‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 4)Chapitre 79 sur 85 · RUE CULTURE-SAINTE-CATHERINE · texte numérisé non relu

RUE CULTURE-SAINTE-CATHERINE

t«e théâtre d« lfmpsi«« -- •«• aclewnk — Ia lesè de la r«e Ilewf H fce w s^ ' — I.e» Cerseyelet. — Maie de (iévisiiè. — Eee peMiiens* -^ E.e *•• — liiss «lee Ble«es« -Maie de Menlie rea èy .-r I#e eenaétaMe de CUmob.

Grâce aux hasards de Tordre* alphabétique, nous voyageons plus que jamais en zig-zag ; M. Rousseau en a les jambes rompues. Retournons une fois encore du faubourg du Roule auJMar^is. Le théâtre du Marais, dans la construction duquel furent utilisés des matériaux de la Bastille et d'une église, était nMI , rue Culture-Sainte-Gatherine; dans ses anciennes loges en baignoires sont coulés aujourd'hui de véritables bains. Son premier directeur fut Beaumarchais, qui Tavait fait bâtir, mais qui jugea ensuite moins onéreux de l'affermer à d'autres, qui ne le payèrent pas toujours. L'ouverture en avait eu lieu le 1 " septembre 4791, par la Métromanie et V Epreuve nouvelle; la Mère coupable y fut représentée pour la première fois le SIC juia de l'année suivante. Paroû les acteurs de la troupe, on comptait Perlet, Gonthier, Baptiste aîné, qui y créa Robert ^ chef de brigandSy et d'autres qui ont renoncé aux pompes du théâtre, pour se faire libraires, journalistes, bibliothécaires, costumiers. On dit même que, ramené en ville par la promulgation du concordat, l'ancien archevêque de Paris

sous NAPOLÉON AI. 5

fut abordé, le premier jour, par un homme qu'il avait connu enfant de chœur, puis garçon boucher, et qui profitait de la rencontre pour implorer l'absolution. — Qu'as-tu fail pendant la Terreur? lui demanda le vieux prélat, en s'attendant à d*atroces confidences: — J'ai abusé du désordre général, reprit l'autre la tète basse, pour jouer un peu la comédie dans une salle à M. de Beaumarchais. — Dieu soit loué ! reprit l'af chevêque, qui lui promit tous les secours spirituels et lui donna une gratification excessivement ines* pérée.

Des acteurs, voulez-vous passer aux spectateurs? Ils n'étaient pas toujours nombreux, carie théâtre ferma deux fois, avant qu'un décret impérial le supprimât , comme dix-sept autres théâtres. Mais les traditions dramatiques ne manquaient pas dans c^es parages, qui avaient eu, rue Yieilledu-Temple, une salle du même nom au xv!!"" siècle ; bien plus, la culture Sainte-Catherine avait servi d'emplacement aux représentations des mystères, sous Charles V et Charles VL La bourgeoisie, le commerce sont sédentaires et vont beaucoup moins au spectacle, s'il faut faire une lieue pour s'y rendre. Les marchands de la rue Bourtibourg avaient une loge au théâtre du Marais, et je doute qu'ils l'aient conservée à TOdéon ou au Gymnase; chaque mépage à son tour jouissait des places de la loge, et le jour du mari n'était pas celui de sa femme, l'un des deux gardant la boutique. On y retniarquàit surtout M""* Biquette, charcu-

tière de THÔtel-de-Ville , au nom de laquelle était toite cette location collective, et dont la toilettej les manière?^ les discours et la personne étaient de meilleure coiQpa^ie que la feo^me de plus d'un hobereau. Sa maison decom* merce, fondée sous Louis XIY, est continuée rue Qowtibqurg par son gendre^ M. Gillocque. La notoriété attachée à cette charcuterie Riquette balance celle de Ja maison Grimod, point de départ des La Reynièfe ; elle nous offre une occasion de convenir que les diverses préparations de la viande de porc ont bien dégénéré : elles se présentaient à la fois, sous des formes variées et nombreuses, sur toute table bien servie ; maintenant, c'est l'aliment du pauvre*

Pour porter malheur au théâtre, outre l'émigration de Beaumarchais, il y eut un affreux voisina^, celui des Pon^pes funèbres, dont l'administration siégeait dans la caserne actuelle des pompiers. L'immeuble, siège de la compagnie des ftmérailles, avait été confisqué sur MM. Pinon de Quincy et de l'Avor, neveux et légataires de messire Nicolas Pinon, comte de Yillemain, conseiller du roi, premier président du bureau des finances , gouverneur de Brie-Comte- Robert; ce cumulateur de fonctions avait fondé uq lit à l'Hôtel-Dieu à la collation de sa famille, et il était morteo 1724, L'hôtel portait, par excellence^ le nom de VAyQt en 1733.

Au coin de la rue Saiqt- Antoine, s'était invétérée l'église gothique deSainte-Catherioe-du-Val-des-BcoUerp, qui

(Mus NAPOLÉON f». t

etiduile Wdàt porlé lé h&m d*égti36 et prieuré' dé Saiftte- Catherine-de-la-GuIture. Un présiâeiit''àtt. p&lefmèùt^ Jstc^ ffOM»' destigD^eries^ que François P' teurtt en graUfdeestime, et chargé an concile de trente de soutenir les libertés de J^Eglise gallicane^ y avait été enterré le tf août 15Sy6.

Ce pi^ésident avait acquis^ douze an0, avBmt^ un lot de la culture Sainte-€atherine^ chargée de cens envers Tabbaye de Saint^VictoTj et grâce à Pierre Lescot, à jfean BuHant^ à Jean Goujcm, à Ponce, à IKicerceau, fl y afvait créé un chefd'œuvre, qui est encore Fexpression admirable de rartau iem^ de la Renaissance. A messire dedLigneries avait été fort attaché le baron François de KernetBnoy, desoendant par sa nière de Tanneguy Duchàtel, et dont le nom breton^ pour s'adoucir, se changea en Carnavalet; c'était le premier écuJe^ d'Henri II, qui le donna pour gouverneur au duc d'Anjou, son &ls, lequel fut roi de Pologne, puis de France. Après avoir suivi pendant dixans le futur Henri III, rempli la charge de gouverneur d'Anjou, de Bourbonnais et de Forez, Carnavalet fut gratifié par Charles IX d'un logement au Louvre sa vie durant. C'est bien lui qui donna la main à la maréchale de Cossé, dame d'honneur d'Elisabeth d'Autriche, lors de J'entrée solennelle à Paris de cette reine, femme de Charles IX; mais il mourut peu de temps après, et sa veuve, Françoise de. la Baimie, alla s'étabKr rue Culture au séjour précité, qu^elIe ajouta^ de ^n vivant^ aux fiefs et au# propriétés de son fils^, le bgf|;o| ^Ç^j|ç^d|^

8 LES ANqBNNES MAISONS DB PARfê

Cartiavalet. Famille qui le garda un siàcle, eia lui laiasaiit Boa nom à tout jamais 1

' François Mansart^ appelé par d'Agaurry, riche magis* trat du Dauphiné) cessionnaire des Gamàvalet,^ ajouta une aile droite manqtiaat à l'édifice, fit remplacer par une raoopç m fer le bois sculpté qui bordait rescalier d'hoQneur, et augmenter aussi de plusieurs figures et de reliefs allégoriques, d'un mérite moins incontestable, les sculptures de ses devanciers. L'ornementation intérieure dut des avaittages plus réels à l'architecte de Louis XIV, et le jardiit ^ un beau bassin dé pierre, dont le jet d'eau était alimenté par la fotitaine de Birague. a Telle est l'habitation, nous « dit M. Verdot dans une notice sur l'hfttel, qui fit tant « d'envie à Marie de Rabutin de Chantai^ marquise de « Sévigné, la femme la plus spirituelle de la cour du grand «c roi, mais aussi la plus difficile à satisfaire, la plus esclave « de l'étiquette, des belles manières et du ton. Avant cet <c hôtel, elle en avait changé dix fois, comme l'attestent ses « lettres, et aucun n'avait pu lui plaire. Elle avait habité « toutes les rues du Marais ; ici c'était le salon, là le jar- (( din, plus loin le voisinage qui ne convenaient pas. Soa ce rêve, c'était un hôtel de belle apparence, assez vieux <& pour être noble, assez moderne pour être élégant et corn- « mode, assez grand pour que sa famille y tint à l'aise, <i assez circonscrit pour que son état de maison n'y par&t * pas trop mesquiDi assez animé pour' que la cour de

sous NAPOLÉON Hl. 9

€ Lottifl XIV pût y entrer dans ses iMroêW^B et s^y mouvoi r < avec fracas, assez paisible pour que dans un sàÎM^tùaire <( intime, donnant sur le jardin, la mattresse se f Cueillit « et laissât tomber de sa plume les lettres les plus été* % gantes^ les plus spirituelles qui soient au monde. Ce « rêve, rhôtel Carnavalet le réalisa. »'

M""* de Sévigné, qui en avait pria possession en 1677^ y laissa les siens après elle. Néanmotna les traces da séjour de cette femme illustre et de sa issmiille se retrouvent encore^ a notre époque, sous les lambris ou elle se plut vingt ans; Une pièce, où deux toiles ovales se font pédant, n'a-t*el{e pas été Tantichavabre de rappartemént de M"* de Crignan ? De belles cheminées de marbre existent, substituées pour elle et sa mère aux cheminées biiutes du temps de Henri II.; te salon de Tune et le salc^ de ra.iitre, le cabinet où se mira dans sésœuvres;siclmres encore pour là postérité, le plus charmant génie épistolaire, sont demeurera peu près Jntaçts. Voici le balcon de M"? cle Sévigué, la tSiblè de marbré où elle déjeunait, pendant l'été, à l'ombre ; d'un sycomore toujours debout ; voilà aussi Ja porte du jardin^ que franchissait le baron de Sévigné pour^Uer souper cher Ninon. .

Après une telle évocation, comment réprendre séiis ré**' gret la nomenclature des traditions mémorables de la maison et de laTùe? Que W\ do Llllebennev'mt préoidé Al"''' Sévigné, sous le même toit, c'est iiiic0oiii)à ceboàt

iO LES ANGVroOft MAISONS DE PARIS

PâH^ <Âto SQus le titre d'h6tel d'Argougea c^le résidence historifae^ qui eut a«i«6idQ8)M«taife8 daiiB^ia gi^ade rdbe. Le fermier-génâral Brttoet de Rancy en fit racquisition à la fia da X¥a* ^ècle^ pues H. de la BriSé, kit&ndaiit àe Gaen^ puis la famille de Pommereul, qu'en fit sortir une révdu-* tiOn» La maison nçiit Jbientôl; les bureaux de la direction de l4 Librairie, à kiqi»Ue fut Bubstitaéepaf Napoléoia l'écde; des* Ponts et chaussées; le bairoo de Prony, u& sayantmis à 1a tète de Téecie^ yxlmneura par conséquent. Cette lna•^ rée des sciences «posotes ymt déposer pcNur alluTion^ sur cette plage aiiXAoïiyen^yitmecouclK^ b^geon^

doKt. les reliefs de fialhnt at lea statiMl <^ leaa GoujcHtà mettront utt sîàdei à se désempesier : le conseil de Féoolei ne s^apeveefvait pas ^qn^il iie leomt dans lui BôomiiMint! Bepuis que la péf^aière des iDigémenrs est transplantée ittUeurs^nne pension dncdlége Gharlemagne tient sa place^ tt"* S!3 ; IL Yerdot déjà nommé en est le efaef sictnlli.

Il y ataié bién.4me pension Bdlland, rers le milieu dm xvm'' siède^ dansllà ne Gulturef^Saiùte>*Catfaerineiy mais» nous ne savons trop sàr quel point. Inutile d'en dbercher vestige au S^, où se trouve Tinstitution laufFret, anoieii hdtdPeletiér, qui siéteit détaché sous Louis XlVde l'arsenal de la viUe. M idiel Et^ert le Peletîer de Sou^y n'y fésida quf après son ipire^ poitriequd fiit créée une piacci de'>dî]ieQi€iiiir-séBéraliddè9 ^rtiâoslions, et savant faoinme,.

sous NAPOLÉON m. U

sachant par cœur Tacite, qui se retira octogénaire à l'abbaye de Saint-Yictor. Dans cette branche de la famille Peletier, qni prit aussi le nom de Saiùt-Fargeau, fut plusieurs fois le contrôlè-générat des finances ; un de ses membres, sous la Régence, fut ministre d'État, honoraire de F Académie des sciences, et Tépoux d'une Lamoignon. Puis on les vit au parlement, fulminant contrt lesjésuites, et le conventionnel, leur descendant, qu^on assassina en le prenant pour un autre au Palais-Royal, fut rapporté rue Culture-Sainte- Catherine. Pierre Bulet a refait Thôtel, pour l'ancien directeur des fortifications de France ; une orangerie s'y remarquait due aux dessins de ce même architecte, sobres d^ornements, quoique superbes.

Le 5Si, dont lés rinc^ux, les urneâ, les mascarons et les amours sont du crayon de Tarchitecte de Lisle, membre de J' Académie, appartenait avant 1768* à M. de Flesselles, du ôheif de sa femme, Rbse-Ursule Frajôt,iiui le vendît àoettë époque à Anne Labbé, veuve en premières noces de M. Santeuil, femme ensuite de M» Dupuis de Gerville. La famille; Outreqûin l'acquit ensuite, à laquelle succédèrent, le 2! veiitôse an m, le âtoyen Jacques-Pi^re de Sabardin, ci-devant baron, et sa femme^^ Catherine BioUèy, épouse de Ghafori ûe Watti^onville, trésorier de France, en premier lit. Les Sabardin ne s'en sont défaits qu'en 1840, ca!r M** de PîroUe, «ree lèquerte M. fontaine m a trai«é, était née SabarcËn. Par ïUttlbuutr^ cet^kâtef wt/wttMe|mk^li)^gj^|!^

\i LES ANCIENNES MAISONS DE PARIS

statues d'Auguier, qui eq décoraient lo jardin, Laocoori^ Hercule, Flore, Junon et Jupiter.

Le couvent des Filles-Bleues , dont le jardin n'est pas entièrement disparu, se reconnaît parfaitement au S!5, au S7. La maréchale Josias de Rantzau, qui avait abjuré le luthéranisme^ s'y retira une fois veuve, puis passa en Allemagne pour y fonder une maison du même ordre, dit des Annonciades, dont la règle sévère prohibait l'admission de pensionnaires et ne permettait de voir les parents qu'une fois Tan* La marquise de Verneuil et la comtesse de Hameaux, avec l'agrément de Louis XIII, avaient créé la retraite des Filles-Blettes, dont le terrain et les bâtiments avaient appartenu à Jean de Vienne, contrôleur-général des finances. Une des filles de ce dernier était la marquise Tiercelin de Saveuse ; l'autre avait épousé François de Montmçrency-Bouteville, qui tua en duel le comte de Thorigny, et quand, par suite d'infractions nombreuses du même genre aux édits royaux, la peine capitale eut été prononcée contre son mari, elle fut se jeter, avec la princesse àe Condé, les ducliesses île Montmorency, d'Angonlènae et de V^adour^ au^ pieds de Louis XIII, que rendait inflexible U volonté de RicheUeu. La date même de l'exécution de la sentence est postérieure d*iine année à l'aliénatîoa dd rhôtel de Vienne.

r Bans cette circopstance pénible, ki dpcl^sse 4'AngOttléme avaft^i eu IjoiiBe imm^ Ç»r te <*«^,f?by^ffyWï^

sous NAPOLÉON Bl, ; i3

pre résidence, passée ensuite aux Lamoignon , était les n"" 17-19 , qui depuis lors ont plusieurs fois changé d'aspect* Le 13, qui n'a fait que vieillir, était le séjour de Chavigny, jïiinistre de Louis XIIL On doit croire, car )a me est du. 0Îècle lov, que les amours de Vienne et.de 'Chavi* gny remontent jusqu'à Tépoque où le çoiinétable de Glissqn y: fut as9a$siné par les sicaires de Pim-re de Craon, et où Charles YI en personne vint rendre visite au mourant, dans la boutique d'un boulanger. Qui sait même si c$ vieM^ logis, q«i n!a plus de néfaste que son numéro , ne fut pas le séjour d'une courtisane italienne qui fit grand bruit du temt)s de Henri II , et au seuil duquel le cardinal de Guise, en se retirant au point du jour, faillit avoir le sort du connétable de Clis&on.

Aussi bieo les maisons de la rue sont presque toutes plusieurs fois séculaires. Le 38 en est vermoulu ; 40, idem ; le 46 brandit une rampe en. fer, dont l'arma quelque gen* tilhomme, et pourra tQuir. encore plusieurs campagnes. L!ampleur d'une autre construction, son jardin^ ses rinceaux et des sculptures en bois à l'intérieur, méritent qu'on repde au n"" SI6 son titre d'hôtel de Villacerf : la seigneurie cbampenoise audit nom fut. apportée en dot par Mt^rie Le Fèvre à Edouard Colbèrt de Saint-Pouange, bien que le marquisat de Villacerf appartint à la fiUe du QOiQte dp Bâ^r yjèrs, grand tfJEspagne. ^

14 LES AliCiffiNff ES MAISONS DE PARIS

RUE CDVIER.

« Rue derrière lés murs de Saiirt-Vidior^ » telle était^ en ^^% la détÉMbinatioû pribitive de la rue ^ PdiiceâtL^ dite après vue de Seine^ puis me Cu^vier. En eflét^ le ùm. des ViiStortais- tofigeait cette voie ptiftlique cornasse k ardent de bdS' joun^y à gauche, les mmoas du lardin-des-^ Plantes^ et un petit pont, dit poiieéau^ était jeté stur la Blèvre^ M milieu éei la rue^ quand cette petite rivière traversait FetidiDS de Pabbaye. Toutes les maisons de la rue^ qui fi'eft avàtl alors que d'un côté, forent occupées par la commmiauté' des N^uvea/u/si-Goiivertis, sll ftiut s'en rap^ porter à M. Deleuze, auteur d'une ^Ttsto^ ei D^seription du MuséurâfSfriêtaire naturelle (tome t, page S&)^

Mais le mèineautiÊur rappelle ensuite qu^tin ancien hdtèl de Vattvray*) pui» dé Magny, ftttaeheté par* Louis XVI, sw la demande de Bttffon, en i78>7, pour être incorporé an JardiB^Ur^Roié Ëû fttut-il iniéverque cette propriété Umxi esccepti»!^ Son primcipal ^orps de bàtimecrt, pavitloa magistmteiaenti dâpitoaé d'tia ftonton, se jetroii^ n^'^S?, rue Caviery danii 4a^ cnur de* t'administrstian du Iaflrdî««-d6s^ Plantes^ é&ai la haute porte était oontlguë à des nèmises. Le marquis^Pottêa^M de Ma^y, d^ait)iiès les* reehettlies que nous avons dû faire, fut un savant du ]ivii"' siàcte; tnaU n'appartint à aucune communauté 'religi|^u^^.^J^a^re

sous NÀP0LËW M. 121

Qt littônatetir/ il se disttogpia néanmoint 4aM radmw8i(ration^ comme lâtendAnt de diverras géoéralHéfi, puid il fut appolé à PftriB; le roi le fit confieillerd'Etstit, et Madame, ^ chef de son conaeil. Foucault a^iât obtenu réfection en marquisat de la terre die Ha^y, qu'il avuÂt aoquiae m Narmandio; il; mourut rue de Seûie^Saint-Victor^ .eu 47âl« Son. fils <genr|t^ inon eaas éelat^ dans lea armées.

M. Iteleuzedit eneore que. }e.priiuoe,d(|i^ uuftwraUstaiEi in-» staJla DaubeatoD ^.Lacé]^de dans oette mai w>&i ie^>^t:ârt que Daa4>e»toii^tait|HiQfeHaeurr d'biet^re.natwelle auMl* légQ de Braiw^e,» et d'écxwNwer rurak à MtmA, igarde-efl diémouatratieur, diA oahiuet d'hût^îre ii^atmelta^ .«^Tant ]« moct de4»op illustre iami etjCoUaJbqr^gytwr BvfffPy^I^ oinde^^ ¥imt bôtel d« Maguy^iie «f'ep tmuiraît:paA «aosua une nmson d'édueatioi^ aa cammeneemeot.d^ ia.Réwtatio», ^at parmi les élèves de cet établissement en bonne réputation^ que patr^a^aioBt aapa doute les. saiwits .se^ voiaiofi^ figura le ^une Défriche^, ptus tard oélèbre sous le aoiad» baron Desgwejttf^f l4aCo«LVfinibioii tdransforipakioiHlevant Jaixlia^ dihRoi €^ école publique, dite Muséum d^bistoirenatoneUi^l Daubentqfp y lut pourvu de ia ebaiiri^ de minéppli^giei ek c'eat alors qu'il élut domicile à liout jamais dans l'ancien pavillon de Foucaulit* II pwaissait encore appelé à^: y; pro-r longer sa vie l^borieusep quand les bonioueurs vînwnttarn divemtqnt^ cowpnner m vieillesse; mai/si il ne surirécmt:paa toi«tww à W: wwmutiQn de sémrtw. ,^^^^ ,,v.bogle

t6 LES ANâËNiïeS MAISONS DE PARIS

fbmrcroy/ qui garda vingt-cinq d^ê la chaire de chimie à laquelle Buffôn Tavait noïnmé en 1784, éfut égalemeki& domicile pendant un certain temps dans le pavillon de Magny, comme deux autres notabilités : André Thouin, fiis' du jardinier en chef, devenu professeur de culture, grand^ voyageur, auteur de livres estimés ; Bosc, inspecteur des pépinières de France. En ce qui est du bâtiment qu'on trouve à droite en entrant dans la cdur, il s'est substitué aux moulins du nommé Léger, riverains sans doute de là Bièvre* L'autre construction, celle de gauche, abrita Fabbé Bauy, physicien distingué, membre de l'ancienne Académie « des sciences. Quant au fameux Brongiiiart, ex-apothicaire de Louis XVI, pharmacien militaire en même temps que professeur, il ne profita pas personnellement de son appar^ tement sous le même toit que Tabbé ; mais il y installa tfon frère.

Du 43 la porte est non moins belle. Que si des protestants, traqués par la révocation de Tédit de Nantecf , y oiit été recueillis, on leur a fait les honneurs d'un hôtel q^i Valait bien encore une messe. Il est vrai que les fiacres, qui à coup sûr y eurent leur régie, n'avaient pas dû en f&iire les frais. Le grand bureau des fiacres fut converti lui-même, rue de Seine, en un magasin à farine, et puis la côur de la ci-devant régie, où figuré encore de nos jours un très-^pulaire mammifère de l'ordre des cétacés, lui dut le nom de cour de la Baleine. L'extension du ^^i,^,^^^<(;^^Mf ^*

i : SOIB J«APOLâON IIK 17

érigé ftçK^ate cei hôtel, eoaime totitea les propriétés^ lioati* teopheâ de son îiitémiBaDt domaine ^ en résidence d'une classe de savants, dont les fa*àvaux font de cette ville à part la métropole des.soiences naturelles, et dont Tes nomsv acquièrent lentement leur gloire. Plus un naturaliste se sent TÎeilUr^pIus il utilise les moments, dans la crainte' des loisirs li»rGèfiu et sa seule retraite est la mort« . Om demeure M. Cordicr, c'est-à-dire au 33, était bien Taïqas de Sàint-Fond, éminent géologue, dont le fils fût iil«réefaai-de*camp. Le 15, dont dépendait le 47, a gardé «ne porte cintrée, contemporaine sans doute de Calvinl Geoiges Toscan, bibliothécaire du Muséum, ex-rédacteur de la Décante philosophiqucy était propriétaire du 13, où demrara ensuite Laugier et ou se retrouve M. Duméril, qui des pieds à la tête est vert, bien qu'il ait tâté le pouls, comme médedn, à cinq générations de la famille de l'auteur du présent recueil, et que Toscan l'ait connu en 1 797 chef des travausiaaatomiqiies à l'Ëcole-de-MédeciDe. Les murs déjà séniles du 1 1 attenaient en ce temps-là à des chantiers qu'a englobés le Jardin depuis; un marchand de vio Y tesait table ouvert^.

Enfin M. de Jussieu père , ce membre d'Une familfe si féconde en naturalistes bien connus, fut le premier savant qui s'établit, en 1793, dans l'édifice appelé par excellence maison des Nouveaux-Convertis, au n* 61 de la rue. C'était une communauté fondée dans la <Jité par le Père Hyacinthe

'Oigitized by VjiJiJVlt:

f» LES ANCffilNinSS HAIMT» DB PARIS

de Paris, capudn tràfl-zélé pour Im cMYaTirioti "àe^^probeBtasts, poiftitransfii^TaedetSeiiie^Sciiii^yictor. L'mstîtov tîon en avait pria modèle sur eeBe dea NoiMreUes^athoti* ques; elle n'arait reçu raceesaîvament Itapprdiatioa de Yavcheifèqaie de fiarîs, du pape, et' du roi^ qd^à la-oonditioa de s'en tenir tonjoucs an aécolier ^ de ne powfoor ètm changée en maiaon de prefessioa iroligieiuie* VmmdémB chapelle de la ccxaunimaatéest eotte le ^7 ^t Je 64 ; on allait y niettare un. portier^ qaand la mortdu prince^Gfaaiies Bonaparte, qai se dii^MMait à aller se fixer éànn la inaison desNouyeaux-Conwrtis^ est ifenu demièreniient imposer un deail à ta science, etJaisser la chapelle au tPoUu^noie magasin..

PLACE BAUPflINE;

^AmnL ^

Devant refEg^d'Hei:ir)iy^ aux pieds duquel ^taienifaitea les publications de paix, se trouvait TUe du Palms> déno-r XE^ination collective donnée ^ous Loui^ XIY h la ^@e Df uphioe et à tout son encadreiDeat .sur les deux q49^ls aiAfiî que sur la rue du Harlay» lotîtes les maisons qq'çgiy.voit avaient été élevées s^T xuà terraiu de 31 20 taises i/%j co#-j cédé en 1607 par Henri IV à son ami et féal conseiller e^

SOÙS NAPOLÉON m. 19

premier président en parlement, 'AcWlïe dé Harlay, qui avait usé de son crédit sur lés Parisiens pour les détacher de la Ligue'. Cet abandon avait éSté fait an président à la charge de bâtir ou faire bâtir, en se conformant au plan déjà^ dressé, qui donnait à la place sa fôrïne triangulaire et aux maisons une construction Bymétrique, en brique avec des chaînes de pierre et des àrdoîsBs pour toiture. Le nom de place Danphine venait de Lonis XIII, lorsqu'il n'était que dauphin. Quant aux susdites 312!t) toiser, elles avaient été prises tant sur Fancien jardin dti bailliage du ^Palais, d'abord jardîn des rois, que sur une place inoccupée for* mée à la fin du XYf siècle par Tagrégation bien constante à l'île de la Cité de deux îlots, lesquels ont dorme lieu, comme désignation, à une confusion qui n'est pas encore dissipée.

Comme il est peu de maisons de la place auxquelles nous ne puissions restituer leurs enseignes, contemporaines du grand règne, plaise au lecteur que nous fen fassions le tour en y entrant par le Pont-Neuf à droite!

Qui donc h*y connaît pas rétablissement de l'ingénieur Chevallier, dont le thermomètre fait autorité, et dont Tes instruments d'optique ont maintenant à se braquer sui* plus d'étoileè qxfeniJiO^ époque de sa fondation? Toutefois la maison Chevallier, qui de*beau-pèré en gendre esf demeurée héréditaire, n*a quitîé lâ'tôur de lIBôrloge qu'à !*époqùe der fa formation du Directoire. L'nnmeuble qu^elle occupe defpuis', SeVqîlte mxr le quai des Oriëvres, et à con-

serve ub étage supérieur deatelé de. loansardes aatérieures à Mansart. Soa eoseigne était la Goqpe-d'Or, quand Pierre de Creil, maître des comptes, et puis Georges de la Porte- Père, conseiller du roi, en furent successivement propriétaires (1667-1700). La propriété contiguê suivait le même sort avec l'image de saint Jérôme. Le maître des comptes possédait encore celle d'après, au Soleil-d'Or^ aujourd'hui n"" 37 ; mais il y était remplacé, avant la fin du xviV sîècle, par Gabriel de Lattaignant, seigneur de Grange-Menant, oncle tout au moins d'un autre Lattaigpant, homme di^ plaisir, poëte et chaqoine.de Reims. Sur la maison d'ensuite nous lisons : Hôtel HenH lY; il y pendait une figure de saint Pi^re, quand Jacques Le Challeux y tenait à Pierre de Creil. Le 23 répondait au signe <le la Croix verte, et la veuve de Nicolas Josse en disposait avant le chevalier de Tinville. Comme il y avait alors beaucoup d'orfèvres dans nie du Palais, il est probable que Molière, qu'on y rencontrait fréquemment, utilisa, une réminiscence en ajoutant un sens piquanjt à ce que bien d'autres avaient pu dire : (c Vous êtes orfèvre, monsieur Josse» » En 1700, Jtt"** Olympe Hardy avait la Montre^ dans le n"" Sll^ et Dumoulin le Saphir blcuji dans le 19, dont Ja façade, depuis Hemri IV, n'a guère subi de modification.

Catherine Letellier, vieuve Langlois, jouissait du Il^ J7y où pendait upe Pomme d'orange; pr^ soajioir^ de femme nous rappelle ^e Féch^via Langloss^ x)ui ay^t ^yoris^.

sous NAPOLÉON IH. 21

ravénetfien^ du Béarnais, fut ensuite comblé de ses bonnes grâces, maître des requêtes, puis prévôt des marchands. Bien des Langlois étaient groupés, sous le règne de Louis XIV^ en face de la statue de son aïeul, comme pour p^longer la gratitude du leur, qui pouvait leur avoir trans- ' mis ^ne de leurs.quatre ou cinq propriétés. Néanmoins, ces colons de Tîle du Palais pouvaient être de plusieurs familles : lUin d'eux se fit connaître comme graveur. Quant à 1^ Pomme d'orange, elle avait passé des mains de Françoise Chevallier, femme de Georges de la Porte-Père dans celles de Françoise Letellier, veuve de Jacques Diel,^ écuyer, qui Favait donnée entre vives à sa cousine, M'^*' LangloiSr

Passons au 1 5, qui a gardé ses briques originaires, bien que surchargé d'un étage , et dont une porte donne quai des Orfèvres, avanta^ partagé sans doute par les maisons voisines. GeJles qui n'avaient pas de boutiques se grillaient au rez-de-chaussée pour y former des ateliers, car toute la place Dauphine retentissait du cliquetis incessant dçs petits marteaux de joailliers. Le 15 et le 13 avaient le même pro^ priétaire, au début du xvu* siècle, dans Ai"* de Béthune, ^ née Georges de la Parte-Père. L'un de ces deux immeu^ blés, qui à oette date en fornuaient trois, arborait TEcu de France; les enfants mineurs de feu Gabriel Langlois et d'Etienne Philips^ sa veuve, en avaient hérité avant 1667; un de ces héritiers en avait traité treize années plus tard t^mUmolhviTeA^ hof^get^r. Vm ^t 1^

capitaine Cersillier se faisaient viEhà-vis et se touchaient, à

Fangle de la place auqaet nous voici arrivé.

Les maisons y cessent de longer le quai des Orfèvres pour suivre la rue du Harlay, sur laquelle elles prennent ouverture ; enfilade de constructions qu*ont envahies provisoirement les bureaux de la préfecture de Police. Le capitaine susnommé y avait pour voisin de droite l'huissier Masson, à renseigne de la Souche; puis venait le Cadran, au président Se vin, y succédant au président Bizet de la Barroire. Avant la petite rue qui relie celle de Harlay à la place, s'appelait le Croissant-d'Or une grande habitation à trois façades qui fit Tobjet d'une déclaration de cens passée devant Plastrier, notaire, le 21 février 1671, par Jean-Baptiste Poquelin, comme tuteur du sieur de Favefolles. Ou c'est quelqu'un de la famille de Molière ayant lé même prénom, ou c'est bien réellement le grand auteur, malgré ses nombreuses préoccupations , qui , pendant les dernières années de sa vie, a eu pour pupille M. de Faverolles. L'immeuble devait au domaine du roi, ainsi que tous ceux qui l'entouraient, un sol de cens par toisé de terrain^ et mesurait 21 toises. De l'autre côté du petit bras de rue, il se trouvait bien en l'année 1700 les Armes de Monsieur, un Soieil-d*Or, les Armes de Mademoiselle, (m iSaint-Ambroisé, reconnaissant pour maîtres Bellariger, notaire, •M** de Laferfîère et là veuve de Charles Poulet, qui tetkit la seconde encbignure. Mats au nom même du 0)ndateûr de

sous NAPOLÉON Itt, 2a

]a plaoe, qi)e représentaient des neveux fep^léfi^Qntrne Iviiy étaient encore di^^-^huit propriétés^ plus morcelées et montrant d'autr^St enseignes en 1667; or nous avons If. cerli^ tude qu'elles attenaient les unes aux autres place DauphLne et rue du Harlay ; par conséquent nous les rpvo^ons aussi dans les susdits bureau;; de la .préfecture. Elles n'avaient été aliénées que par le troisième des. Harlay ^^ qui devint lui^ même premier président en 4689 : habile courtisan ^ fort instruit, bien qu^ la gravité toujours tenflue du chef se relâchât dans la dyoa^ie^ Apprenant un jour qu'une plai* deuse qui cedoutait de.p^dre un procès n'avait pas craint de le traiter de vie»x singe, il éplucha bien son dossier i comu>ç elle avait le bon droit de son côté^ elle n,'en ga^a que mieux sa cause , et elle rendit une visite da renxerçierment à messire Ip président^ qui l'accueillit avec ces piots : — Maintenant, madame, vous Saurez que les vieux singes peuvent encore être utiles aux vieilles guenons.

Cette revue, si noi^s la poursuivons, attachera pareillement le nom du marquis de Laferrière au nMO; celui d'une dame Bretaut au n" 42, où veut la traditioa qu'Henri IV ait été reçu par son compère Achille de Harlay. Qai commandait au nMi du vivant de Hs^rlay HP? un sieur Philippe Legros. Qui encore daios la demet|re qpif suit, devant laquelle s'arrêtent tous le^J.ours miUe oujinibus pour leurs oorrespondanees^ ^IQP? ^^\ que par prévisio^^ piorta rimag;e duChariot-d'Or? demoiselle Denise Laoglois,

14 LES ANCffiNNES BIAISONS DU PARIS

veore ée Georges Berruyer. Au SIO, où a sans doute habité un orfèvre dans tous les temps, Comme it y en a un aujourd'hui? Desmartrais Figeon, maître des comptes, avec une Perle pour blason. ,

Mais il est évident, nous le répétons, que la propriété était plus divisée y place Dauphine, au grand siècle que dans celui-ci. Son chapelet d'aujourd'hui né nous laisse plus aiix doigts que quatre grains, représentés par quatre numéros, par quatre toits, qui jadis s'égrenaient en sept.' Trois noces ont été célébrées sur ce point de l'île du Palais, où chaque ménage ensuite n'a fait qu'un lit. Â la Perle tenait en effet la Renommée du sieur Thuret'; à la Renommée, une Paix à partager entre les hoirs de Jacques Rémy, brodeur. Un prêtre, Jacques-Claude * Laborie, tenait de Claude Laborie un héritage faisant suite, qui communiquait avec le quai du grand cours de la Seine , et où nous estimons qu'à présent sont ouverts les bureaux du Droit. Enfin messire François de Montmorency de Saint-Héran, capitaine et gouverneur de Fontainebleau, conjointement avec Nicolas Le Pelletier dé la Houssàye, maître des requêtes, possédaient trois maisons qui n'en sont plus que deux. La dernière forme le pavillon qui fait pendant à celui de l'opttcien Chevallier ; l'autre était dite à la Pucelle.

La communication entre l'île du Palais et le Palais a été pratiquée aux dépens du jardin de Guillaume de Lamoignon^ en ce temps-là premier président au Parlement. En août

sous NAPOLÉON m. %n

i^SS;]0fB de la disgrâce de Brienné, labasoche^ voulant faire sa cour à MM. delà grand'chambre , s'est attroupée sur cette place, et une émeute où le sang ooulaif a pré* ludé aux événements de la Révolution. En 4792, la dénomination de Thionville succédait à celle de Daùpïiine. De 180S date la fontaine commémorativè de la mort du général Desaix à M'arengo, œuvre de Percier et de Fontaine. Il est probable que de la place Dauphine, menacée de démolition, il ne subsistera bientôt plus que lès souvenirs que nous venons de tracer.

Page 1