‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon IIIChapitre 55 sur 65 · RUE DE LA VILLE-L'EVEQUE, ETC · texte numérisé non relu

RUE DE LA VILLE-L'EVEQUE, ETC

de 5 à 6,000. L'arcade de la rue de l'Arcade, qui s'appelait rue de Pologne au-delà, reliait les deux jardins des dames de la Ville-l'Évêque.

Bien que l'église actuelle de la Madeleine fût déjà commencée quand le diocèse de Paris avait M. de Beaumont pour chef, il n'est pas question d'elle dans le recensement que nous reproduisons ci-dessus : ses colonnes se trouvaient encore sans chapiteaux quand la Révolution vint y interrompre des travaux qui n'avaient suivi jusque-là qu'une marche déjà très-lente. Une autre église, sous le même vocable, avait été fondée comme chapelle par Charles VIII ; celle-là était une annexe, pour le faubourg Saint-Honoré, de l'église Saint-Germainl'Auxerrois.

Le marquis de Marbeuf, neveu du gouverneur de l'île de Corse, avait pour femme la sœur de la marquise de Lévis. Son hôtel devait être le 30. N'y avait-il pas eu pour prédécesseur, sous la Régence, Renault, receveur-général des domaines des princes de Conti ? Ce Renault, n'en doutez pas, occupait deux hôtels, que séparaient de la rue d'Anjou la maisonnette d'un maçon et un hôtel occupé par l'abbé de Roquépine, locataire de Bellèle. Le même abbé tenait de Saillot, sur l'autre rangée et un peu plus haut, un autre hôtel en location. Deux jardiniers, avec leurs deux marais, venaient après le propriétaire Bellèle, puis le comte de Marcellus, payant loyer à Mongin, puis un tonnelier, puis Roland, secrétaire du roi.

Mais la maison doyenne de la rue de la Villel'Evéque, qui n'allait pas avant 1807 au-delà de celle de Penthièvre, alors Verte, est vraisemblale 9, qui ouvre sur la rue d'Anjou. Le plan de 1714 la souligne de cette légende : M. de Lorraine. Gela ne signifiait-il pas : maison de l'abbé de Lorraine, évêque de Bayeux? Le droit d'aînesse

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ne pourrait guère lui être disputé que par l'ancien hôtel de Boufflers, qui remonte à 1706 et dont la porte se trouve de nos jours au n" 28 de la rue d'Aguesseau. Le baron d'Espagnac, fils du gouverneur des Invalides, a vécu dans l'autre sous Louis XVI, et le comte de Langeron avait alors le n" 5 de notre rue. Le 3 nous représente, également à titre rétrospectif, un hôtel Colbei't-Chabanais, quoique celui de Rouault fût probablement le même en 1787. Le 35 avait été occupé soixante années plus tôt par Pajot de Froncé. Quant h la maison bâtie par Boullée pour M. Alexandre, avec un péristyle ii quatre colonnes, elle appartenait au marquis de Colonge et répondait au n° 55 en 1783 : indications données par une planche de la Topographie de Paris à la Bibliothèque impériale.

Le marquis de Forbin des Issarts, que ses opinions royalistes mettaient en évidence lors de la rentrée des Bourbons, portait sur sa carte de visite cette adresse : rue de la Ville-l'Evêque, n" 28. Dans le quartier aristocratique du Faubourg- Saint-Honoré les partisans de la royauté légitime étaient en plus grand nombre que ceux de l'Empire. Mais le parti républicain y a toujours compté lui-même quelques représentants. Amar, l'un des plus sanguinaires conventionnels, n'a-t-il pas passé des années au 54 de la rue qui nous rend ses comptes?

Au 26 a résidé le maréchal Suchet ; h sa porte s'arrêtaient souvent les passants, pour entendre chanter les vêpres en fausset par des perroquets qu'il avait fait dresser h cet exercice. Le banquier Bartholdi a acheté de Suchet. Deux escaliers Ji balustres de pierre se remarquent, quant h présent, dans cet hôtel, passé en d'autres mains ; ils pourraient faire prendre un jour l'hôtel Suchet pour

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