‹ Les anciennes maisons de Paris sous Napoléon III (volume 2)Chapitre 62 sur 99 · RUE POISSONNIERE · texte numérisé non relu

RUE POISSONNIERE

tard par Gauthier de Montdorge, trésorier de la chambie aux Deniers et auteur des Fêtes dCHébé, opéra-ballet dont la musique était de Rameau. Il épousa, vieux, une jeune fille, qui resta femme honnête, quoique bâtarde adultérine de M. d'Élioles et de M'"'' de Belvaux, qui lui avaient acheté un père et une mère d'occasion en la faisant reconnaître pour la fille d'un gentilhomme et d'une demoiselle mariés à prix d'argent. Plus tard encore, en 1787, un appartement du même hôtel était occupé par Grétry et sa famille. L'illustre compositeur avait déjà, dans sa fille Lucie, un élève sans pareil : elle avait composé, à l'âge de 13 ans, la partition du Mariage cCAntonia. Aux dépens du jardin dudit hôtel s'étaient édifiées, du vivant de Milieu, plusieurs maisons.

Voisenon, l'abbé galant que ses boiis mots, plutôt que ses œuvres, allaient mettre de l'Académie, demeurait en 1765 à l'extrémité de la rue. L'architecte Pruneau de Montlouis était chez lui, à quelques années de là, en vue de la rue Beauregard.

Le 33, construction plus moderne, n'a pas même su conserver le titre que lui donnait à la notoriété le nom de Giudicelli, sur la porte du successeur de ce fameux choi olatier. Il est vrai cpie Giudicelli, qui était arrivé à Paris en sabots avant la grande révolution, ne se souciait plus, devenu quatre fois millionnaire, d'afficher le point de départ de la fortune de sa fille, mariée au fils d'un comte de l'Empire. Le véritable chocolat n'a-t-il pas fait son temps en France, et surtout à Paris, depuis que les droguistes en vendent à profusion sans sucre, sans cacao, mais non pas sans annonces à la 4""? page des journaux ? Giudicelli en fabriquait de meilleur, en moins grande quantité ; heureusement on dirait qu'il a laissé sa recette à Prévost, le chocolatier

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