièchy dont les bureaux y sont encong, «nsi que ceux du Charivari*

Un sieur Davrf était pFoporiétaine^ âvanjt la fin du règpe de Louis XY^ des constracitionsauQUittelies ont succédé^ aux fi"^ 1 S et 4 4^ rismieQUe où s'inifiriiKie la Patrie. M. Preis^ sac de Marestang^ dit leTioesâite (fEselign^c^ époux aie Charlotte de Varaghes «« Gis du marqtfia de Gardouch, disposait de ta maison voisine an même tes^pysf ; l'enseigne d^ cet hôtel de Mars à l'usage des voyageurs doit Teipomter à l'époque déjà loin oii les péâteÉ eÉ tes pj^otres tnaititenaientle paganisme à ia mode : les dieux et les dem^i-dieux qu'on invoque, depuis^ kfPS, s0»t; «rtaineBOBent -pte ballottés, mais élus à' d'autres scnitiBS.

Un gros propriétoire^ M* fiodfe ^ i^igne dujoucd^iui) en fort boti nombre, les quittances de loyer du 8 ^ sùn devancier, au dernier siècle^ ppa^édaift awsi des imiieublei &x\r différents points de Plarisy ^ dooAa à la rue Ciriélb «on propre nom, prodigaUtépeu riifneu«e.LadeiBi-luae, mémgée à l'entrée de <M3tt«i rudfô mux:p6tits Hiénages/j&sl mar*quée ^r le {dm de 1739^ <0àM sftàâdqîa fi$[ur0 avec jardiiis n'y est pas indiquée de mècM f éohaacrure ^de i'hôtei Gol^ h^% au* ^Qlrphis, fes'ftana d(Ni^mD^es:)l'7d^ «t 4717 ^

fortifient la rue qui nous occupe que df une seule de ces in^ nocentes demi-lunes, fecilitant dans les rues trop étroites la circulation d'une voiture/, Gomboust, en 1652, ne fait voir qu'un jardin , longeant ce côté de là voi« à une distance suffisante pour que des maisons le précèdent , mais qui ne sont nullement accusées. La rue portait déjà , l'an 16t2, son nom , qui lui venait d'une enseigne; les livres sur Paris en conviennent, mais leurs découvertes se restreignent, rue du Croissant, à ce trop peu de documents. Pour en vérifier la valeur, nous avons comparé l'enceinte de Paris sous. Charles Y à celle de Henri lY, et le fait est que le sol de la rue, exclu de Paris par la première, y fut incorporé par la seconde.

En 1 739, étaient en feçade^sur la voie, tels que nous les voyons encore, les n" 4, 2!, 3, .*, 5, 6, 7, 8, 10, 16, 18, ' 20 et 22. jSieurs Cardinal et Desnoyers payaient, un peu plus tard, droit de cens à l'archevêque de Paris pour Je 6 et le 4, actuellement divisés en deux petits hôtels garnis, et pour le 2, dont le devant est vieux et bas avec une ^^.nde porte. Le 4 et le 3 sont le flanc.^uche du ci-devant hôtel de Chalabre, mis en loterie sous la Révolution et qui donne rue du Sentier. Le 3, fier d'une rampe en fer, d'un inascaron et d'une prestance qui sent toujours le tiers-état, appartenait à un bouvge<BS^ Guyot, Là 7, ouvrant rue Saint- Joseph, a gardé à ses fenêtres tes grilles d'appui du temps de M« de Yaragnes, joaissuit de cette propri^é.qui f9rmait

sous NAPOLÉON ÏÏL ti5

équerre, en ce temps-là, sur un jardiû"^ ocîcupé aujourd'hui par une maison moderne et pair la rue. À Tencoignure de ce n"" 7, l'ancienne ruelle du Croissant change d'alignement et s'élargit en rue.

Le président Massu , contemporain de David, avait le nM 8, qui devint, sans que ce fût par son fait, un tripot où se jouait la belle et le biribi. M. de Pressigny, fermier général, était le second voisin du président, mais sa propriété avait accès principalement rue des Jeûneurs. Quanta l'immeuble en partie double, sis au coin de la rue Montmartre, il appartient en ce temps-ci à deux propriétaires différents, bien que l'issue en soit une et l'origine commune. Il était déjà divisé en 1769, car le fond en appartenait à M. Gamont et le devant, faisant angle, à M. Zilgens, dit Éclair, qui eut pour héritier son fils, un avocat au parlement. Un café se tient à ladite encoignure depuis assez longtemps ; lorsqu'on en refit la devantui'e, en 1852, une affiche fut trouvée intacte sous la boiserie qui annonçait, mais un peu tard, une vente pour 1784. Sur M. de Manneville, émigré, fut saisie la portion de cette propriété que M. Gamont avait eue. Or, demoiselle Charlotte-IacqUeline-Françoisé de Manneville, cousine delà duchessedeRochechouart,avait épousé, en l'année 1754,C61bert, comte de Maulevrier ; cette comtesse de Golbert était de la famille des Manneville, gouverneurs de Dieppe. Il vivait, d'autre part, un Jean-Robert Gosselin de Manneville, chevalier de Saint-Louis, en 1766. ^

2« LES ANCIENNE» lEàlSœtS dE PARIS

II B*y a plus que deax propriétés que nous n'ayons, pas restituées aux détenteurs sujets du roî Louis XY. A M. de fa Planche était une maison, à Tatitre coin de la rue Mont* martre; à Téglise Saint-Eustache appartenai* le cimetière Saint-Joseph, qui venait après. Par suite d*an échange^ le chancelier Séguier céda, en i 6^5, à Saint-Eustache, dont il était le premier marguillier, le terrain où il fit construire une chapelle dont il posa, seulement quinze ans après, la première pierre, bénite par le curé Etienne Tonnelli^r^ Médiocre était l'architecture de cette petite église, qui n'avait ni fonts baptismaux:, ni saint-ciboire ; mais, si l'on n'y baptisait pas, en revanche oa enterrait les gens à l'ombre de son édifice, qui, avant d*être jeté bas, devint le chef-lieu d^une section pendant la République.

La dépouille mortelle de Molière reposait dans ce cimetière, en vertu du permis d'inhumation signé, en 1674, par M. de Harlay, archevêque de Paris.; on croit mêfiàe qa'à côté de Molière gisaient les restes de Lafontaine , ce que depuis on a contesté. Néanmoins, avant d'établir le marché Saint-Joseph à la|)lace de TégUse et de rasîJe mortuaici^ du même nom, l'autorité chargea des commissaires de re^ lever les cendres^ des deux poètes, qu'on alla déposer au massée des PetitS'Âuguistins^ et qu'en 4346 on transféra àvt Père-Laehaisé, sans séparer ces deux grands noms, conviés ainsi que l^m par l'autn^ au banquet de réferoité iGâ4)a« promise au génie,' comme aux âmes dans un autre motidet

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