RUE VILLEHARDOUIN, ETC
fille; seulement celte petite-fille du chancelier Boucherai, veuve d'un président h mortier, ne vivait nullement là, car elle était entrée à l'abbaye royale du Val-de-Gràce, et elle transporta ses droits, dès 1734, à sa sœur, veuve de Louis-René de Vielbourg, marquis de Miennes, lieutenant pour le roi. en ses provinces de Nivernois et Donzois. Cinq ans après mourait le père de ces dames, qui se trouvait le dernier mâle de sa race, puisque son unique fils, à l'âge de 17 ans, l'avait précédé dans la tombe. Les héritières de l'ancien intendant de Paris, dont la succession comportait aussi d'autres biens, avaient pourtant eu â compter avec des créanciers, qu'il avait également laissés. Les abbé et religieux de Saint-Denis percevaient les droits de cens et de lods et ventes sur ce côté de la voie.
La porte du 8 forme arcade, et les quasi-douze de la rue à l'origine étaient sur ce modèle : une rampe de fer tournoie ascensionncUemenl à l'intérieur. Ce fut une des deux propriétés cédées en 16o7 parle sieur Dublet à messire Guénégaud, trésorier de l'épargne, propriétaire à cette date rue Saint-Louis de l'hôtel Boucherai, plus tard d'Ecquevilly, où se trouve le couvent de Sainl-Élisabeth depuis le règne de Char^s X. Plusieurs maisons de notre petite rue, ne fût-ce que par le fait de l'acquisition-Guénégaud, ont dépendu de l'hôtel dont le jardin les touche encore par-derrière.
Remarquons que l'une des voisines dudit Dublet portait un nom auquel devait répondre, au même temps, la future marquise de Mainienon. La femme de l'auteur du Roman Comique était M"'^ Scarron, comme celle de l'auteur de Tartufe était M'i'^ Molière. Je sais bien que la paralysie à micorps du spirituel éi)icurien le cloua longtemps sur sa chaise dans la j-ue de la Tixéranderie et qu'il fut enterié à Sainl-Gervais: mais le défunt avait
pu demeurer rue des Douze-Portes et être de cette paroisse. Je n'ignore même pas que la jeune épouse du cul-de-jatte dut avoir plus d'une homonyme : Scarron avait été ruiné par des procès que gagnait sa belle-mère, qui devait s'appeler comme sa femme, et nous lui connaissons, d'autre part, pour contemporain, habitant de la même ville, un J. B. Scarron, sieur de Saincton, qui pouvait n'être pas de la famille et n'en avoir que plus de parents. En tout cas, quand notre Scarron cessa de rire et de vivre, sa veuve eut intérêt à ne pas s'éloigner, ou à se rapprocher de ses meilleurs amis, qui faisaient groupe près de la place Royale. Or la rue des Douze-Portes avoisinait la maison de Ninon de Lenclos, où Villarceaux fit la cour à la plus sage des amies de cette femme d'esprit et de cœur ouverts, et n'était pas plus loin des Hospitalières de la place Royale, où le poète Segrais nous raconte qu'il allait voir la veuve toutes les six semaines.
Brillon-Duperron, secrétaire du roi, conservateur des hypothèques, possédait le n" 4, dont le 2 n'est encore que le jardin: son père s'en était rendu adjudicataire sur des poursuites exercées par l'union des créanciers du dernier Harlay. En 1781, un autre Brillon-Duperron^ receveur des dîmes du diocèse de Paris, vendait h Laurent Gervais, conseiller du roi, contrôleur des rentes de l'Hôtel-de- Ville, grand-père de M. Frémin, propriétaire actuel. M""* Frémin la mère, née Gervais, est décédée il y a peu d'années, après avoir vécu plus d'un demisiècle dans le même appartement de sa maison. De celle-ci on avait fait bail précédemment à M'"*' Juvénal d'Àrvel des Ursins de Trainel, femme de Regnault, comte de Barres, baron de Law, gouverneur d'Étampes, puis à M"'« Chanut, veuve de Boissy.
Le moyen d'en vouloir au 9, de ce qu'il garde