RUE DESCARTES
Dans cet ancien collège de Navarre, dont noas pariions dans la notice de la rue Clovis, la chapelle est restée debout, et fait partie dès bâtiments de Técole Polytechnique. La voilà, bien^n vue, au n^ 9, rue Descartes! Un petit magasin de cottrets et de charbôti, quîy décoirè le premier plan, a ce vieil édifice pour imposante toile dé fond. Nous avons de même dit. quelques mots , à Tartlcle de la rue Clopin, de Fancien collège de Boècourt, fondation du xvi* siècle, et où furent jouées les 'premières pièces dé Jodelle, en présence de Henri II. Beaucoup de nos lecteurs en ont pu voir le bâtiinent, servant d'abord dé siège, rue Descartes, à Fadministration deFécole; mais d'autres constructions Font remplacé ; Boncourt n'a pas moins disparu que le collège de Tournay, son voisin, qui remontait à Fan-
née 1383 :. Vm ^t rautre^ des Je f^ne ie^ Louis XIII , avaient été réunis à Navarre.
Entre le 15 et le 17 aboutissait entore la rue Clopîn, avant que les élèves de Laplace et de Prony eussent pris possession des trois collèges d'autrefois. Les boursiers de ceux-ci- avaient été propriétaires d*uQ certain Boinbre de maisons dans la rue> dont len plu» importantes sont encore le 16 et le *8; il y a plus, cet immeuble qui a dû être plus d'une fois refait, au-dessous de l'impasse Clopin, appartenait tout d'abord aux comtes de Bar, voisins du collège de Boncourt en 4238, L'abbaye de Sainte-Geneviève avait donné à cens, dans le principe,- les n" 27, 29 et 31 , et probablçiaieut beaucoup d'autres*
J\Iais cette rue qui serpente n!a jamais décrit une ligne plus^ biiséeque de nptre temps. L'une et l'autre de ses deux rives sont bérissées de promontoitres; l'aUgn^iaent ancien s'y débat plusieurs fois avec Ib nouveau : c'est.plutèt une scie qu!un f eptUe.
pQpuis le miUra du j^nV siècle jusqu'en 1 80^, elle s'est i^^pel^ TIfa Bosdft^ cornai ia.porte qui s'élevait à son ex^ trémitéiy ^ dû^t futietté bas ea .16^ l'édifice flanqué de tpurs,, avec pont de bois et pont-Jevie. Biea que le& dépouilles, mortelles de D^scartes euaseat été rapportées de Stockojm à Pajrifi par le chevalier de ToiftoUi ajBob9.s«adeur de Louis. XIY, §u comuiencemept 4e l'année ^i^^? ^^ dép<>' fiée» daqij^ l'iQgliiae; SaiHterGepevièvs d'^orsj biei| que les
sous NAPOLEON îllv ' *î
cendrée dû 'philosopha sâvaat eu-ssent' été transferées am Panthéon Fâti ii, ptiîs fë 3 vendémiaire an yiir au inuséô de^ MoB'Umënte fmû^aÂs, lâtopGgra|>hfede Pàris,àlaqtfd!e il manquait u»0 fue détxxrée dfe cc' nom honoré, ne Idevîttf cartésienne que seuB Napoléon I'*'. L^odyssée dei^<îendtes de Descarteâ fut encore reprise en 18i9 ; Téglise Saint-* Germain-des-Prés les reçut eto' grande pompe te 2® férriér;'
RUE liES DÉCHARGEURS.
m» 3, 4^ e^ O, lO et tl.
N° 3. — Il figurait pour sûr dans lé dénombrement de 1T1;4 parmi les 15 maisons de^ lia rue des Déchargeurs, paroisse Saint-Germain-FAuxerroîs^ qu^eclairaient alors 6lantemes ; la rue, du reste, existait bien afvaht, puisque GùiN lot la cite à là» ^fin du xm^'sîècte, dans sa nomenclature rimée des rues de Paris, sens le nom' dé iSt%e awo? ffécAarqmr%. Les barres de: Fescalier, bien qu'èfn viieûx fer, ont gardé uneo-ectttude, une noble sfinplferÈéiquî font contraste avec les» arabesques tordues dà»s lès autres* hôtels par les serruriers de* ce- teraps^à^. . : - .»•
N* 4 : — Appartenait d^ètbôrdà^miesjsire* Nicolas Talon, avocat, pmV ccroseîHefr'S te. cour; servit de résidence au
jésuite du même npmV auteur de travaux historiques et qui prononça Toraison funèbre de Louis XIII; passa ensuite à Orner TaloUy alors secrétaire du cardinal de Lavalette, (jui, d'apcord avec ses cohéritiers, le vendit à François fiog^r, maître des comptes. La fille de Roger ^ ayant reçu ejx dot la maison, qui devait ceiis à l'archevêché, épousa Dufos, seigQeur de Qléry, conseiller au parlement; mais leur fils, Louis-François Dufos de Méry, l'abandonna à ses créanciers, dont les syndics étaient Charles-Maurice Le Pelletier, abbé de Saint- Aubin-d'Angers, docteur en Sorbonne, et Charles Col lin, conseiller du roi, substitut du procureur-général, l'un des directeurs et administrateurs de l'Hôpital-général. Ceux-ci vendirent en 1711 la propriété àGobert, marchand de Paris, qui l'occupait; la famille des Gobert, comptant un notaire du même, nom, garda l'immeuble tout près d'un «iècle. A une porte cochère qu'il avait autrefois, cet hôtel a renoncé pour agrandir un magasin, et chacun de ses étages, comme dans tous les hôtels voisins, est demeuré voué au conunerce.
N**6. -r- L'histoire complète de cette propriété, qui était très considérable lorsqu'un hôtel de la me du Plat- 4'Étain en faisait partie, et où se retrouvent une porte cintrée, un escalier à balustres de bois, peut être résumée dans les noms et dates qui suivent: 1570, Tbielman, notaire et secrétaire durci; 4658, Hachette, conseilter au Châtelet ; 1 680, le président Séguin, dont la mère était née
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Hachette ; 1698, Remy Le Grin, bourgeois de Paris; 17S1SI, Grégoire, avocat au parlement, conseiller en Télection, ayant pour locataires, Rollin, drapier, Dumont, autre marchand, puis Richery, ancien marchand; 1744, Bertels, marchand, juge consul; 1773, Hendrickx, tailleur; 1787, de Mauroy, huissier commissaire-priseur au Ghâtelet, puis directeur des Incurables (femmes), et sa femme, née Hendrickx; 1 840, Minoret, mercier de la rue Saint-Denis ; 1 854, Contour, bonnetier en gros.
N" 9. — Des écuries, dont le paviô subsiste sous des planchers de magasin, étaient encore au rez-de-chaussée en 1836, et au lieu de casiers, de comptoirs, on y voyait des râteliers, des auges. Il y avait pourtant plus d'un siècle que le grand hôtel de la rue des Bourdonnais, n* 30, dont dépendait comme arrière-bâtiment, cette maison de la rue des Déchargeurs, ne se trouvait plus Thôteldes Postes. Le lecteur est déjà remonté à l'origine de cette maison à deux faces, grâce à la notice de ce recueil consacrée à la rue des Bourdonnais. ,
N*10. — Sous la régence de Philippe d'Orléans, Brayer, sieur de Chantereau, docteur en Sorbonne, était propriétaire de cet hôtel, déjà garni de sa jolie rampe d'escalier, encore placé sous la censive des missionnaires de Saint- Lazare, et tenant à Dulin, arehitecte. Claude Patu, notaire, se rendit bientôt acquéreur de cette maison, qui était contiguô à une maison de la rue des Fourreurs, où LaSadrie,
6 LES ANCilSî^lSEg >JAISOiSS DÇ PARIS
dit Duchessp, tenait Iç bureau çlç T^oci^na. Iji^lerie du; rpi^ conçéd^ à TEçole militaire. Çln 17Ç.9, Patu». payeur d? reptes dç rHôtel-de-Ville, traitait de la, pyp^^^iét^.pjçinç^t avec GQmei, procureur ^u Cbàtelet^ at? ca çjênae (jlomçl était déjà ou d,evin,t propriétaire de cellie (Je la rije d^ Fourreurs, qu,'occupait Hauttementj, pelletier; le§d^ujf ioxmeut)les furent a\ors r.éuuis-
NM 1 . -TV Nous constations ^ just,ç titf:e, q^^^pd i^m parlions de la rue des Bourdonnais, qu,e le .3^ dépendit longtemps du 30;, çiais dès. ^e.xvr Mè^e rençoigi^uBÇ' de \a rue des Déchargeurs et de la» rue (le la Limiace^ s'en est démembrée pour devenir le bureau des Df^iers,. dont la chapelle était rue de la Ji^issiemie au coin de la rpe Montmartre. Ne quittons pas laruequinpu^ occ^g^, sans reconnaîtra parfaitement la porte qjue lea desaiu.s 4e Bru^t surmontèrent de cet ordre ionique. Il suffit mém^ de mçnitei: un étage pour revoir eu peinture ply^eurs de^ dignitaires de cette corpojrajion : Desprez, grand-^rde en titre d'office, avec cette date, 1691, indiquée au surplus par .^p^ perruque yolupjiineïjL^^ -^ ^îiançQia Lebr^t, |Ç6i).; f.. ï^isdeseigle, ^rand.-gardu^ en 1663., ^vec fes. n^pu^^ches ^t ï^ rpjçale à- Ja mçdç. squ^M rè^peflp, ip^Si Xlï^ J. l^ Çiyiti^if, 1661., YQici bien,^w:QrQ y^ portfia,it 4^ W^^^ .opR^ïrff^ saij^ #?i^ïf g^Qï?.. qx^mii^K d^tP.lia 16^&,i«*dfe.n^ôiMla figjiwre^ <3l'>ii\n,gfaiM^-^gfi(ile; 4* premier ce rps itdSi mairdbaaids^ en \SS(i),J^e}ffi, ea,pi^(^ v^ij^ Le»istXW kii^^é&^mMM^sf^
ans QÙ le roi mt ^Dtr^ dit-op^ toiut J[)>Qtté4ai^ h parteroQot» Il reste encore d'autres peintures, mais ^^omiB^géee 9ans d(;Nute^d6ri:ièr^'â€^FAy(Hi9)|i0fés av^t q^M^So^dry, ^\^ se iHMKdit adjiUKUcataîre 4^ ce doia^iQç p^tkms^l, n'en fût en-, tréeapoasesai^n, fit Bmt^ pri^cîpiai lacii,tair6| et aégociaut m boiiMterie>. a bi^a. mérité 4q la driaiperi^ oo disjputant qmkfsim^^ju^ d^t ee» toilea i^ la pouaaière et à roubli ; st'^ittil patiàmb'tiMrigsand-g^rd^?
aUE DES DEUX-,BOUJLES.
JVWfiK^r Peut lit^«r« it^iwM.
Avx^ npmérQ» in^irSy rue des Deu3^-Bou}e^, sont due» aussi nos préférences. L'autre côté de cettç rue transparente est le derrière de^ la rue de Rivoli, et par cQQséguent refait àQeuf.XQô maisop» s^c^lairçs du côté .gauche ont de mêoje» sur la me Jean-La»tier une façade de rechange. C^est dow la rue ;9.uii. doubles portes; nous la reconiman-: doûi, cownae telje^ aux TOWnciers, a\^ auteurs dranjatiqu^f. Piçs deu^x pwtA*dég9gQïpents pareils, Ici IççoDwnerce
en profite; le parti qu'on en tirait là^ an dernier siècle^
était des plus galants.
Yoilàbien un mattre-escaHer où le fer contourné se joue, qui dessert par devant la maison portant le chiffre 3* Par derrière en rampait un autre, prrâant jour par un œil-de^ bœuf qui louchait sûr l'autre petite rue; sa dernière marche suffisait presque à entre-bàiller, aux heures oonTenues, une porte qui ne se contentait pas d'être bâtarde pour son propre compte. Fille entrait là, femme en sortait ! Les degrés de ce fripon d'escalier dérobé, viennent enfin d'être punis de leurs anciens méfaits. Un négociant, qui est le locataire de cette partie de la propriété, a agrandi ses magasins en supprimant , au rez-de-chaussée seulement, ses marches glissantes, sa rampe tortueuse, qui n'ont plus pied, et qui s'arrêtent à l'étage supérieur. Si bien que n'ayant pu s'en prendre que par efifigie à l'auteur principal des délits commis avant lui, ce justicier en a pendu le complice* L'hôtel maintenant voué au commerce, fut la petite maison du régent, qui n'en prenait pas moins ses coudées franches au sein de son propre palais. *
A cette rue des Deux-Boules, rattachons le souvenir, par contre, d'une exploitation différente, en ce que les victimes n'y appartenaient plus au sexe réputé le plus faible. Le théâtre en était précisément la maison contiguë à celle dont nous venons de parler, et l'époque, la guerre de Sept ans. Un perruquier du roi, nommé Aubin, mais qui per-
sous NAPOLÉON K. , , ?
dit, avec sa plaCe^ tout cequ'M. avait d'écoaomie&, ,fgt mi9 à la porte par sa femme, qal,ayajit mieux gardé J^ ^^^^^ ; sa fille lui restai moins encore, apprenaut:à comptât autrement qœ lui avec l'amour. JA^V Aubin, en. sortait d'iiif couvent, se; forma aux contrastes chez la ma^tre^e du comte de Bentbem,qui n'était autre cpjie La Varenn^e^propagandiste à sa manière; une de ses leçons au cë^chet lui mér ritaun.dipl^oae signé par le coippiandeur de GjgLynes, en un bon sur son tapissier, valable rue Graqgç-Batçlière, dans un logement que meubla ce fournisseur. Au bout de six mois, le comte de Montmorin, gouyerneur de, Fontainebleau, curieux de faire pièce à son ami^ le commandeur, emmenait dans son gouvernement la fille de, Pancienperruqi^ier royal. Puis elle vint se loger au boulevarji Poissonnière , en renouant avec -La Varenne, et ainsi fut achevée la ruine de M. de Kulan, chevalier de Malte, œuvre déjà fort avancée par la fille Deville, diteto Sawoyarde.M"* Aubin n'en eut qi^e plus de motifs pour porter, au compte de M. de Jonville, conseiller au parlement, plus d'un enfant qui vit le jour, aprè^ «ne fille au comte de Montmorin.Un étranger de l'hôtel d'Entragues , rue de Tournon, la prit après cela à ses gages ; ses pérégrinations de toute espèce l'amenèrent ensuite rue de Cléry, près la porte Saint-Denis, avant de rabattre sur la rue des Deux-Boules, où l'écheveau de ses amours eut double issue pour dévidoir. C'était une grande et jolie femme, avec de beaux yeux voluptueux ; elle mon-
10 LES AjSâttNNES'MAtSONS DE PARIS
traît de rédùcation, im ei^tit, des matiërès au-dêôsus de son état, ainsi que tant d'^élèVes de Saint Bèriîs, qui Vitent comme elle à notre époque. Uaménitê de son caractère ne l'empêcha pas'de faire saisir, par le- ministère d'im huissier, les meubles de M. de Jonrîlle, pour la sûreté des arrérages d'une rente tJe 600 livres, antérieurement constituée par ce magistrat , qu'avait perdu dé vue un de» déménagements de la locataire inconstante, dbnt lès baux: se cassaient toujours.
' La petite voie qui nous occupe a gardé la. longueur et la rectitude d'un jeu de boules; elle était pliis étroite, et encore moins passante avant le prolongement en parallèle de la rue de Rivoli. Nous croyons que son nom lui vient d^ parties en plein air qu'y engageaient les clercs de procureurs, tort amateurs comme leur^patrons^ de ce genre de divertîi^sements, et les procureurs étaient alors aussi nom breux dans la rue que leà marchands de toiles et d'autres tissus dont elle est aujburdTiui remplie exclusivement. On 4'avait appelée au xni' siècle rue Guillaume-Porée etrue Malconseil. ^
sous NAPOLÉON ni. 11
RUE DES t)EUX-ÉCUS.
€t qa'^ttii iÊppéîkH remniê du môniie au XTIII* siècle. — €omiiieiii la «He «aiîn «a Mlé mmmm Ma nusMMMk -^ CA Mece«Mdoit Rënillé. J^ ^^cntant do la Terreur. — lettre de Catherine de Médicia. — lie marchand de fremasc** — ii'hôtêt do Hennés. — IiO 33.
Après avoir dressé en raccourci le bUan des amours dé IVftIe Aubin j lîe uduÉfétoiiiK)ns pasdetroûyer rue dès Deux- EcuSj où demeiiî'a sa contemporaine, Françoise Brard, dite Satin, de quoi faire pendant au tableau. On s'étaîï habitué k voii* ïe <î!Ôté tiant de^ fredaines de cette courtisane; dont Te noth d^étoprunt chatoyait t luxe et gaieté de ces pamgeg^, qu^elIe habita presque toujours ! Puis le qual-^ tier Breda de ce temps-là descendît, lorsque fut construite la Halle au blé, à un autre degré de l'échelle de la galanterie. La rue où noud voici eô' a gardé une notoriété, qui lui fait re^etter l'élégance, leiS nuances, tes demi-mots du iricey avant qu^i4 eût baissé son prix. Exagérer les Vices ée Tautre siècle, c'est obliger nos iiet>ecrx à ^re de même, alors qu'ils te&teront d'excuser les leurs au dëtriiâent des nôtres ; mais ne tenir aucua compte des impuretés, dans le passé, serait l'ébigner beaucoup tropduprésetit, et ne voir, que le toit des maisons, au lieu de. faire comme te Diable boaeiïx^quir«teyaà commet» coafe»de.^^^^^^^^^^^^^^^[e
i2 LES ANCIENNES MAISONS DE PARIS
De cette demoiselle Satin^ qui n'a pas écrit ses mémoires^ mais dont Louis XY eut des nouvelles, bien que les indiscrétions de son alcôve fussent muettes sur. les secrets d'Ëtat, quelle est en peu de mots l'histoire? Elle natt en 1 735 ; l'abbé Meusnier,. chanoine de la cathédrale du Mans, la débauche à l'âge de quinze ans. Adressée à* Paris, deux ans après, au sous-fermier Coupart, elle entre chez lui, rtie- Gaillon, en qualité de femme de chambre; mais elle en est chassée par Mme Coupart, qui lui reconnaît un autre titre,, rimant fwt avec le surnom que Françoise n'a pas encore songé à prendre, bien que le sous-fermier en ait trouvé le^ mot très-flatteur pour l'étoffe de soie. La nommée Perrault, femme du monde, ce xjui veut dire qu'elle reçoit beaucoup^ du monde, l'initie à l'art de retenir, de prolonger, de renouveler les réceptions; Au bout de trois semaines, on arrête l'une et l'autre, par égard pour presque tout l'état-major des Suisses', et la fille Brard passe dix-sept mois à Thôpital. Chez une des femmes du monde qui la recueillent ensuite, rue de Grenelle-Saint-Honoré, elle connaît uncommîsî aux fermes, portant vraiment le nom de Satin et croquant avec elle ses appointements, sans la gêner. Les consignataires du prêt sur gage n'en reçoivent pas moins ses visites,, et le crédit l'y déshabille pour plus longtemps qu'à l'ordi-^ naire, jusqu'à Tintervention de Bertrand, reôeveur des domaines à Sens, qui a épousé sa cousine et qui resserre ce lien de parenté, tout en dégagçfint ses eflets ét.en 1^ re^'
sous NAPOLÉON ffl. 13
mettant sur pied. Elle s'installe avec le nom de l'un, avec le mobilier de l'autre, q"" 1 , nie des Vieux-Augustins, avant de s'établir plus grandement rue des Deux-Ëcus, au coin de la rue du Four, grâce à une rencontre avantageuse en carnaval.
La maison de la Satin porte actuellement le n"" 1 3 ; elle a fait l'objet d'un litige qui a cessé de pendre en 166^ entre les héritiers de la famille Ghananon, ainsi qu'une grande propriété qui y touchait ; et qui est le nM 5. Le nom dé Louis- François Rouillé, seigneur de Plaisance, figure dans l'étatcivil de cette dernière propriété en 4 754 : son vendeur, qui a dû remplir bien des formalités légales, est le curateur à la succession vacante de Henry Gabriel Boutet de Mont- Ihéry, conseiller au Chàtelet, payeur de rentes de l'Hôtelde- Ville. Ce messire Rouillé lègue en 1 775 une portion de ses biens aux cinq ou six enfants de son fieveu, Pelle de Montaleau, sieur du Plessis-Saint- Antoine , maître des comptes, et une autre portion à Louis Rolland, seigneur du comté de Malleloy. Mais un autre Rouillé, intendant des turcies et levées, tuteur honoraire des mineurs Pelle, a hérité des biens iiobles du défunt, son frère. Parmi ces fiefa est le château de Plaisance, sur la paroisse de Nogent-sur- Marne, donné par Charles Va Jeanne de Bourbon, sa femme; puis passé à divers grands personnages, à Philibert Delorme , à Renée de Bourbon, abbesse de Cbêlles y enfin au finaucier Deschiens; puis ayant fait tsioviv aii
H LES ANCUCNNËë MAISONS DE PARIS
roi^ ^yw lequel- Bouilté d'Orgeaaont en a traité. La maison iç la rue 4^ ]>9ux-Éeus échoit, dans 1^ partages de ladite fiiOQçe^gioa, àj&^llaQd 4o MaJJeloy.
, AprèsjjUQi M« GÂmrdio, avocat aux con^câto ilu roi^.^D dispose et roccupe au moment de la Révolution, Ce propriétaire des qrainrtes ; il reutreuD soir^ se croyant poursuivi par une baude aiméede piques, et redoutant qu'of^.s'qmipare de lui^ ppnda^t I^ quit^ il dépasse le premier étage où se trouve son appaxtemeut, et il va frapper, sou;s les combles, à la porte. d£i,m «uififinière, qu'il tire d'un sommeil assez dur. li'apptéJïen^Qn,que,le7i|a}tre a conçue disparaît^ maiselle y PQt le.tQiiap^ ea laissant derrière elle une autre conception. Puis Tenfant deJa Jereeur grandit, élevé sous le nom de sa mère,: par Iqs .soins deM.Girardin,quilui l^ae en mo.i^raAt sa bibUoihèqMô. L^ipimeuble appartient aujourd'hui h un ar* qhit^ote estimé^ M. Deschamps ; on y peûat^ au Soad, de ia cour, force vitrau;x: pour les églises,
N"* 17. — P(Mi;e;Giptrée, mansardes aatérieurea à ia Fronde, jN'^-çe pas, le cas de rappeler que ia rue des DeuxrÉcuSy<que Guillot avait désignée, vers 1300 ,. rue des Écus^ Snt slusbi appelée Xraversine au xv^ siècle , et de ia Hacher, entre i*r*e dies Étuve» et celle d*(klôaiis ? En 1 577, fut ouverjte Ja, seotiw de eeitte rue qui aboutit à CQlle.de (irenelle. ... . , .
^ 'r«i M. le Prévost, écrivit alors Catherine de Médicii»^ pojur <i'(^e qu^b^îe lâ^ire fm^ ferper la rue qui ^st près n^a petite
sous NAPOLEOI^ iii, ih
ii maison, et au mesme instant faite outrîf ceîfe que fay (c ordonné le^re fâlcte où e^toit la porte de f 66tél des Pë- « nltantes, qtri passera entre la rue de Cretnelleiï : ftx d'otinë (t chargea Marcèï/môn recev^ur-généraf, tt)U« affer trod- « ver et vous bailler la présente que je vouis feict h teïte a fin eh vous priant de ma part, comnié Je fàiV par îbéllej (c debaiTler încontîtient la permission nécessaire pour ffer^ k mer la dicte' ràe et ouvrir Paustre, et pour'qûîe vous en- (c tendie:^ par Iwy bien au long de monïnteiifion, jVnfe vous « ferez la présente plus longue que pofur îpnef TWeù, inon- « sieur le Prërost, vous tenir m sa sàihcte ^t t%nf^ gardé r a ce feît à Poitiers le 6** jourtîe septembre 1 ^. ■
De rhôtel de Catherine -de Médîcîs , nbûs avons* dît^ ce que nous savions en parlant de rue CbqttPflfëfe, !Î suflSI a*â]outer que pendant un temps ce fut \k iutctirsale dé rhôtel deNeviers, Ci-devâtitMazarin, pour* le commerce des billets de Law,' lorsque le prince de Carignan eia étàiit maître. Vers la fin du règne de Louis XV, furent édifiés à sa placé, en ce qui regarde là rue dès Dèux-Écùs , -les^ immeubles frappés dès chiffres 12. 1 4, 46; 18, M, %% 86, 28; 30, 32, 34, 86, 38, arc du pourtour de la Halle. Orfe 2i Wi exception, danis cette exécution tïu plan de^ Lé Camus ^, Mézières, et comme îl avance sar la rue, en y rappelant ràlignemënt d'an côté du quadrîlaïètè fe constructions qui faisait partie dtr palais , et â im de* âij^lfgJ'b/'lSI^^v^
î$ LES ANCIENNES MAISONS DE PARIS
dressait la colonne, observatoire de la reiaenodère^ maintenapt adossée À la rotonde de la Halle, nous pouvons en conclure que c'est un reste de F hôtel de Soiasons. Lé 36 sort lui-même de la règle commune par son balcon et ses sculptures^ p^r i^ae forte odeur de fromage qui forme un auage d'exhalaisons putrides ; ce n'en est pas moins la nxaison-jpnn^eps de la galerie de propriétés remplaçant le mur du jardin du palais. L'enseigne de la Provid^nce qui surmonte la seule porte cochère de ce segment de cercle d'habitations, laquelle a été confisquée par le commerce do brie et du maroUes, cette image, disons-nous, est d'origine caséeuse; eHe «remonte au commencement de (a fortune commerciale des propriétaires de l'immeuble.
Le SI3 estVMtel de Bennes depuis plus d'un demi-siècle, Stuccédant au roulage Bourget : un bureau de diligences pour beaucoup de pays y était en vigueur avant l'omnipotence des chemins de fer, qui n'y a épargné qu'un petit nombre de services pour les environs de Paris. Unis, puis séparés, puis réunis, ont été les 27, 29 et 31 .
Le 33 , pour finir, Qst d'une apparence excellente ; son escalier à ferrure ouvragée a pour pendant une autre suite de degrés , bordés de la même manière , qui fait partie de V hôtel des Empereurs ^ rue de Grenelle : la moitié de cette propriété ultra-riveraine appartient encore à M. Goiset^ ar cien avoué, seigneur et maître de ce 33. Rien d'impossilie à ce qu'y ait été la chancellerie de HenrilV^eommela tra-
sous NAPOLÇON lll. n
ditionie rapporte; Mail» il n'en est pas soufflé mot dans un jugement d'adjudication, en date du ^7 mai 18^5, qui rer late une sentence du Châtelet du 8 jwvier 1 783 , en signa-^ lant MM. Boscheron etdeThieuUoy comme héritiers des drpits 4b Pierre-Jfoseph Bauvin mv cet immeuble. .